16.04.2008
Vivement les jeux Olympiques en Turquie pour "un monde meilleur"
Osman Baydemir et 52 maires kurdes condamnés à deux mois et demi de prison.
Nous ne pouvons que nous réjouir de la résolution du Parlement européen "condamnant fermement la répression brutale exercée sur le Tibet par les forces de police et l’armée chinoise" et, comme Roselyne Lefrançois, députée européenne, nous pensons que les Jeux Olympiques de Pékin sont une opportunité à saisir pour "inciter les autorités chinoises à progresser sur la voie de la démocratie". La majorité des tibétains, en effet, ne demandent pas l’indépendance mais "davantage d’autonomie et le respect de leur identité culturelle et linguistique".
Faudra-t-il attendre les J.O. d’Ankara ou d’Istanbul pour que les chefs d’Etat et de gouvernement européens adoptent une attitude commune et concertée reconnaissant que les revendications kurdes sont identiques à celles, tibétaines, qu’ils estiment légitimes ?
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, en visite à Ankara, du 10 au 12 avril, qui, tout en exhortant ses interlocuteurs à progresser dans la voie des réformes, "souligne que la Turquie avait fait d’importants progrès jusqu’à présent", sait-il que le fameux article 301 du code pénal turc est liberticide ? depuis son entrée en vigueur le 1er juin 2005, il a permis aux autorités de maintenir une pression énorme sur les médias et de nombreuses personnes, en particulier des journalistes et des écrivains, qui sont poursuivies en justice en vertu de cet article dont la réforme annoncée à grand bruit n’accouchera que d’une réformette "cosmétique" : " Les fortes peines de prison pour les délits d’opinion sont maintenues et plus d’une vingtaine d’articles de loi continuent de restreindre la liberté de la presse en Turquie" a déclaré Reporters sans frontières (europe2@rsf.org, 9 avril 2008), la "Plateforme de solidarité avec les journalistes emprisonnés" (TGDP) ajoutant que, après l’incarcération de deux correspondants de l’agence DIHA, les 30 mars et 1° avril derniers, ce sont 23 journalistes qui sont détenus dans différentes prisons turques de type F à Tekirdag, Edirne, Gebze, Sincan, Kandira, Diyarbakir, Mersin, Manisa, Urfa, Bolu, Amasya, Batman. Au même moment, le jeudi 10 avril , la kurde Leyla Zana, prix Sakharov des droits de l’Homme 1995, était condamnée à deux ans de prison, en vertu d’un article du code pénal sanctionnant "la propagande en faveur d’une organisation terroriste", pour avoir déclaré, lors de son discours au festival culturel de Diyarbakir, en mars 2007, à propos d’ Abdullah Öcalan qu’il a, à côté de Jalal Talabani et Massoud Barzani, "une place dans les coeurs et les esprits des Kurdes". Cette ex-députée du parti pro kurde D.E.P. (empêchée de se présenter aux dernières élections législatives) a déjà purgé dix ans de prison (1994-2004) avec trois autres anciens parlementaires kurdes. Francis Wurtz, Président du groupe "Gauche unitaire européenne - Gauche verte nordique" (GUE - NGL), demande au Président du Parlement européen, d’intervenir immédiatement auprès des autorités turques afin que soit annulée "cette condamnation indigne"
En dépit des déclarations apaisantes de M. Barroso, 53 maires kurdes, dont Osman Baydemir, maire de Diyarbakir étaient condamnés, ce 15 avril, à deux mois et demi de prison, (peine commuée en amendes), coupables de "soutien délibéré au parti -interdit- des travailleurs du Kurdistan (PKK)" pour avoir défendu auprès Premier ministre danois, au nom de la liberté de la presse, ROJ TV, la chaîne de télévision kurde en exil, menacée de fermeture à la suites de pressions orchestrées par la Turquie et les Etats-Unis.
A quand les J.O. en Turquie ? Les athlètes français auront-ils le droit de porter un badge subversif destiné à montrer leur attachement aux droits de l’homme ?
Je propose " Pour un monde meilleur, Paix au Kurdistan".
André Métayer
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05.04.2008
CEJ : le PKK ne doit pas être placé sur la liste des organisations terroristes
03/04/2008 11:06
Le Tribunal de première instance de la Cour européenne de Justice (CEJ) a condamné jeudi l’inscription du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de son bras civil, le CONGRA-GEL, sur la liste européenne des organisations terroristes,
indique l’agence TAS dans une dépêche du 03/04/08.
Le Tribunal annule la décision du Conseil (des ministres de l’UE) comprenant les entités citées ci-dessus (le PKK et le CONGRA-GEL. NDLR). Les juges ont suivi leur jurisprudence établie dans les dossiers de terrorisme avec un arrêt relatif aux Moudjahidines du peuple d’Iran,
est-il précisé. (TAS).
6 minutes plus tard, l’AFP tente de minimiser la portée de ce jugement
LUXEMBOURG, 3 avr 2008 (AFP) - 11h12 - Les juges européens ont annulé jeudi une décision de l’UE de 2002 d’inscrire le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur sa liste d’organisations terroristes, mais cet arrêt n’empêche pas l’organisation kurde de rester sur cette liste. La décision annulée par le tribunal de première instance de la Cour européenne de justice remonte à 2002, lorsque la liste terroriste de l’UE a été mise au point pour la première fois dans la foulée des attentats de 2001. La liste a été plusieurs fois actualisée depuis en vertu de nouvelles décisions européennes, ce qui explique que l’arrêt de ce jeudi soit sans effet immédiat, a expliqué un porte-parole européen. Les juges de Luxembourg ont estimé que l’UE n’avait pas assez justifié sa décision en 2002, suivant ainsi le raisonnement qu’ils avaient tenu en décembre 2006 pour annuler le gel des fonds d’un autre mouvement, l’organisation d’opposition iranienne des Moudjahidines du Peuple. Le fait que le Conseil de l’UE ait, après la décision sur les Moudjahidines, fourni les motifs de l’inscription du PKK sur la liste terroriste en tenant compte des observations de la Cour, ne suffit pas, a expliqué en substance la Cour dans son arrêt. Il aurait fallu selon elle le dire dès le départ. Le PKK continue à figurer sur la liste terroriste que l’UE a remise à jour en décembre dernier, avec 47 autres organisations dont les Moudjahidines ou le mouvement islamiste palestinien Hamas.
Il n’en reste pas moins que cette décision de justice va dans le bon sens et nous conforte dans nos positions qui font la distinction entre lutte armée et terrorisme.
Cette décision va dans le bon sens car elle peut ouvrir la porte aux négociations pour la paix et à une réforme constitutionnelle en profondeur qui garantirait, pour tous les citoyens de Turquie, quels que soient leurs origines ethniques, leurs croyances ou leur sexe, l’égalité des droits et la liberté d’expression.
Paix au Kurdistan.
André Métayer Président des Amitiés kurdes de Bretagne
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La Turquie va dans le mur
Après l’offensive de l’armée turque en Irak, dont l’échec apparaît de plus en plus patent, un cran a été franchi, en termes de violences, à l’occasion des fêtes du Newroz faisant des morts, des blessés et de nombreuses arrestations. Reporters sans frontières (RSF) (en date du 02/04/08) a, pour sa part, signalé les violences policières dont ont été victimes six journalistes qui couvraient, à Hakkari, les fêtes autorisées du Newroz.
RSF a dénoncé également les menaces qui planent sur le web : depuis le 21 mars 2008, le site Internet http://istanbul.indymedia.org est inaccessible en Turquie et, pour la troisième fois en un an, YouTube est resté, sur décision du tribunal de police d’Ankara, inaccessible du 13 au 27 mars. Faut-il voir, là, un lien avec une vidéo particulièrement atroce montrant un policier en civil brisant le bras, en pleine rue de Hakkari, d’un gamin de 15 ans, Cuneyit Ertus ? L’Association turque des Droits de l’Homme (IHD) a porté plainte. D’autres enfants auraient également été arrêtés et auraient été victimes de mauvais traitements. Cette vidéo, difficilement supportable, n’est plus visible sur YouTube mais on la retrouve… sur le site du journal Gundem1. Les censeurs devraient savoir qu’il est maintenant difficile de juguler l’information.
Les communiqués militaires se multiplient : la TSK (l’armée turque) prétend avoir "abattus"2 16 rebelles depuis fin mars, dans la province de Sirnak, information démentie par les HPG. (forces combattantes kurdes). Trois (ou quatre ?) militaires turcs, dont un officier, ont été tués au combat. La TSK a lancé ses opérations printanières contre la guérilla kurde3 qui "menace de riposter si la violence de l’Etat turc se poursuit".
Les paysans de la région de Kandil (Kurdistan irakien) sont victimes de dommages "collatéraux" causés par les bombardements de l’aviation turque : les pâturages sont truffés d’engins explosifs, autant de dangers mortels potentiels, et une "épidémie" qui décime les troupeaux de chèvres fait peser sur l’armée turque un grave soupçon d’emploi d’armes chimiques4.
Mais tout ce tohu bohu est occulté par l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui a jugé recevable une requête déposée par le procureur de la Cour de cassation visant à interdire de la scène politique, pour des activités "anti-laïques", 71 personnalités dont le chef de l’Etat, Abdullah Gül, et le parti majoritaire turc qui a gagné les élections législatives, l’AKP, un parti issu de la mouvance islamiste mais qui se définit aujourd’hui comme "démocrate conservateur".
La décision de la Cour constitutionnelle "porte un grand coup aux relations entre l’UE et la Turquie", a estimé Amanda Akçakoca, analyste à l’European Policy Centre à Bruxelles, qui note également que les négociations d’adhésion turque à l’U.E. sont déjà quasiment au point mort :
Seuls, six des 35 chapitres thématiques qui jalonnent les négociations ont en effet été ouverts en plus de deux ans, huit autres sont gelés depuis décembre 2006 en raison de la question chypriote.
Ce n’est pas encore au niveau d’un coup d’Etat militaire, mais on n’en est pas loin
a jugé de son côté lundi Kirsty Hughes, spécialiste de la Turquie chargée de recherche au Centre for European Policy Studies et coordonnatrice du European Policy Institutes Network (EPIN).
Les manœuvres de "l’Etat profond" compromettent assurément l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne.
André Métayer
1 http://www.ozgurgundem.org/ (le visionnement est vraiment à déconseiller sauf en cas de nécessité, pour vérifier la véracité de l’information).
2 Oui, c’est le terme employé, sans guillemets, par l’AFP !
3 Curieusement, les effectifs se seraient multipliés par deux : de 3 à 5000, selon les sources, on passe maintenant de 8 à 10.000 !
4 Les paysans de la région de Kandil réclament une commission d’enquête indépendante.
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06.03.2008
L’opération turque en Irak a-t-elle été un succès ?
Depuis des mois, la Turquie avait massé 100 000 hommes aux frontières du Kurdistan irakien. Depuis des mois, l’aviation turque soumet cette région montagneuse à des bombardements intensifs et journaliers au motif qu’elle abrite quelques 4.000 "terroristes". Après des mois de préparation, 10 000 fantassins appuyés par des véhicules blindés ont, une nouvelle fois, franchi la frontière, au mépris des règles internationales, avec comme objectif de porter "l’estocade finale" contre la rébellion kurde.
Une semaine plus tard, l’armée turque bat brusquement en retraite. Non ! Une armée ne bat jamais en retraite ! Elle opère un repli stratégique en affirmant avoir rempli ses objectifs. Mais quels étaient donc ces objectifs pour qu’ils nécessitent un tel déploiement de moyens et une aide américaine, qualifiée de déterminante, en matière de renseignements donnés "en temps réel" ? L’élimination de 240 rebelles ? Même ce chiffre, faible au regard des ambitions affichées, est contestable et contesté1. Depuis, la polémique fait rage en Turquie : le chef du parti nationaliste MHP reproche aux militaires d’avoir contribué à renforcer l’image des rebelles en publiant des communiqués les dépeignant comme une force régulière et le général Büyükanit, le chef d’Etat major, est prêt à jeter sa tenue militaire aux orties s’il est dit que son armée a été contrainte de se retirer sur ordre du président Bush. Et la presse turque n’est pas en reste, "que s’est-il passé à la dernière minute ?", se demande le quotidien populaire Aksam et le journal à grand tirage Hürriyet lui répond : "Bush nous a dit de partir", tandis qu un autre quotidien populaire, Vatan, va jusqu’à qualifier de "dégradant" le repli des troupes turques. L’opération militaire poursuivait-elle d’autres objectifs, comme la main mise sur la cité pétrolifère de Kirkouk, que Washington n’aurait pas approuvés par crainte d’une déstabilisation régionale ? On peut le penser.
De leur côté, les combattants kurdes se félicitent d’avoir résisté victorieusement et mis en échec le plan d’invasion ’turco-américain". Ils estiment avoir fait un pas vers la reconnaissance internationale comme force armée. Restent pour eux à s’imposer comme interlocuteurs dans des négociations de paix qu’ils appellent de leurs voeux.
D’une façon générale, la solidarité kurde sort renforcée et on signale de nombreuses manifestations kurdes en Turquie (Istanbul, Diyarbakir, Van, Hakkari, Dogubayazit…), mais aussi en Europe (Allemagne, Pays-Bas) et en France (Paris, Rennes, Nantes…) pour exiger la paix et l’ouverture de négociation. Les organisations kurdes en Europe, soutenues par des parlementaires européens ont publié un manifeste "La guerre ! Ça suffit Nous voulons la paix" déjà signé par de nombreuses personnalités et organisations, européennes et américaines.
La conférence organisée conjointement, à Bruxelles, par trois principaux groupes politiques du parlement européen, socialistes, libéraux et verts, au sujet de la "Nouvelle civile constitution et la question kurde en Turquie", à laquelle seul le Parti pour une Société Démocratique (DTP) du Parlement de Turquie a accepté de participer, a reproché au gouvernement turc de maintenir une position non pacifique et insiste sur la nécessité d’entamer un dialogue constructif en vue de réaliser une réforme constitutionnelle "qui aurait un impact sur la solution de la question kurde en Turquie" et le commissaire européen à l’Elargissement, Olli Rehn, a appelé le gouvernement turc, qui, selon lui, a dépensé beaucoup "d’énergie politique" sur la question du voile, "à entreprendre des réformes rapides, principalement pour améliorer la liberté d’expression".
D’autres voix, en Turquie même, se font également entendre : "si le PKK peut encore attaquer à partir du territoire irakien, nous devrons alors nous interroger sur l’efficacité même de l’option du tout-militaire", analyse Cengiz Çandar, dans Referans, "Pour la majorité des Kurdes de Turquie le PKK reste encore une bonne référence" souligne Ümit Fırat, intellectuel kurde et partisan de longue date d’une solution politique. Une star de la chanson, prenant position contre la guerre, est poursuivie pour avoir brisé "le tabou du sacrifice pour la patrie". Une partie croissante des élites turques rappelle qu’il est impossible de briser la rébellion kurde sans trouver une solution garantissant plus de droits culturels mais aussi économiques et sociaux à cette population qui représente un cinquième de celle du pays
Une fois encore, la Turquie est à la croisée des chemins. Paix au Kurdistan
André Métayer
1 D'après le journal "le Monde", le total des tués - 27 soldats turcs et 240 rebelles selon Ankara, 130 soldats turcs et 5 combattants selon le PKK - se situe quelque part entre les chiffres fournis par chacun des belligérants. Un seul fait de guerre est avéré : La destruction d'un hélicoptère turc "Cobra" abattu en plein vol par un tir de la guérilla kurde.
23:40 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.02.2008
Communiqué du Centre culturel de Mésopotamie
Les Kurdes de Bretagne entendent manifester leur refus de l’intervention militaire de l’armée turque au Kurdistan irakien et de la répression de la population kurde de Turquie.
L’attaque terrestre de l’armée turque en Irak, précédée de violents bombardements aériens, a causé jusqu’à maintenant de trop nombreuses victimes.
Dans le même temps, les manifestations pacifiques de protestation dans les villes du Kurdistan de Turquie sont violemment réprimées, des manifestants ont ainsi été tués à Diyarbakir et Van.
Les Kurdes exilés en Europe s’inquiètent pour leurs familles et leurs amis restés là-bas.
Il y a urgence à arrêter cette spirale de violence et il est temps de reconnaître aux Kurdes de Turquie leurs droits politiques et culturels, seul moyen de mettre un terme à un conflit qui dure depuis des décennies.
C’est pour manifester dans la dignité que les Kurdes se rassembleront samedi prochain 1er mars 2008 :
• à Nantes à partir de 11 heures place du Commerce (devant la FNAC). Dissolution du rassemblement avant 13 heures.
• à Rennes à partir de 16 heures dalle du Colombier. Marche à partir de 17 heures : rue d’Isly, boulevard de la Liberté, avenue Janvier, pont Pasteur, quai Châteaubriand, quai Lamartine, rue de Rohan, rue de l’Horloge, place et rue du Champ-Jacquet, rue Lebastard, rue d’Estrées, place de la Mairie.
22:44 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.02.2008
Centre de Rétention Administrative de Rennes
Le Centre de Rétention Administrative de Rennes... téléchargez parolessansretenue_no1.pdf
08:20 Publié dans AKB Reconduites à la frontière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.02.2008
ASSEMBLEE GENERALE DES AMITIES KURDES DE BRETAGNE
7, quai Chateaubriand (2°étage) salle Méditerranée
22:51 Publié dans AKB Activités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
NEWROZ AVEC LES KURDES DE TURQUIE
Un voyage exceptionnel : Diyarbakir – Batman – Hasankeyf - Mardin – Kiziltepe – Viranşehir...
Participation à un Newroz géant à Diyarbakir
Des contacts privilégiés avec des personnalités kurdes
Des visites touristiques, archéologiques… mais aussi de réalisations sanitaires, sociales et culturelles.
Renseignements, inscriptions (avant le 18 févier)
Amitiés kurdes de Bretagne, 30, square de Lettonie, 35200 RENNES tel/fax 02.99.32.08.01, akbdrk@orange.fr
22:50 Publié dans AKB Délégation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.01.2008
Mme Ayla AKAT ATA, députée kurde, a fait un "tabac" à Rennes
à Rennes Ayla AKAT ATA, militante kurde, avocate de Diyarbakir, députée D.T.P. de Batman, membre de la Commission des Droits du Parlement de Turquie, au cours de la conférence qu'elle a donnée le 25 janvier devant un public nombreux et chaleureux où se trouvaient, bien entendu, un grand nombre de Kurdes rennais. Invitée par les Amitiés kurdes de Bretagne et le Centre culturel de Mésopotamie, avec le soutien du MRAP (Ille et Vilaine), de la Maison internationale de Rennes, du Mouvement de la Paix, d'Amnesty-International de Rennes, de la CIMADE, de la Ligue des Droits de l’Homme et de l'ACAT Rennes, elle fut reçue également par trois députés, dont une députée européenne, le Président du Conseil général d'Ille et Vilaine, le Maire de Rennes et Président de Rennes Métropole, des Vice-Présidents du Conseil régional de Bretagne, du Conseil général (35), de Rennes Métropole et des adjointes au maire de Rennes.
Madame Ayla AKAT ATA, la plus jeune, mais non la moins déterminée, des députés de la "Grande" Assemblée de Turquie ne veut pas entendre parler du "problème kurde" : "il n'y a pas de problème kurde mais les Kurdes ont des problèmes et il faut, pour les résoudre, changer la constitution de 1982 qui, ne l'oublions pas, a été imposée après le coup d'état militaire de 1980".
Le D.P.T., qui a réussi un joli coup politique en faisant élire, en juillet dernier, malgré des conditions extrêmement difficiles, suffisamment de députés "indépendants" pour former un groupe parlementaire, veut, avec les démocrates turcs, obtenir la liberté d'expression pour tous et une réforme constitutionnelle qui garantisse les droits culturels et politiques de tous les peuples de Turquie - et, bien évidemment, ceux du peuple kurde, le plus important en nombre - et ceux des minorités (les seules minorités reconnues en Turquie étant les minorités religieuses comme, par exemple, la minorité chrétienne assyro-chaldéenne).
Le D.T.P. milite pour une "autonomie démocratique" des régions et propose la formation de 25 régions dotées de réels pouvoirs et moyens décentralisés.
C'est donc, pour le D.T.P., par cette voie démocratique et pacifique que sera résolue la question kurde.
Ces mesures concernant la liberté d'expression passent d'abord, pour les Kurdes, par la liberté d'enseigner et la reconnaissance de la langue kurde comme langue officielle au même titre que la langue nationale, le turc. Elles passent par une réelle liberté d'association et de représentation politique. La Turquie se doit, dans l'immédiat, de stopper les procès contre les maires kurdes et les députés et abroger les articles liberticides de son code pénal (CPT), notamment l'article 301 qui autorise les poursuites judiciaires des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres membres de la société civile exprimant pacifiquement une opinion divergente, comme, par exemple, Orhan Pamuk, auteur turc de renommée internationale, ou Hrant Dink, journaliste arménien, assassiné le 19 janvier 2007.
Le D.T.P., résolument contre la guerre, condamne les bombardements turcs au Kurdistan irakien et toutes les opérations militaires contre les rebelles kurdes. Il refuse de déclarer comme une organisation terroriste le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) qui avait accepté de répondre positivement à son appel en s'abstenant de toute attaque contre les forces militaires turques, mais force est de constater que la trêve n'a pas été respectée par les forces militaires turques. Il demande aussi au parlement de promulguer des lois d'amnistie pour permettre à tous les prisonniers politiques et à tous les combattants de revenir dans leur famille.
Il demande au gouvernement de prendre des décisions à caractère économique et social qui permettraient aux deux millions de Kurdes en "exil intérieur" de retourner dans leur village, dont ils ont été chassés par l'armée, et d'obtenir les aides financières et psychologiques nécessaires pour reconstruire une nouvelle vie.
Le D.T.P., qui milite pour l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, demande à cette même U.E. de faire le geste qui pourrait débloquer la situation en retirant le PKK de la liste des organisations terroristes.
Madame Ayla AKAT ATA, venue spécialement en Bretagne pour plaider la cause de la paix, est repartie réconfortée par l'accueil qui lui a été réservé et par l'attention que lui ont porté tous ses interlocuteurs. Elle retiendra sans doute l'ovation qui lui a été faite à la fin de sa conférence, mais aussi le témoignage de sympathie des militants bretons qui se pressaient dans les salons de l'hôtel de Ville de Rennes, à l'occasion de la signature de la Charte "Oui à la langue bretonne". Accueillie par Edmond Hervé, Maire de Rennes, et Lena Louarn, Présidente de l'Office de la Langue bretonne, et visiblement émue par le carton d'invitation rédigé en français et en breton, elle déclara à cette assemblée très en phase avec les revendications identitaires que "pour avoir envoyé des vœux en turc et en kurde, et traduit en plusieurs langues des documents administratifs écrits en turc, langue qui n'est pas comprise d'un certaine nombre d'administrés, Abdullah Demirbas, maire d'arrondissement de Diyarbakir-centre, a été destitué de sa fonction, son conseil municipal a été dissous, et des poursuites judiciaires sont en cours".
André Métayer
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22.01.2008
Paix au Kurdistan
A la Maison du Champ de Mars, 6, Cours des Alliés à Rennes - vendredi 25 Janvier 2008, à 20h30
Mme Ayla AKAT ATA, avocate de la cause kurde, députée siégeant au Parlement de Turquie, (groupe DTP : Parti pour une société Démocratique) sera à Rennes, les 24 et 25 janvier prochain.
Après une série de rencontres et d'entretiens , les personnalités locales, départementales et régionales, les élus et les responsables politiques et associatifs, ainsi que des avocats et des journalistes, elle donnera une conférence VENDREDI 25 JANVIER 2008, 20 heures 30 à la maison du champ de Mars, 6 cours des alliés à Rennes, pour débattre de la question de la paix au Kurdistan et pour présenter l'action menée en Turquie, au sein du "Parti pour une Société Démocratique", et à la "Grande Assemblée" de Turquie, par le groupe parlementaire DTP, qui refuse la spirale de la violence et milite pour la reconnaissance des droits culturels et politiques des kurdes.
Mme Ayla AKAT ATA, née le 16 février 1976 à Diyarbakir, mariée et mère d’un enfant, a exercé, après des études en droit à l’Université de Dicle-Diyarbakir, la profession d’avocat et est restée sept années durant à la direction de l’association turque des Droits de l’Homme (I.H.D). Membre fondateur de la Fondation TOHAV (association d’avocats et défenseurs des Droits de l’Homme pour apporter une aide juridique aux victimes des tortures), membre de Göç-der (aide aux populations déplacées en " exil intérieur ") et de la plate-forme démocratique des femmes de Diyarbakir, Ayla AKAT ATA a été élue députée pour la ville de Batman en 2007. Elle est membre de la commission des Droits du Parlement de Turquie.
Cette manifestation est organisée par les Amitiés kurdes de Bretagne et le centre culturel de Mésopotamie, avec le soutien du MRAP (Ille et Vilaine), de la Maison Internationale de Rennes, du Mouvement de la Paix, d'Amnesty International de Rennes, de la CIMADE, de la Ligue des Droits de l’Homme et de l'ACAT Rennes.
Contact : 02.99.32.08.01 – akbdrk@orange.fr
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06.12.2007
BREST - MARCHE DE LA SOLIDARITE INTERNATIONALE SAMEDI 8 DECEMBRE 2007
LES AMITIES KURDES DE BRETAGNE SERONT A BREST AU MARCHE DE LA SOLIDARITE INTERNATIONALE SAMEDI 8 DECEMBRE 2007 pour dire "PAIX AU KURDISTAN" et pour présenter au public de magnifiques tapis tissés par les femmes de la région de Hakkari.
Venez acheter les kilims de Hakkari
Faites le savoir autour de vous
19:45 Publié dans AKB Activités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2007
PAIX AU KURDISTAN
La Turquie qui dispose de la deuxième armée de l’Otan, après les Etats-Unis, a massé plus de 100.000 hommes à la frontière et son aviation bombarde quotidiennement les zones frontalières.
La guerre serait catastrophique pour la Turquie toute entière, plongerait l’Irak dans le chaos et déstabiliserait tout le Moyen Orient
Déjà la répression anti-kurde s’amplifie et les appels à la haine se traduisent par des manifestations violentes même en Europe. Aux procès déjà engagés contre 53 maires kurdes (dont ceux de Diyarbakir et Hakkari) s’ajoutent des procédures lancées contre les cadres du parti pro kurde DTP (Parti pour une Société démocratique) et leurs députés au motif qu’ils refusent de déclarer "terroriste" les membres du PKK et qu’ils ont œuvré pour la libération des soldats turcs faits prisonniers dans un affrontement armé avec les forces rebelles.
L’escalade continue avec l’incarcération de ces huit soldats arrêtés puis écroués par un tribunal militaire de Van qui les accuse de manquements graves à la discipline militaire et même de désertion.
D’autre part, l’armée turque a établi six zones de sécurité militaire temporaires à proximité de la frontière irakienne, dans les départements de SIIRT, SIRNAK et HAKKARI, auxquelles l’accès est interdit et les déplacements sont formellement déconseillés dans 11 départements : HAKKARI, SIRNAK, SIIRT, VAN, BITLIS, MUS, BATMAN, DIYARBAKIR, BINGOL, ELAZIG et TUNCELI.
Au chef des armées turques qui a déclaré qu’il n’est pas encore trop tard pour une opération militaire contre les repaires des rebelles, répondons par
- Reconnaissance dans la Constitution turque de l’identité kurde et des droits culturels, linguistiques et politiques qui s’y rattachent (enseignement et médias en langue kurde, liberté de créer associations et partis politiques kurdes…)
- Amnistie générale pour tous les prisonniers politiques et tous les militants du PKK comme pour les militaires turcs impliqués dans les massacres contre les Kurdes, afin de tourner définitivement le long et douloureux chapitre de la guerre et de la violence.
- Aide à la reconstruction de près de 4000 villages kurdes détruits par l’armée et au retour dans leur foyer de plus de deux millions de Kurdes déplacés.
Le seul moyen de mettre un terme à un conflit qui dure depuis des décennies est de reconnaître aux Kurdes de Turquie leurs droits politiques et culturels, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l’assemblée générale des Nations Unies et ratifié par 154 Etats.
Paix au Kurdistan
Amitiés kurdes de Bretagne, MRAP, Maison Internationale de Rennes, Mouvement de la Paix, CIMADE, Amnesty International - Rennes
14:10 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.11.2007
LES KURDES VEULENT LA PAIX
Samedi dernier, 10 novembre, les Kurdes de Rennes et de Bretagne, ont manifesté leur inquiétude face à la vague de violence anti kurde qui se développe en Turquie et qui commence à se propager en Europe.
Ils ont dénoncé la politique turque qui envoie 100.000 soldats sur la frontière du Kurdistan irakien et dont l’aviation bombarde quotidiennement les zones frontalières dans le but de briser la résistance kurde en lutte pour la reconnaissance de droits légitimes.
Le seul moyen de mettre un terme à un conflit qui dure depuis des décennies est de reconnaître aux kurdes de Turquie leurs droits politiques et culturels
a déclaré leur porte parole.
Sur des pancartes, on pouvait lire "Peuple turc, peuple kurde : liberté, égalité, fraternité", "Solution politique pour le Kurdistan, vive la Paix", "Les aveux sous la torture continuent en Turquie".
Nombre banderoles et drapeaux témoignaient également du soutien des manifestants au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et à leur leader, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 8 ans et dont l’état de santé est un grave sujet d’inquiétude.
00:01 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.11.2007
Résistance kurde : elle est légitime
La résistance kurde est légitime mais elle dérange. Elle trouble la quiétude du monde occidental qui croyait avoir réglé le problème avec les accords de Lausanne du 24 juillet 1923 dont les bénéficiaires furent les Britanniques, les Français et les Turcs.
On croyait que les Kurdes, ces "Turcs des montagnes" allaient se laisser assimiler. On avait oublié que ce peuple, l’un des plus anciens de Mésopotamie, vivant principalement de l’élevage, allait, lors des plus noires périodes de son histoire, se réfugier "dans la montagne", gardant ainsi sa langue, ses coutumes et son identité, alors que les classes marchandes et l’élite intellectuelle pactisaient avec l’envahisseur.
Dans la fable de La Fontaine, le peuple kurde aurait été plutôt roseau que chêne : "il plie mais ne rompt pas", malgré toutes les révoltes qui se terminèrent dans le sang. Pauvres Kurdes ! Ils étaient sympathiques parce que battus, et battus parce que qu’ils étaient divisés, comme nos sympathiques Gaulois qui subirent la dure loi de la "pax romana". Mais, fait nouveau, depuis 1984, une rébellion est née sous l’impulsion d’un chef charismatique, Abdullah Öcalan ! Et oui, et même s’il nous dérange, il est le leader d’un mouvement, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) qui, depuis plus de vingt ans, revendique, les armes à la main, des doits culturels et politiques pour le peuple kurde. Tous les observateurs auraient dû remarquer que ce mouvement, isolé sur la scène internationale, qui ne comporterait que 3 à 4000 combattants, devrait être depuis longtemps anéanti s’il ne bénéficiait pas d’un large soutien populaire.
Öcalan, même condamné à la prison à vie et croupissant misérablement dans les geôles turques depuis 1999, dérange encore parce qu’il reste la tête pensante qui conduit une politique intelligente en tenant compte des évolutions dans le monde : oui, il a fait évoluer les revendications kurdes identitaires en ne remettant plus en cause les frontières existantes, malgré leur caractère inique, mais en faisant admettre qu’un même peuple peut vivre sur plusieurs pays et que plusieurs peuples peuvent également vivre au sein d’une même nation, pour peu qu’elle leur reconnaisse leur identité et qu’elle leur garantisse des droits culturels et politiques. C’est ce qu’on nomme aussi le fédéralisme.
Mais Öcalan, avec sa grosse moustache, ses discours redondants, son langage fleuri et ses contrepieds énerve les esprits cartésiens, trouble le jeu de la diplomatie occidentale et déstabilise la Turquie kémaliste pour qui la nation ne peut se concevoir qu’unitaire dans la "turquitude" :
heureux celui qui peut se dire turc.
La rébellion fut donc d’abord accusée d’être séparatiste, puis marxiste-léniniste et enfin terroriste.
Séparatiste, elle le fut mais cette revendication n’est plus d’actualité, sauf dans les procès intentés aux militants de partis politiques pro-kurdes ou aux maires kurdes accusés d’être "en collusion avec une organisation illégale séparatiste". la deuxième accusation, celle d’être un parti marxiste, fait peur encore aujourd’hui, et pourtant, il n’en fut rien si j’en crois Bernard Dorin, Ambassadeur de France :
Le PKK a brandi la bannière du marxisme-léninisme, non pas que la population kurde de Turquie soit communiste, ni même les chefs du PKK, mais pour une raison géostratégique,
ajoutant qu’ Abdullah Öcalan et l’état-major du PKK avaient misé sur le soutien de l’URSS pour mener à bien leur lutte armée, mais
ce calcul politique n’a pas été judicieux car le soutien de Moscou n’est jamais venu.
L’organisation très stricte et les méthodes, parfois brutales, qu’on peut désapprouver, voire condamner, furent moins le fruit d’une idéologie "totalitaire" que la résultante découlant des contraintes de la lutte armée et clandestine.
Comme toutes les luttes armées, celle-ci cessera d’être "terroriste" lorsqu’elle aura remporté la victoire. Qui se souvient que Ben Gourion était "terroriste", que Bourguiba, Ben Bella, Nelson Mandela, étaient "terroristes", que Jean Moulin était "terroriste", sans oublier Guy Môquet, fusillé à 17 ans ? Mais les attentats du 11 septembre 2001 et les peurs qu’ils ont engendrées ont amené les Etats-Unis et l’Union européenne à dresser la liste des organisations terroristes et, de crainte d’en oublier une seule, ils ont décidé de ratisser large. La Turquie s’est trouvée confortée dans sa politique répressive et s’est enfoncée dans une impasse idéologique dont elle espère se sortir par la fuite en avant. Elle en appelle à la rue, avec la complicité d’une presse déchaînée, et ses organisations extrémistes tentent d’organiser des véritables pogromes anti-kurdes non seulement dans les grandes villes de Turquie mais aussi à Bruxelles, à Berlin et même à Salzbourg, en Autriche. Ses communiqués de victoire cachent mal son incapacité à vaincre.
Pourtant chacun connaît les termes d’un réglement politique qui mettrait un terme au conflit et que rappelle Kendal Nézan dans "Libé" datée du 29/10 :
- Reconnaissance dans la Constitution turque de l’identité kurde et des droits culturels, linguistiques et politiques qui s’y rattachent (enseignement et médias en langue kurde, liberté de créer associations et partis politiques kurdes…...)
- Amnistie générale pour les militants du PKK et pour les militaires turcs impliqués dans les massacres contre les Kurdes, pour tourner définitivement le long et douloureux chapitre de la guerre et de la violence.
- Aide à la reconstruction de plus de 3 000 villages kurdes détruits par l’armée et au retour dans leur foyer de plus de deux millions de Kurdes déplacés.
J’ajouterai que seule l’organisation qu’on qualifie de "terroriste" est prête à ouvrir ces négociations et a montré périodiquement sa volonté d’aboutir à un accord politique en décrétant unilatéralement des cessez-le-feu que la Turquie rejette toujours avec dédain :
on ne traite pas avec des terroristes.
André Métayer
Rennes le 30 Octobre 2007
12:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2007
La Turquie sur le sentier de la guerre: la démocratie en danger
Au travers des communiqués contradictoires de l'armée turque, relayés par les médias turcs et les agences de presse internationales, et ceux du service de presse des HPG, forces armées du PKK, ignorés des médias et des agences, il est difficile de savoir qui a commencé et qui a résisté, mais peu importe, les faits sont là et, quatre jours après le feu vert donné par le parlement turc à l'armée pour entrer en Irak, des affrontements violents ont eu lieu au point de créer une agitation importante en Turquie et dans toutes les chancelleries des pays de la Région et des grandes puissances internationales. Beaucoup d'intérêts stratégiques, politiques et financiers se télescopent et les Etats Unis, par exemple, a successivement recommandé de la retenue à la Turquie et fait état de l'éventualité d'une opération militaire conjointe. Il en est de même de la position des institutions européennes qui, après avoir désavoué, mollement, il est vrai, la Turquie, "condamne fermement le terrorisme du PKK,". La guerre psychologique fait rage où chacun souffle le chaud et le froid. Les dépêches se succèdent, depuis 3 jours, à une cadence effrénée dont il est difficile de tirer des conclusions.
Les pertes en vie humaines subies par l'armée turque auxquelles s'ajoutent un fait sans précédent – deux officiers et 6 soldats ont été faits prisonniers – ont effrayé la Communauté internationale et porté un coup au moral en Turquie au point de conduire son gouvernement à interdire la diffusion de programmes à "l'impact négatif sur l'ordre public et le moral (...) en donnant l'impression d'une faiblesse des forces de sécurité".
L'opinion, excitée par les médias et les forces ultranationalistes, se déchaîne et les Kurdes craignent pour leur vie : on parle de lynchage dans certaines villes de Turquie et …à Bruxelles où les "loups gris" ont pris à partie un journaliste de la gauche turque. On peut donc avoir aussi des craintes fondées concernant la situation de toutes les démocrates turcs, minoritaires, malheureusement, qui refusent l'affrontement militaire et militent en faveur de la négociation politique. La répression guette tous les militants du parti légal pro kurde, le DPT, à commencer par les responsables locaux et régionaux, les maires et surtout les députés, déjà menacés ou poursuivis.
De très fortes pressions sont exercées sur les Kurdes d'Irak pour qu'ils se désolidarisent des forces kurdes du PKK mais l'unité et la solidarité entre Kurdes prévaut pour l'instant, et les Kurdes de la diaspora se remobilisent aussi.
Le PKK, dont on sait maintenant qu'il est capable de porter la guerre en Turquie, offre une nouvelle fois un cessez le feu aussitôt rejeté par la Turquie qui ne veut pas traiter avec les "terroristes" et qui prend ainsi le risque et la responsabilité de l'escalade de violence. "La Turquie n'hésitera pas à payer le prix, quel qu'il soit," a déclaré à l'avance le président Gül. Il est à prévoir qu'elle ne se battra pas pour récupérer ses soldats aux mains des forces HPG qui sont traités comme des prisonniers de guerre, selon les conventions de Genève que le PKK a signées, ce qui n'empêche pas la Turquie, les Etats-Unis et l'Union Européenne, de considérer le PKK comme une organisation terroriste.
Le moins qu'on puisse dire est que la Communauté internationale n'aide pas la Turquie à trouver la voie de la raison et la voix du ministre français des Affaires étrangères semble bien esseulée. Bernard Kouchner a, en effet, d'après une dépêche de l'Associated Press du 21/10, fait le rapprochement entre cette attaque et l'adoption, quatre jours plutôt, par le parlement turc d'une motion autorisant l'armée à pénétrer en territoire du nord de l'Irak et a appelé "une fois de plus à la retenue", ajoutant que "la situation était extrêmement dangereuse", et que "l'aggravation de la tension était lourde de menaces dans une région déjà très instable" : " n'y a pas de solution militaire à ce problème" a conclut Bernard Kouchner en précisant qu'il connaît le dossier "depuis très longtemps". C'est aussi l'opinion de Kendal Nezan, Président de l'Institut kurde de Paris, qui déclare dans "l'Orient, Le Jour" (22/10) : "il n’y a pas de solution militaire à la question kurde en Turquie parce qu’il s’agit d’un problème éminemment politique. "…"Les Kurdes demandent la reconnaissance de leur identité, des écoles et des médias dans leur langue". Ce sont donc des questions qui doivent être traitées d’une manière politique"…." Depuis 1984, la Turquie a mené une vingtaine d’incursions dans le Kurdistan irakien sans jamais aboutir à des résultats. Les dirigeants turcs sont conscients de cette situation, mais ils sont dans une impasse idéologique qui ne leur permet pas de remettre en cause un nationalisme qui ne reconnaît pas l’existence des Kurdes";
Qu'est-ce qui pourrait faire reculer la Turquie ? se demande le journal "Le Monde".
La réponse est dans la cohésion d'une Communauté internationale qui parlerait fermement d'une seule voix : la Turquie ne connaît que le rapport de force.
Oui, la Turquie, sur le sentier de la guerre, est une menace pour la démocratie.
André Métayer
Rennes le 23 Octobre 2007
21:06 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2007
Coups tordus et gesticulations : la Turquie est isolée
L'hypothèse d'un "coup tordu" qui consiste à faire endosser par l'adversaire un méfait voulu, permis ou couvert, est avérée mais n'intéresse plus personne car l'objectif est atteint : l'opinion a condamné le PKK et a poussé le Parlement à la faute.
Les habitants de Hemka, qui avaient été chassés en 1993 pour avoir refusé de devenir protecteurs de village, n'avaient pu revenir qu’en 2004 après avoir accepté sous la contrainte de devenir protecteurs tout en se refusant à participer à toute opération. Les vrais protecteurs de villages, qui les avaient spoliés de leur terre, n'avaient pas bien accueilli ce retour et profitèrent d'un banal litige pour tendre cette embuscade faisant 12 morts et…. un survivant qui a tout raconté. L'armée, au vu des avantages qu'elle pouvait retirer de ce règlement de compte, a couvert les auteurs en faisant croire à une opération de représailles du PKK. Faute de trouver une alternative à la guerre, comme le réclame le groupe de députés kurdes DTP (Parti pour la Démocratie), le gouvernement turc et la majorité parlementaire "néo-islamiste" AKP ont été contraints par l'Etat-major des armées, via les députés CHP (nationalistes de gauche) et MHP (nationalistes d'extrême droite), à autoriser les forces militaires à entrer en Irak pour "traquer les séparatistes du PKK".
L'opinion publique, chauffée à blanc par la presse et meurtrie par les pertes en vie humaines de soldats tués au combat, réclamait déjà une réaction. Le mitraillage de "civils" attribué au PKK est venu à point nommé : C.Q.F.D.
A., notre correspondant au Kurdistan irakien, ne semble pas particulièrement inquiet et ne croit pas vraiment à une attaque généralisée : "la Turquie n'en a pas, à elle seule, les moyens" et sans doute pas très envie. Tout d'abord il n'y a pas de rideau de fer entre les deux pays et des centaines de soldats turcs et quelques 150 véhicules blindés sont déjà présents depuis dix ans dans quatre bases dans le nord de l'Irak. Il faut, surtout, se rappeler que le plus gros investisseur étranger au Kurdistan irakien est turc : c'est la société holding OYAK, la "Mutuelle des Forces armées", présidée par un ancien militaire, employant 30.000 personnes, et dont le capital est constitué à partir des fonds de pensions des officiers turcs.
On ne peut pas dire non plus que la décision du Parlement turc ait vraiment séduit l'opinion régionale et internationale, hormis la Syrie, mais elle a renforcé la solidarité des Kurdes - des milliers de Kurdes ont manifesté à Erbil et à Dohouk "contre la menace turque" - des partis kurdes irakiens, PDK et UPK, et de leurs dirigeants : Barzani (Président de la région autonome du Kurdistan irakien) et Talabani (Président de l'Irak), ce dernier n'hésitant pas à contredire les déclarations de son premier ministre qui veut (mais en a-t-il les moyens ?) "éradiquer le PKK". Le Koweït exhorte la Turquie à observer "le plus haut degré de retenue", alors que l'Iran, qui a cessé ses bombardements depuis 20 jours et a réouvert sa frontière avec l'Irak, exprime sa gêne dans une déclaration alambiquée.
La Maison Blanche a fait savoir "de manière très claire" à la Turquie qu'elle ne pensait pas "qu'il soit dans son intérêt d'envoyer des troupes en Irak", et la Russie, de son côté, a déclaré "qu'une opération armée turque en Irak portera atteinte aux intérêts russes", tandis que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, demandait à la Turquie de chercher une solution "par le dialogue", et que le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, invitait le président turc Abdullah Gül, "à faire preuve de retenue dans ce dossier".
Que conclure ? Effet d'annonce pour contenter la vox populi avec quelques actions belliqueuses bien orchestrées par une presse complaisante ?
Ce n'est pas certain car la tentation de Kirkuk (avec ses richesses pétrolifères) est forte. L'objectif ne serait donc pas d'aller pourchasser les rebelles du PKK dans les montagnes du Kurdistan irakien lors d'opérations au succès aléatoire, mais de faire échec au référendum que les Kurdes comptent organiser pour le rattachement de Kirkuk à la région autonome du Kurdistan d'Irak et de s'inviter à la table des négociations, au risque de déstabiliser tout le Moyen-Orient.
On comprend mieux pourquoi les pays voisins et les grandes puissances, même la Chine, s'inquiètent.
Quelles négociations secrètes se cachent derrière les gesticulations des uns et des autres ?
La menace de la reconnaissance du génocide arménien par le Congrès américain et les menaces de rétorsion de la part de la Turquie sont-elles des cartes maîtresses dans la partie de poker menteur qui semble être engagée ?
En attendant, on peut constater avec regret que les espoirs mis dans l'ouverture, après les élections législatives et la constitution d'un groupe parlementaire kurde, s'estompent : 21 régions sont déclarées "zones de sécurité" par la Turquie et interdites aux civils, et cinq maires kurdes (Viranşehir, Kiziltepe, Silopi, Küçükdikili et Bağlar) qui rendaient visite à un maire emprisonné, ont été à leur tour arrêtés et conduits à la gendarmerie. Enfin, un tribunal stambouliote a décidé que Sebahat Tuncel, députée kurde DTP accusée de soutenir le PKK, ne pourrait pas bénéficier de son immunité parlementaire.
Faut-il voir là déjà les prémices d'une interdiction du parti kurde et l'arrestation de tous ses députés comme en 1993 ?
André Métayer
Rennes le 19/10/2007
23:55 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.10.2007
Je hais la guerre : qui a mitraillé le minibus de Beytüşebap (province de Şirnak) ?
Immédiatement parait, dès le 1er octobre, un communiqué des Forces combattantes (HPG) niant toute implication dans cet acte odieux et accusant les forces turques d'en être les auteurs, arguant du fait que les opérations militaires déclenchées par l'Etat-major, en dépit du cessez-le-feu décrété unilatéralement par les Kurdes, ont redoublé d'intensité dans toute la région. "Il s'agit, d'après l'AFP, des plus lourdes pertes subies par l'armée turque depuis 1995" (AFP 08/10/07)
Un autre communiqué (01/10/07), émanant du Conseil exécutif du KCK, fait état de preuves mettant en cause l'armée turque dans cet attentat qu'il dénonce avec force "comme nous dénonçons toutes les attaques violentes menées contre le peuple kurde". Et de conclure : "nous exigeons de l’Etat turc qu'il fasse toute la lumière sur cette opération militaire et qu'il retrouve les paramilitaires responsables de cet acte odieux".
L'association turque des droits de l'homme (IHD) (communiqué du 01/10/07) qui condamne cet acte "inhumain et cruel" comme elle s'oppose "aux exécutions extrajudiciaires par les agents de l'Etat", note que "la région déclarée zone de sécurité voici quelques mois est sous la haute surveillance des forces de l’ordre de l’Etat qui contrôlent toutes les entrées et sorties" et que "les médias et l’opinion publique n’ont pas accès à ce jour aux informations objectives concernant l’attaque".
Une question légitime se pose donc : la presse a-t-elle été instrumentalisée?
Les députés DTP poursuivis par la haine des médias turcs qui les accusent d'être proches du PKK condamnent, eux aussi, l'attentat, reprochant au gouvernement de n'avoir pas cherché à prévenir les affrontements armés, et de n'avoir pas ouvert des négociations politiques : "il incombe au gouvernement d'adopter dans l’urgence une politique permettant de mettre fin à cette situation tendue". Une commission d'enquête parlementaire devrait être créée. Des syndicats (comme KESK) et des associations (comme HRA, Mazlum Der, Diyarbakır Bar…) souhaitent aussi avoir l'autorisation de se rendre sur place.
L’ancien député DEP Selim Sadak, compagnon d'infortune de Leyla Zana et des autres députés emprisonnés, rapporte que les proches des victimes de Beytüşebap, à qui il a rendu visite, connaissent ceux qui ont massacré les leurs : "il ne s'agit pas du PKK, ont-ils déclaré, et nous connaissons le nom des vrais auteurs". Selim Sadak note aussi quelques faits troublants comme le survol d'un hélicoptère, l'absence de traces de balles, comme si on avait voulu effacer des indices.
Qui a donc mitraillé le minibus de Beytüşebap ? Des combattants du PKK ont ils eu la gâchette trop facile ? S’agit-il d’une vengeance locale ? D’une provocation des autorités ? s'interroge Ragip Duran dans Libération du 08/10/07.
L'AFP du 30/09/70 avait déjà son hypothèse : "les membres du PKK détestent les "protecteurs de village" qui refusent de s'allier à eux et s'en prennent régulièrement aux familles qui rejoignent cette milice". Ceci n'est plus exact (nous ne sommes plus en 1994). Dès 2004, à l'occasion des élections locales, une étude attentive des scrutins a montré que les candidats DEHAP (parti pro-kurde de l'époque) n'auraient pas été élus sans les voix des protecteurs de village et de leurs familles. En 2007, dans la région de Hakkari, région particulièrement "chaude", nous avons pu également constater que les protecteurs de village n'étaient plus considérés comme des ennemis (comme les JITEM le sont) mais plutôt comme des victimes "enrôlés de force", "obligés pour nourrir leur famille" voire, parfois, comme des "complices" ou des informateurs.
Cette erreur d'appréciation de l'AFP permet une autre hypothèse : la Turquie n'aurait-elle pas, elle aussi, son "Capitaine Léger", ce spécialiste des coups tordus organisés par l'armée française durant les guerres d'Indochine et d'Algérie ? En sacrifiant (ou en punissant?) des protecteurs de village et en faisant porter le chapeau par le PKK, "Yuzbasi Léger" voulait-il faire coup double : susciter l'indignation internationale qui permettra à la Turquie de poursuivre les "terroristes" du PKK jusqu'au Kurdistan d'Irak et rendre plus "performantes" les forces supplétives kurdes dont l'armée a tant besoin pour ses opérations de "l'intérieur" ?
Décidément, je hais la guerre.
21:01 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.10.2007
Une première : justice et police turques enquêtent officiellement sur le territoire français
Sabah révèle encore que la délégation turque a interrogé Canan Kurtyilmaz, "la nouvelle responsable européenne du PKK", Haci Karakoyun, "financeur", Cemal Aslan, "le courrier", Kazim Ergun, "un des cadres de montagne", et Nihat Aslan, "un parent de Cemal Aslan", tous présentés comme des "affreux, sales et méchants" et "a remis en main propre tous les documents et informations nécessaires aux autorités françaises", "obtenus lors des aveux des terroristes attrapés", sauf que les avocats nient en avoir eu connaissance.
Par contre, Sabah omet de rapporter que Kazim Ergun a déclaré, au grand dam des juges français, reconnaître, parmi ses "interrogateurs", l'un de ses tortionnaires en la personne du directeur de la Sûreté d'Istanbul.
"La délégation turque a demandé aux autorités judiciaires françaises la copie des 100 mille pages de documents ainsi que celle des disques durs des ordinateurs saisis" insiste Sabah et les avocats ont toute raison de craindre que la chancellerie ne s'apprête à s'exécuter ; c'est pourquoi ils ont saisi la Chambre de l’Instruction d’une requête en nullité et demandé au Garde des Sceaux de bloquer la procédure dans l'attente du résultat de la requête.
Cette affaire est évidemment d'une extrême gravité tant du point de vue du droit que de la morale, et heurte profondément les consciences.
André Métayer
23:49 Publié dans France - Violence contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.10.2007
Je hais la guerre : un journaliste de Hakkari assassiné, un charnier découvert à Diyarbakir
L'Iran, de son côté, (AFP 23/9) après avoir nié les tirs d'artillerie contre les combattants kurdes en Irak, a justifié cette violation du territoire de la province autonome du Kurdistan irakien au nom de la nécessité de sécuriser son territoire au moment où des affrontements ont lieu dans la province iranienne peuplée à majorité de Kurdes. Elle a aussi fermé sa frontière, alors que 132 sociétés iraniennes sont déjà implantées au Kurdistan irakien, pour protester contre l'arrestation par les forces américaines, d'un "honorable" commerçant iranien à Souleimaniyeh, suspecté d'être un agent des forces spéciales chargées d'armer les milices chiites.
D'autre part les HPG revendiquent la responsabilité de "l'élimination" de trois "repentis" du PKK enrôlés dans les forces spéciales turques (JITEM) à Semdinli, Diyarbakir et au Dersim. Ces situations tragiques de militants "retournés" à la suite d'arrestation, de mauvais traitements et d'actions psychologiques, et que l'on retrouve aussi dans des conflits assez proches de notre histoire, nous renvoient à toute l'horreur de la guerre.
La bat





