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30.11.2005

Les ateliers de kilims kurdes en Bretagne avec les tisseuses de Hakkari

La Délégation Rennaise Kurdistan (DRK), qui se rend chaque année au Kurdistan à l’occasion du Newroz, fête traditionnelle kurde, s’est déplacée en 2005 dans la région de Hakkari, particulièrement déshéritée, afin d’étudier sur place les possibilités de coopération dans le cadre du projet "Rengin".

Hakkari

La province de Hakkari est une région montagneuse située à l’extrême sud-est de la Turquie, frontalière des régions kurdes d’Iran et d’Irak, dont le chef-lieu - Hakkari - se situe dans une haute vallée, à 1 700 mètres d’altitude. La situation politique, extrêmement tendue, crée un sentiment d’angoisse dans la population et ralentit l’activité économique.

Göç-Der
Association d’aide aux populations déplacées et en exil intérieur

L’association Göç-Der a pour but de venir en aide aux personnes déplacées à la suite des opérations militaires. Elle est présente à Hakkari, où de nombreux habitants vivent dans les bidonvilles depuis 1993, chassés des 86 villages de la région qui furent incendiés par l’armée turque.

Göç-Der anime un atelier de kilims, "Rengin" qui emploie des femmes victimes collatérales ou directes de la guerre, en provenance des villages détruits. L’objectif de cette initiative, qui présente les caractéristiques d’un développement durable et équitable, constitue une exception dans cette région où la misère produit essentiellement de l’assistanat. Rengin préserve un savoir-faire menacé par les déplacements de population, et resocialise les victimes en leur permettant d’effectuer une thérapie au travers du kilim. "Il s’agit, dit Sarya, la responsable des femmes, de réaliser des tapis de laine nouée, de grande qualité, avec des produits naturels comme la laine teintée uniquement avec des plantes de la région. Si les motifs sont traditionnels, leurs agencements racontent l’histoire et les souffrances de chaque tisseuse."

Rengin fournit une activité économique et renforce la communauté sociale locale, deux conditions sans lesquelles il ne peut y avoir aucune solution à la question kurde.

Les tisseuses de Hakkari feront la démonstration de leur art et de leur technique sur leur métier à tisser, parleront de leur pays, de la guerre, de leurs angoisses, mais aussi de leurs espoirs et de leur soif de vivre et de rire.

Le public pourra acheter des tapis ou passer des commandes.