Page d'accueil | Esat Canan, Député CHP de la ville de Hakkari, a confirmé que la population civile avait bien été l'objet d'attaques à l’explosif de la part des forces de l’Etat turc »

14.11.2005

Attaques à l'explosif par les forces de l'Etat turc contre la population civile

Sous-préfecture de Semdinli, province de Hakkari

Depuis longtemps, les forces de contre guérilla liées à l’Etat se rendent coupables de mitraillages ou d'attaques à l'explosif au Kurdistan et notamment à Hakkari et à Semdinli, sa sous-préfecture.

La dernière en date eut lieu le 9 novembre 2005, jour où la Commission de l’Union Européenne a accepté le rapport de la Turquie et où l’Allemagne a signé un compromis de vente de 200 tanks. Comme on le sait, le document de partenariat de l’Union Européenne et le rapport ne font nullement mention de la question kurde, ni de la violence qui prend sa source dans la politique gouvernementale de la Turquie.

Selon les informations recueillies, deux sous-officiers et un sergent, revêtus d'une tenue civile, ont lancé un engin explosif contre la librairie Umut, et ont tenté, après l'explosion de fuir en voiture avant de se faire arrêter par les habitants. La police a dû tirer en l’air pour disperser la population qui voulait les lyncher et les a conduit au commissariat. En outre, la voiture des militaires transportait de nombreuses armes et plusieurs sortes d'explosifs. Au cours de cette attaque contre la librairie, Mehmet Zahir KORKMAZ fut tué et Metin KORKMAZ gravement blessé. Pour disperser la foule massée devant l’hôpital, la police ne s'est pas contentée de tirer en l’air pour disperser les manifestants qui exprimaient leur colère : elle tira dans la foule, blessant Hursit TEKIN maire de Semdinli et 11 autre personnes venus dans le but de calmer les esprits.

Aux alentours de 16h30 la ville de Semdinli, encore sous le choc de ces explosions, fut de nouveau le théâtre d'incidents graves, ce qui fit monter la tension d'un cran : des coups de feu furent tirés, à partir d’une voiture blanche immatriculée 42 (de la ville de Konya). Selon les premières informations, on suspecterait un sergent d'être l'auteur de ces coups de feu qui auraient blessés 6 personnes, Ali Yılmaz, Vahit Canan, İslam Kaya, Muzaffer Ertaş Abdurrahman Dozder et Ali Yilmaz. Ce dernier aurait succombé à ses blessures vers 18 heures.

La population civile a pu établir que la voiture impliquée dans cet acte de terrorisme d'Etat appartenait à la police civile, et cette constatation a été confirmée par Esat Canan, députée du parti CHP. En dépit de l'interception par la foule des auteurs de ces actes délictueux, qui furent conduits au commissariat général par les forces de sécurités, le préfet de Hakkari a nié les arrestations, démontrant la volonté de l'Etat d’étouffer l’affaire.

En omettant de poser la question kurde dans le document de partenariat, en niant la politique de violence et de répression de l’Etat turc contre le peuple kurde, et en désignant les Kurdes comme responsables de ces tensions, l’Union Européenne encourage la contre guérilla liée à l’armée turque. Cependant, vu que les contre-guérillas liés à l’armée ont été attrapés en flagrant délit, et que le sergent a reconnu les attentats des 1, 3 et 9 novembre, le gouvernement se doit de remettre ces coupables à la justice.

Nous en appelons à l’opinion publique et aux forces démocratiques et leur demandons d'intervenir pour faire cesser ces attentats commis par les forces de l’Etat turc et rappelons à l’Union Européenne ses devoirs de justice et ses responsabilités à l'égard le peuple kurde.

Congrès National du Kurdistan- KNK