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30.03.2006
Une enquête judiciaire est lancée contre le maire de Diyarbakir
Nous avons appris avec émotion, de plusieurs sources, dont l'agence France Presse, que le parquet de Diyarbakir (sud-est de la Turquie) avait lancé jeudi une enquête contre Osman Baydemir, maire de Diyarbakir, pour "apologie de la rébellion kurde", indique-t-on de source judiciaire. On reproche au maire, venu pourtant sur place pour éviter les actes de violences et demander le "respect des lois", d'avoir salué le courage des jeunes manifestants.
Depuis plusieurs jours de véritables émeutes secouent Diyarbakir, d'autres villes du Kurdistan de Turquie ( Siirt, Batman, Hakkari …) et même des villes turques à forte minorité kurde comme Adana, suite aux opérations militaires déclenchées contre les combattants du PKK par un gouvernement qui n'a pas pris en considération les manifestations imposantes qui se sont déroulées dans tout le Kurdistan à l'occasion des fêtes du Newroz.
Les funérailles des rebelles tués par l'armée, qui aurait employé l'arme chimique, ont donné lieu à des affrontements sévères entre l'armée, appelée en renfort, et la population civile, faisant des morts et des blessés.
Osman Baydemir, Maire de Diyarbakir et Président du G.A.B.B. (Guneydogû Anatolu Belodiyeler Birligü - Union des Mairies du Sud Est Anatolien) avait reçu la délégation des Amitiés kurdes de Bretagne (Délégation rennaise Kurdistan) de passage à Diyarbakir, samedi 25 mars, et s'était montré très préoccupé par la situation de Metin Tekce, maire de Hakkari et de celle identique du maire de Batman, mis en examen pour délit d'opinion.
Il avait demandé le soutien financier et politique des collectivités territoriales européennes, notamment pour le projet de centre de santé et d'éducation, destiné en priorité aux femmes victimes de "l'exil intérieur", piloté par la Ville de Hakkari, dans une région particulièrement "sensible", et évoqué l'important programme de logement social de Diyarbakir pour lequel la ville de Rennes a promis d'apporter son aide.
Deux de nos adhérentes sont encore à Diyarbakir.
23:14 Publié dans Kurdistan - Actualité politique | Lien permanent | Envoyer cette note
Coup d’état militaire à Diyarbakir (Kurdistan de Turquie) - L’armée turque prend le contrôle de la ville
Malgré les renforts provenant des villes avoisinantes comme celle de Mardin, la révolte civile n'a pu être maîtrisée et, pour la première fois depuis le coup d’état militaire de 1980, l’armée de terre turque occupe, depuis ce matin 29 mars, la capitale du Kurdistan.
Les manifestants ont refusé de se disperser et ont demandé, en brandissant les drapeaux du PKK, que justice soit faite et réclamé une solution politique pour la question kurde. Mais l’intervention sauvage de forces de sécurité turques a transformé la ville en état de siège : plus de 50 civils ont été blessés, de nombreuses personnes ont été arrêtées, les commerces ont gardé les rideaux baissés et les écoles de la ville sont désertées.
Des affrontements identiques se sont produits dans les villes de Adana et de Siirt, lors d'obsèques de combattants de la guérilla.
Le peuple kurde a célébré cette année, par millions, le Newroz, son nouvel an, sans incidents notables, malgré toutes les provocations de l’Etat turc. Les organisateurs, les participants, et même les maires élus des grandes villes kurdes ont envoyé aux opinions publiques nationales et internationale un message fort qui se traduit par :
- Le peuple kurde considère le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) comme son représentant légitime.
- Abdullah Öcalan est le représentant du peuple kurde.
- La guerre n’est pas une solution et il faut trouver une solution pacifique à la question kurde.
L’intensification de la guerre dans la région ne sert ni les intérêts des peuples kurde et turc, ni, à long terme, les intérêts économiques européens. C’est la raison pour laquelle nous demandons à l’Union Européenne de cesser la vente d'armes au gouvernement turc et nous le prions d'exercer tout son pouvoir pour encourager un dialogue entre la Turquie et représentants du peuple kurde, dans le but de trouver une solution politique, comme c'est le cas pour l'Irlande et le Pays Basque.
Paris, 29 mars 2006 - Centre d'information du Kurdistan (CIK Paris) - 14 heures
23:00 Publié dans Kurdistan - Actualité politique | Lien permanent | Envoyer cette note
La Région Bretagne et le Maire de Douarnenez prennent la défense du maire de Hakkari
La Région Bretagne est intervenue vendredi 24 mars en faveur du maire de Hakkari, auprès de Son Excellence M. Korutürk, Ambassadeur de Turquie en France, de M. Douste-Blazy, Ministre français des affaires étrangères et de M. Javier Solana, Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.
"Je veux vous exprimer, ma très vive préoccupation au sujet de la liberté et de la sécurité de Monsieur Metin Tekçe, maire de la commune de Hakkari (Kurdistan de Turquie) visé par une enquête criminelle et (faisant) l'objet de menaces de mort à la suite de l'affaire de l'attentat de Semdinli dans lequel sont impliqués des responsables de l'armée turque" écrit notamment Christian Guyonvarc'h, Vice-Président du Conseil régional, chargé des affaires européennes et internationales, qui poursuit : "la Bretagne est d'autant plus préoccupée par le sort du maire de Hakkari que le Conseil régional et d'autres collectivités bretonnes l'avaient reçu officiellement, en décembre 2005, pour étudier avec lui un projet de centre municipal de soins et d'éducation pour jeunes femmes".
Il demande à MM. Solana et Douste-Blazy de prendre des initiatives en direction des autorités de la République de Turquie afin que soient levées les menaces qui pèsent sur la liberté et l'intégrité physique de Monsieur Metin Tekçe.
André Métayer
(1) concernant le projet de Centre de Santé et d'Education de Hakkari, un dossier technique est en voie de finalisation.
00:05 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note
29.03.2006
La famille Okçu est "invitée" à quitter le territoire
En date du 16 mars 2006, La Préfecture d'Ille-et-Vilaine fait savoir à M. Metin Okçu, d'une part, et à Mme Menekse Okçu, d'autre part, qu'ils doivent quitter le territoire français dans un délai d'un mois, sous peine de recevoir un arrêté de reconduite à la frontière pouvant entraîner des poursuites judiciaires pour séjour irrégulier.
OKÇU est le nom d'une famille très éprouvée par la guerre et plusieurs de ses membres ont été exécutés ou condamnés à de très lourdes peines. Les Okçu sont de Beydere, un des villages de Karakoçan, en Turquie, ville connue pour être un des berceaux de la résistance kurde. Metin, né le 1/1/1966, est venu se réfugier en France une première fois de 1989 à 1993 puis à compter de 1998. En juillet 1999, son domicile est forcé et saccagé au cours d'une action de représailles et son épouse Menekse, née Domnez le 23/12/1969, est victime de mauvais traitements.
Après une tentative de suicide, elle se résigne à s'enfuir, laissant sur place ses deux très jeunes enfants qui ne pourront venir la rejoindre qu'en 2003.
Le 9 novembre 1999, elle dépose une demande de statut de réfugié politique qui est rejetée par l'OFPRA le 10 octobre 2001 et le recours qu'elle introduit immédiatement est, à son tour, rejeté par la Commission des Recours le 4 juin 2004.
Une demande de statut d'étranger malade ne trouve pas non plus grâce auprès du médecin inspecteur de la santé publique qui estime, le 7 décembre 2005, que la patiente pourra recevoir un traitement approprié dans son pays d'origine.
Menekse est une femme "battante", apprenant le français et manifestant une volonté de s'intégrer. Son assiduité aux cours de français est attestée par les éducateurs et enseignants.
La famille réside à Saint-Jacques-de-la-Lande et les enfants (nés en 1993, 1994 et 2002) sont scolarisés dans les établissements publics de Rennes et de Saint-Jacques-de-la-Lande. La faculté d'adaptation et la joie de vivre de ces enfants font plaisir à voir mais les dernières lettres recommandées préfectorales sont venues ternir le sourire de ces fillettes qui veulent rester dans ce pays où elles sont parfaitement intégrées.
La présence de trois enfants, dont l'un né en France, ne constitue pas non plus pour l'Administration un obstacle à une expulsion, au motif que cette décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale, puisque l'unité familiale est "préservée", les enfants étant condamnés à suivre le même sort que les parents.
Ce n'est pas l'avis de tous ceux qui pensent que "l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale" (art. 3-1 de la Convention internationale des Droits de l'Enfant, ratifiée par la France).
André Métayer
23:55 Publié dans AKB Reconduites à la frontière | Lien permanent | Envoyer cette note
Le commandant en chef de l'Armée de Terre blanchi - le maire kurde de Hakkari mis en examen
"Le 9 novembre 2005 à midi un quart, un homme a été tué et plusieurs autres ont été blessés à la suite d’un attentat à l’explosif perpétré contre la librairie Umut Kitabevi à Semdinli (province de Hakkari), dans le sud-est de la Turquie. Le propriétaire de la librairie et d’autres personnes ont réussi à appréhender l’auteur présumé de l’attentat ainsi que deux autres hommes qui l’attendaient apparemment dans une voiture garée à proximité. On a découvert dans le véhicule des armes, des listes d’opposants politiques, des renseignements à propos d’habitants de Semdinli, ainsi que des cartes, entre autres documents. Le nom du propriétaire de la librairie figurait apparemment sur une liste et un plan de son domicile et de son magasin a également été retrouvé. On a appris que les trois hommes appréhendés par la foule appartenaient aux services de sécurité" (Amnesty International, rapport du 17 novembre 2005).
Par la suite, alors que le procureur procédait à des investigations sur les lieux, des coups de feu furent tirés depuis une voiture en direction de la foule et un civil fut tué et plusieurs autres blessés. Un sergent des forces spéciales de la gendarmerie fut placé en détention et poursuivi pour "usage disproportionné de la force ayant entraîné la mort."
Amnesty International en avait appelé au gouvernement turc, le priant de désigner une commission indépendante pour enquêter, en particulier, sur la chaîne de commandement et le niveau d’implication de responsables de l’armée et de la gendarmerie dans l’utilisation d’armes à feu au cours de manifestations de protestation à Semdinli et dans d’autres villes de la région comme Yuksekova et Hakkari, où l'on releva des morts et des blessés par balles.
Le Premier ministre turc, le Ministre de la Justice, le Ministre de l’Intérieur, tous s'étaient déclarés déterminés à faire toute la lumière sur cette affaire et une enquête avait même été ouverte par le procureur de Van. Mais le même Ministre de la Justice, Cemil Cicek, donnait le 6 mars dernier son feu vert à l'ouverture d'une enquête sur ce même procureur qui mettait en cause le commandant en chef de l'Armée de Terre, le général Yasar Büyükanit, numéro 2 de l'armée turque, ainsi que plusieurs de ses subordonnés. C'est donc sans surprise que l'autorisation d'entamer les poursuites judiciaires demandées par le procureur fut refusée, le 20 mars, par l'Autorité militaire, les jugeant "infondées" et exigeant même du gouvernement qu'il fasse toute la lumière sur cette attaque "injustifiée" envers l'un de ses chefs.
Dans le même temps, une enquête criminelle est ouverte par le procureur de Hakkari visant Metin Tekçe, maire de Hakkari, accusé d'avoir, lors de sa déposition devant la commission parlementaire enquêtant sur les attentats à l'explosif de Semdinli et dans la province de Hakkari, "favorisé une organisation terroriste". Le procureur d'Ankara a sommé la dite Commission parlementaire, malgré ses protestations, de lui remettre les minutes de l'audition.
D'après la presse, Metin Tekçe, répondant à une question de la commission, aurait déclaré : "à votre question, je réponds que le Parti des ouvriers du Kurdistan (PKK) n'est pas une organisation terroriste. C'est juste une organisation qui défend les droits de ceux qui travaillent pour une solution pacifique au problème kurde" et il aurait ajouté : "je ne suis pas fier de ma turquitude. Je suis un citoyen de la Turquie et fier de l'être, mais pas de ma turquitude parce que je ne suis pas turc. Je suis kurde, comme d'autres sont lazes ou grecs et qui sont aussi citoyens turcs, faisant
également partie du peuple de la Turquie. Je suis fier d'être un citoyen de la Turquie".
Interrogé par la presse, Metin Tekçe, membre du Parti pour une Société Démocratique (DTP), a dit jeudi qu'il maintenait ses déclarations faites devant la commission : "je maintiens ce que j'ai dit et ne reculerai pas : le PKK n'est pas une organisation terroriste et je suis fier d'être kurde. S'il est nécessaire de donner ma vie pour résoudre le problème kurde, et bien….. qu'il en soit ainsi". Depuis, le maire de Hakkari est l'objet de menaces qui n'ont point entamé sa détermination. Metin Tekçe a encore révélé qu'il avait déposé un rapport contenant de mesures démocratiques pour résoudre le problème kurde et réclamant leur mise en œuvre.
Metin Tekçe était venu en Bretagne, en décembre dernier, défendre sont projet de centre municipal de soins et d'éducation pour les femmes, notamment "les exilées de l'intérieur" et avait été reçu par Christian Guyonvarc'h, Vice -Président du Conseil Régional de Bretagne, Edmond Hervé, Maire de Rennes, François Cuillandre, Maire de Brest, Yolande Boyer, Sénatrice–Maire de Châteaulin et Monique Prévost, Maire de Douarnenez.
André Métayer
23:30 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note
Newroz à Hakkari
Une délégation de dix personnes des Amitiés kurdes de Bretagne (Délégation rennaise Kurdistan) est partie pour 10 jours dans l'extrême Sud-Est de la Turquie, à Hakkari, pour finaliser des projets de coopération à caractère social et éducatif.
La délégation a été très chaleureusement accueillie et a pu fêter dans cette province kurde à la frontière irako-iranienne, la plus reculée de Turquie, le Newroz, dont la célébration a été finalement autorisée par les autorités : la présence de plusieurs délégations étrangères a peut être pesé dans la prise de décision gouvernementale.
Malgré les difficultés liées à la situation politique de la région, la délégation bretonne espère avoir la possibilité de rester plusieurs jours avant de repartir vers Diyarbakir et le chemin du retour.
La presse turque fait état de poursuites judiciaires engagées contre Mettin Tekce, maire de Hakkari, pour des prises de position en faveur de la cause kurde. Mettin Tekce est venu en Bretagne en décembre dernier pour présenter au Conseil régional de Bretagne et à différents maires de Bretagne (Rennes, Brest, Châteaulin, Douarnenez) le projet municipal de Centre de soin et d'éducation pour les femmes, notamment celles victimes de la guerre.
André Métayer
23:00 Publié dans AKB Délégation | Lien permanent | Envoyer cette note
Newroz à Rennes

C'est aussi pour eux l'occasion de se faire voir et entendre pour réclamer la libération de leur leader, Abdullah Öcalan, et revendiquer les libertés culturelles et politiques auxquelles ils ont droit en tant que peuple de la Mésopotamie.
Les organisateurs ont fait preuve de sang froid et de sagesse en acceptant de modifier le parcours de leur défilé et en renonçant à se rendre place de la Mairie où s'affrontaient aux forces de l'ordre des bandes de casseurs qui risquaient de faire courir un risque sérieux à un rassemblement comptant des femmes et des jeunes enfants. C'est donc dans un périmètre contenu entre le Champ de Mars, la
rue de l'Alma, la gare et l'avenue Janvier que plusieurs centaines de Kurdes ont défilé, flambeau à la main, en chantant et scandant des slogans en faveur de la cause kurde, au milieu de la foule rennaise, interrogative et bienveillante, sortant des Champs Libres ou de Colombia. Et c'est sur la dalle du Colombier que les Kurdes allumèrent le très symbolique feu du Newroz, symbole de la lutte contre l'oppresseur.André Métayer
22:50 Publié dans AKB Activités | Lien permanent | Envoyer cette note
14.03.2006
Entre le doute et l'espoir
De nombreux intellectuels turcs et kurdes, des politiques et des journalistes se sont réunis samedi 11 mars à Istanbul pour chercher une solution pacifique au vieux conflit kurde en Turquie, où la question reste un sujet sensible : pouvoir organiser dans l'université Bilgi d'Istanbul une rencontre ayant pour titre "La question kurde de la Turquie, la recherche d'une solution démocratique" montre que quelque chose a bougé dans ce pays : "il est certain que l'Union Européenne a joué un important rôle pour que nous puissions discuter de ce problème aujourd'hui," affirment les organisateurs.
Des grands partis politiques européens commencent aussi à s'intéresser sérieusement à la question et semblent devoir ouvrir des discussions avec les différents protagonistes du conflit.
La mise en cause par le procureur de Van, dans le cadre d'un attentat commis en novembre dernier à Semdinli dans la province de Hakkari, du général Yasar Büyükanit et de plusieurs de ses subordonnés, soupçonnés par ailleurs d'avoir créé une "organisation clandestine criminelle" est aussi un événement qui a surpris nombre d'observateurs. Yasar Büyükanit est numéro 2 de l'armée turque et commandant en chef de l'Armée de Terre.
L'annonce d'émissions télévisées en langue kurde (deux heures par semaine) peut faire aussi l'effet d'une hirondelle annonçant le printemps.
Tout ceci n'est pas le fruit du hasard et il faut saluer le travail discret et incessant des "seigneurs de la paix" (1), comme les appelle Roger Faligot, écrivain et journaliste, qui les a suivis en Irlande, au Pays Basque, dans les Balkans, au Burundi, au Soudan, au Guatemala, au Sri Lanka, au Cachemire (3).
Les "seigneurs de la paix" existent aussi pour la "recherche d'une solution démocratique" à la question kurde : ils sont diplomates, journalistes, syndicalistes, fonctionnaires, avocats, écrivains, parlementaires, élus locaux, religieux mais aussi militants pour la liberté d'expression, militants pour les droits humains, militants de la cause kurde, travailleurs émigrés, "mères de la Paix", détenus politiques.
Une amnistie générale pour les 5 000 détenus politiques et les quelques milliers de combattants - qui serait un signe fort d'une volonté politique turque qui se fait attendre - renforcerait cette armée de la paix.
Des signaux contraires continuent à inquiéter : le ministre turc de la Justice Cemil Cicek vient de donner son feu vert à l'ouverture d'une enquête sur le procureur de Van qui, comme il est dit plus haut, a mis en cause le général Yasar Büyükanit dans le cadre de l'attentat de Semdinli.
La pratique de la torture est monnaie courante encore aujourd'hui : Amnesty International Allemagne dénonce la Turquie qui considère les aveuxobtenus sous la torture comme des éléments de preuves devant un tribunal, et Holly Cartner, Directrice de la division Europe et Asie Centrale à Human Rights Watch, confirme que les détenus continuent à être torturés ou maltraités dans les postes de police, malgré d’importantes garanties de protection qui existent officiellement.
Les réformes "cosmétiques" concernant les droits culturels et politiques ne peuvent être considérées comme des avancées importantes : le principal parti pro-kurde de Turquie, le DTP (Parti pour une société démocratique) a, pour sa part, demandé au gouvernement d'accorder à la langue kurde le statut de langue officielle et d'annuler les restrictions légales empêchant une représentation des Kurdes au Parlement : "toutes les restrictions concernant la langue kurde doivent être levées et cette langue doit accéder au statut de langue officielle aux côtés du turc dans les régions peuplées par les Kurdes. La loi sur les partis politiques, et notamment le seuil minimum requis pour être représenté au parlement, doit être révisée afin que chacun puisse exercer son droit à être représenté politiquement". Le DTP réitère également son appel à une amnistie générale pour les rebelles du parti interdit des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
En l'absence de réponse à des négociations de paix , la guerre continue : le PKK a rétorqué à une opération militaire de ratissage dans la région de Mardin, qui a coûté la vie à sept de ses militants, par deux attaques contre les forces de sécurité, l'une contre un fourgon policier, lundi à Batman, qui a fait deux morts et cinq blessés dans les rangs de la police et l'autre contre un véhicule militaire à Cizre, qui a fait un mort et trois blessés parmi les soldats. Un autre accrochage, faisant 2 tués et dix blessés a été aussi signalé à Silopi.
Mais l'escalade de la violence ne s'arrête pas là : deux octogénaires, les parents de Ferho Derwich, Directeur de l’Institut kurde de Bruxelles, ont été assassinés à coups de couteaux dans leur maison, à Mizizah (proche de Mardin), et un attentat suicide a fait 3 morts et 19 blessés à Van. (l'attribution de cet attentat au PKK s'est avérée infondé).
Les Kurdes vont célébrer partout dans le monde le Newroz, le nouvel an kurde : "nous vous saluons avec la chaleur de la fête du Newroz" écrit la FEYKA, la Fédération des Associations kurdes en France.
Les Kurdes de Bretagne organisent tous les ans une manifestation de rue à Rennes (3) à l'occasion du Newroz, pour commémorer la naissance du peuple kurde.
D'après la légende de Newroz (612 av J.C.) les Kurdes seraient les descendants d'adolescents livrés en sacrifice au tyran Dahuk et délivrés par le forgeron Kawa. En allumant des feux de joie, les Kurdes sont censés répéter le geste du forgeron qui mit le feu à son tablier pour signaler sa victoire sur le tyran. Cette fête traditionnelle, ponctuée de chants et de danses collectives, accompagnés par des instruments comme le saz, est donc lourde de symbole alors que les Kurdes réclament toujours des droits qui leur sont, aujourd'hui encore, refusés.
23:05 Publié dans Kurdistan - Actualité politique | Lien permanent | Envoyer cette note
07.03.2006
Félicitations
Félicitations à Annabelle et Vincent, heureux parents de Manon, née 26 février 2006. Vincent, l'un des quatre mousquetaires fondateurs de la DRK qui se rendirent à Diyarbakir en 1994, participa notamment au tournage du film "Kurdistan, je reviens d'un pays qui n'existe pas" en 1996.
11:00 Publié dans AKB Activités | Lien permanent | Envoyer cette note
Circulaire du 21 février 2006 - Nouvelles conditions de l'interpellation et de la garde à vue des étrangers en situation irrégulière
A lire attentivement et à diffuser, cette circulaire relative aux "conditions de l'interpellation et de la garde à vue des étrangers en situation irrégulière" qui remplace la circulaire du 13 avril 1987.
L'annexe 1 en particulier concerne les "interpellations aux guichets des préfectures".
00:25 Publié dans AKB Reconduites à la frontière | Lien permanent | Envoyer cette note




