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30.06.2006

MANIFESTATION LE 1er JUILLET

Des enfants scolarisés dans nos écoles sont menacés d'expulsion à la fin de l'année scolaire parce que leurs parents n'ont pas de titre de séjour.
Ces enfants veulent vivre, grandir et étudier là où ils vivent depuis plusieurs années.

RASSEMBLEMENT
SOLIDAIRE ET CITOYEN

Samedi 1er  juillet

à 14h30

Place de la  Mairie
à RENNES

14.06.2006

Joël Dutto, Vice-Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône répond à son Excellence l'Ambassadeur de Turquie en France : "Tôt ou tard, la communauté internationale sera contrainte à reconnaître un espace géographique qui a pour nom le Kurdistan"

"La notion de terrorisme est aléatoire" 

Monsieur l'Ambassadeur,

J'ai pris connaissance du courrier que vous avez adressé à M. Robert BRET, Sénateur des Bouches-du-Rhône, en réponse à sa lettre du 6 avril 2006. Vous portez à l'appréciation de celui-ci un certain nombre d'éléments qui semblent justifier l'attitude des autorités de votre pays au regard des graves évènements qui se sont déroulés au Kurdistan de Turquie durant la période du 25 au 31 mars 2006. Ceux-ci se sont soldés par la mort de 14 civils et plusieurs dizaines de blessés. Vous faite référence dans votre lettre à des "manifestations illégales manipulées par l'organisation terroriste PKK".

Il aurait fallu par souci d'objectivité que vous indiquiez à M. BRET qu'en fait de "manifestations", il s'agissait de dizaines de milliers d'habitants de la ville de Diyarbakir qui participaient aux funérailles de trois militants du PKK tués dans des affrontements armés qui les ont opposés aux forces armées turques.

Indépendamment de la position que l'on peut avoir sur la lutte armée engagée par le PKK, il n'en est pas moins curieux que vous trouviez normal que des militaires ouvrent le feu sur des civils au seul prétexte qu'ils participent à des funérailles.

Contrairement à ce que vous écrivez, les morts n'ont pas été provoquées dans ce cas précis par le PKK, mais bel et bien par les forces armées turques. Ce sont bien des balles sorties d'armes tenues par des militaires de l'armée turque qui ont fauché des civils désarmés. Il faut avoir une conception très particulière de la réalité des faits pour tenir votre argumentation. Dans quelque partie du monde où de tels évènements se seraient produits, ils auraient suscité une égale réprobation.

Vous indiquez également que le PKK serait une organisation terroriste et reconnue comme telle par les Etats Unis et l'Union Européenne. Concernant les Etats Unis, à l'évidence ce n'est pas de mon point de vue le pays le mieux placé pour classer telle ou telle organisation sur la liste du terrorisme et ce au regard de l'histoire.

Faut-il rappeler le rôle détestable joué par ce pays dans la mise en place des différentes dictatures qui de par le monde et en particulier en Amérique Latine ont mis à mal les démocraties, les droits de l'homme, les libertés collectives et individuelles ? Aujourd'hui pas plus qu'hier, rien ne permet de considérer l'opinion des Etats Unis comme légitimée et universelle sur la notion de qui est terroriste et qui ne l'est pas.

A l'expérience des énormes mensonges et manipulations de l'opinion publique internationale sur la justification de l'intervention militaire en Iraq, illégale au regard du droit international, voilà bien un Etat complètement disqualifié pour classifier un pays ou une organisation dans le registre du terrorisme.

Concernant l'Union Européenne à laquelle vous faite référence, comment ne pas remarquer l'approche plutôt sélective que celle-ci a eu sur cette question du terrorisme.

Par exemple, on peut s'interroger sur les raisons qui ont conduit à ce que ne soit pas examinée lors de l'inscription du PKK sur la liste des organisations terroristes, au moment même où celui-ci avait décrété un cessez le feu unilatéral, l'inscription de la Turquie sur la liste des pays pratiquant le terrorisme d'Etat.

Une étude même rapide de ce qui s'est passé dans votre pays ces dernières années aurait dû conduire soit à une position plus mesurée vis à vis du PKK, soit à s'interroger sur le qualificatif à employer concernant l'attitude des forces armées turques dans la zone de conflit du Kurdistan de Turquie.

Comment qualifier les milliers de villages détruits par l'armée, les enlèvements, les tortures, les assassinats, les 30.000 morts côté kurde, majoritairement, très majoritairement civils. Il ne s'agissait pas là d'actes à créditer au compte du PKK, celui-ci ne possédait pas d'une part, les moyens de feu aérien ou terrestre pour se livrer à des destructions d'une telle ampleur sur une zone géographique aussi étendue et d'autre part n'avait pas la volonté de telles pratiques. Pourquoi dès lors ne pas appliquer la règle de la proportionnalité dans le degré de barbarie et du terrorisme ?

Avec cette règle le terrorisme d'Etat aurait dû également être retenu à l'encontre des autorités de la Turquie qui en sont responsables.

onsieur l'ambassadeur, avec tout le respect que je vous dois, comment qualifiez-vous le fait d'amputer des corps et de les présenter aux familles pour qu'elles avouent qu'un ou plusieurs de leurs membres sont militants du PKK ? Comment appelez-vous le fait de raser un village, de violer les femmes devant les maris, les enfants? Est-ce que cela est du terrorisme ou la normalité des rapports que doit avoir un Etat de droit avec ses citoyens ?

C'est cela que vous appelez "l'égalité de droits dont jouissent les citoyens d'origine kurde?"

Vous savez très bien ce qui s'est passé dans ces régions, comme le savent toutes celles et ceux qui comme moi s'y sont rendus à plusieurs reprises.

Concernant la notion de terrorisme, celle-ci est très aléatoire. En France nous avons vécu une période douloureuse durant laquelle certaines organisations ou individus étaient traités de "terroristes". Il s'agissait en fait de femmes et d'hommes, français ou immigrés qui refusaient le joug de l'occupation nazie. Aujourd'hui nous ne les remercierons jamais assez d'avoir pris le parti de la résistance et du combat pour la liberté et la dignité.

Il y a ceux, les mêmes d'ailleurs au parlement européen, qui ont inscrit le PKK sur la liste des organisations terroristes et reconnaissaient il y a peu l'UCK comme une organisation armée légitime face au pouvoir de Belgrade et de M. Slovodan Milosévic, qui lui, à contrario parlait d'organisation terroriste.

Vous faites également référence dans votre courrier au rôle joué par "Roj TV" basé au Danemark dans l'appel à la grève, au demeurant largement suivie dans toutes les régions à large dominance de population kurde. Là encore, au risque de vous apparaître désagréable, je ne vois pas en quoi les émissions de Roj TV seraient plus condamnables que celles de "Free Radio" financée par les Etats Unis en direction de différents pays de l'Europe de l'Est et qui, en son temps, appelait à manifester pour plus de démocratie et de respect des droits de l'homme.

Il ne me semble pas avoir beaucoup entendu de représentants de vos autorités condamner cette atteinte à la souveraineté nationale des pays concernés. Mais considérer qu'il suffirait d'un appel de Roj TV pour mobiliser des dizaines de milliers de kurdes sans qu'il y ait un vrai problème non résolu depuis des décennies relèverait d'une analyse un peu courte de la situation.

Oui Monsieur l'Ambassadeur, la question kurde existe toujours dans votre pays et c'est parce qu'elle n'est pas résolue que la tension perdure. N'est ce pas  M. Recep Tayyip Erdogan, Premier Ministre de votre pays qui dans un discours prononcé en 2005 à Diyarbakir devant le maire de la ville, les élus et les différentes autorités civiles déclarait "oui, il y a un problème kurde et il faut s'attacher à trouver des solutions" ?

Effectivement, le problème existe socialement, économiquement, culturellement et politiquement.

Socialement parce que l'immense majorité des kurdes vit dans la pauvreté la plus grande, résultat du déplacement forcé, de la non-possibilité au retour dans les villages détruits ou aux mains des   "protecteurs de villages" armés, financés et protégés par vos autorités. Ces milices se sont appropriées dans nombre de cas, sans droit ni titre, des biens des villageois contraints à l'exil.

Le programme de retour des déplacés est un échec dû aux conditions que doivent accepter ces derniers pour bénéficier d'une faible aide financière sensée leur permettre de se réinstaller dans leurs villages d'origine et notamment de reconnaître que l'armée n'est pas responsable de la destruction de leur village, du fait également du manque total d'infrastructures, médicales, scolaires, publiques et de la non-possibilité d'exercer une activité économique capable d'assurer l'autosuffisance alimentaire des familles (cheptel ovin non reconstitué ou non-possibilité d'accéder à des pâturages du fait de la présence de militaires et de mines anti-personnelles).

Economiquement, parce qu'aucun investissement lourd et durable créateur d'emplois n'a été engagé par les gouvernements successifs, mis à part la réalisation de barrages qui ont ou vont engloutir des sites archéologiques millénaires et dont la fonction première outre le contrôle à la source de la richesse hydraulique de toute la région, est une production énergétique dont ne profiteront pas, en l'état actuel des infrastructures de distribution de l'énergie électrique et du coût de celle-ci les populations locales.

Culturellement, parce que contrairement à ce que vous indiquez dans votre courrier, la loi adoptée par le parlement sur l'utilisation et l'enseignement des langues minoritaires, n'a eu à ce jour aucun impact significatif dans le quotidien des kurdes. Il aurait été intéressant que vous indiquiez le nombre de maternelles dans lesquelles serait enseignée la langue kurde. A ma connaissance aucune dans tout le pays. Le kurde n'est enseigné que dans des écoles privées et payantes inaccessibles aux kurdes. A ce jour les deux à trois écoles qui se sont ouvertes au prix de tracasseries et difficultés administratives incroyables, en contradiction avec le texte de loi de référence, n'ont pu continuer de fonctionner faute de moyens financiers.

Vous auriez dû expliquer dans votre courrier pourquoi aujourd'hui encore des maires de villes kurdes, font l'objet de procédures judiciaires pour le seul fait d'avoir écrit "Newroz", jour de fête traditionnel kurde, au prétexte que le "w" n'existe pas en langue turque et que l'utiliser est de votre point de vue synonyme de séparatisme.

Nous pourrions également évoquer la diffusion audio visuelle, dont vous faites état. Combien? Oui combien d'heures d'émission par semaine? Deux heures, sur une chaîne de TV, consacrée à de la musique, sans débats, films, reportages, émissions de variété ou culturelles.

Politiquement, du fait que durant cinq ans la trêve observée par le PKK n'a pas été saisie pour ouvrir la voie au dialogue et à la recherche d'une solution politique, que durant toute cette période les différentes tentatives du PKK pour faciliter toutes approches diplomatiques n'ont pas trouvé l'écho espéré et à la hauteur des enjeux, voilà quelques-unes unes des raisons de l'exaspération de la population kurde.

Durant cette période tous les appels à la Paix et au dialogue lancés par des représentants de la société civile d'origines tuque et kurde n'ont pas été entendus et à chaque fois les auteurs ont été accusés de faire le jeu des « séparatistes ».
Aujourd'hui il y a effectivement un regain de tension dans cette partie de la Turquie, sans aucun doute plusieurs facteurs sont en prendre en compte pour tenter d'en comprendre les causes.

Par exemple le fort sentiment d'injustice que ressent la population face à ce qui s'est passé dans la ville de Semdinli, le 9 novembre 2005. M. BRET aurait été sans aucun doute très intéressé d'apprendre comment une librairie tenue par un militant d'un parti politique kurde a été l'objet d'un attentat. La déflagration a fait un mort et plusieurs blessés graves.
Très intéressé également d'apprendre que les auteurs interceptés par la population n'étaient autres que des officiers de l'armée turque en civil appartenant au GITEM, vous savez les paramilitaires, chargés des basses besognes contre les militants kurdes et si cela est nécessaire je tiens à votre disposition une liste de plusieurs centaines de noms de personnes assassinées ou disparues.

Très intéressé d'apprendre que pour la première fois dans l'histoire de la Turquie moderne un juge d'instruction a remonté son enquête jusqu'au commanditaire, un militaire de haut rang, le général Yasar Büyükant commandant de la région.

Il aurait été dans la normalité des choses comme, dans tout état démocratique que la justice poursuive son instruction par l'inculpation de celui-ci. Or, à contrario de cette normalité, le juge a été démis de ses fonctions avec interdiction d'exercer un métier ayant trait à la justice. Le chef des renseignements de la police qui avait déclaré "l'ennemi est dans nos murs" faisant référence au général, a été limogé.

Le fait également que face à quelques milliers de combattants de la guérilla pour la plupart stationnés hors des frontières de la Turquie, le gouvernement turc déploie plus de 120.000 militaires et transfère le quartier général de l'armée de terre d'Ankara vers la région de Silopi/ Sirnak, prés de la frontière Turco/Iraquienne.

Sans aucun doute aussi, le fait qu'en  contradiction avec les normes internationales en matière d'atteinte à l'intégrité physique et morale des détenus, le fait que M. Abdhulla Oçalan soit emprisonné et maintenu dans un isolement total depuis plusieurs années.

Lors du Newroz 2006, des centaines de milliers de kurdes rassemblés dans toutes les villes où ils ont pu célébrer cette fête, ont réclamé une solution politique et la libération de M. Abdhulla Oçalan. A ce jour les autorités de votre pays refusent toujours d'ouvrir un véritable dialogue politique.

Voilà M. l'Ambassadeur quelques éléments qui ne favorisent pas une approche sereine de la question kurde.

S'obstiner à ne pas entendre ces exigences ne peut que conduire à une montée des exaspérations et du climat de tension. D'autres pays à l'image de la Grande Bretagne avec la question irlandaise, de l'Espagne avec le Pays Basque ont su rechercher et trouver, malgré les difficultés et une histoire faite de douleur et de violence, les chemins de la Paix.

C'est cette voie qui peut être celle du salut pour la Turquie, une voie qui passe par l'acceptation de la notion de Kurdistan de Turquie sans que l'évocation même du mot Kurdistan provoque une montée du nationalisme cultivé par les autorités.

Que les accords de Lausanne de 1924, en contradiction avec ceux de Sèvres de 1922, aient conduit à la partition du Kurdistan, n'enlève rien à cette réalité historique et géographique.

Tôt ou tard comme cela s'est produit pour le Kurdistan irakien, la communauté internationale sera contrainte de par la situation, à reconnaître qu'il existe à l'intérieur des frontières actuelles de la Turquie un espace géographique qui a pour nom le Kurdistan.

La Turquie aurait tout à gagner à jouer un rôle dynamique dans l'évolution des choses, sans quoi les différents manquements aux critères de démocratie et de respect des droits de l'homme, qui seront le produit d'une situation de conflit perpétuel, pèseront lourdement et défavorablement sur l'opinion publique européenne et feront obstacle à la poursuite de l'idée de l'intégration de votre pays dans l'Union Européenne.

Je vous prie de croire, Monsieur l'Ambassadeur, à l'expression de mes salutations distinguées.

Joël DUTTO, Vice-Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.

06.06.2006

08.06.2006

JEUDI 15 JUIN 1/2 journée d'information syndicale (SNUIPP35-FSU-CNT-SGEN 35)

13h30 au local de la FSU avenue Chardonnet à Rennes - réunion ouverte à toutes et à tous

- la loi CESEDA
- la fin de l'année scolaire
- un point sur les situations d'élèves menacés d'expulsion dans le département
- "base élèves 1er degré".
 
17h Rassemblement devant l'Inspection Académique

Il faut qu'on soit nombreux pour crier notre colère et faire savoir que les personnels de l'Éducation Nationale ne collaboreront pas à cette "chasse", ni en cette fin d'année scolaire, ni dans les mois à venir !

Des policiers français viennent chercher deux enfants kurdes dans une école maternelle du Mans

Les Amitiés kurdes de Bretagne ressentent douloureusement ce communiqué de l'A.F.P annonçant  que des policiers français sont venus chercher mardi dans une école maternelle du Mans deux petits frères kurdes dont la mère était en cours de reconduite à la frontière : ce n'est pas encore "Vichy" mais ça vient.

Doit-on s'indigner devant le cynisme ministériel qui ordonne cette descente de police au moment où le Ministre de l'Intérieur s'apprête à faire croire qu'il va régulariser, pour des raisons humanitaires, la situation dramatique d'un certain nombre de familles menacées, parfois depuis de longues années, d'un retour au pays jugé impossible?

Où doit-on s'indigner d'un zèle intempestif d'échelons subalternes, partie prenante d'une politique répressive initiée par le pouvoir central?

Et que dire de ceux qui "remettent les enfants aux policiers après avoir obtenu le feu vert de leur hiérarchie"? Et ce au moment où la SNCF est condamnée pour avoir affrété des trains en partance, via Drancy, pour les camps de la mort?

Mais dans quel monde vivons–nous ?  À quand l'étoile jaune ?

Les trains de la honte de la SNCF  ne peuvent nous faire oublier l'action de milliers de cheminots résistants, dont certains ont payé de leur vie leur action de résistance.

C'est pourquoi les Amitiés kurdes de Bretagne font confiance aux milliers de parents d'élèves et d'enseignants qui se mobilisent pour empêcher toutes violences faites aux enfants, en quelque sorte placés sous leur protection.

André Métayer
Président
Amitiés kurdes de Bretagne

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