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25.10.2006
Nouvelle association : "Projet pour Hakkari"
15:15 Publié dans AKB Hakkari | Lien permanent | Envoyer cette note
24.10.2006
Brèves infos (réunion du 12 Octobre 2006)
Situation au Kurdistan
La conjoncture évolue rapidement au Moyen Orient et le cessez-le-feu récent décrété par le PKK serait le résultat de l’amorce d’un processus de discussion de d'échanges non officiels, entrepris à la demande des autorités Américaines et des autorités kurdes de l’Irak du Nord, entre représentants du mouvement de libération et représentants du gouvernement turc. Le Parti pour une société démocratique (DTP), parti légal engagé dans la revendication de droits politiques et culturels pour les Kurdes de Turquie, a, pour sa part, lancé un appel à renoncer à la lutte armée et à s’engager dans la recherche de solutions politiques au conflit. Abdullah Öcalan a également, de sa prison, lancé un appel identique.
Le désarmement demandé par l’Etat turc ne pourra que résulter de négociations. Mais des signes laisseraient penser que certaines composantes de la société turque ne seraient plus catégoriquement hostiles à l'ouverture de celles-ci.
Plusieurs réactions des institutions européennes sont encourageantes. Le Parlement européen, la commission culturelle du Conseil de l’Europe (qui réunit 53 pays dont la Turquie), ainsi que le Conseil des Ministres de l'Union européenne ont, dans leurs résolutions, appelé les belligérants à dialoguer.
Plus décisives, encore aujourd’hui, seront les orientations que vont prendre les Etats-Unis et les forces qui s’affrontent en Irak où l’on parle beaucoup d’une possible partition entre Chiites, Sunnites et Kurdes. La perspective d’une plus grande autonomie, voire de l’indépendance de ces derniers inquiète l’Etat turc et donne lieu à négociations et marchandages avec les Américains.
Procès des 56 maires kurdes poursuivis devant la cour de justice de Diyarbakir
Appartenant au Parti pour une Société Démocratique (D.T.P.), ces maires parmi lesquels se trouvent les maires de Diyarbakir et de Hakkari sont poursuivis devant la Cour de justice de Diyarbakir pour avoir défendu ROJ TV, chaîne de télévision kurde qui émet depuis Copenhague et dont, malgré les pressions turques et américaines, l'instance danoise de surveillance de l'audiovisuel a estimé que les programmes ne contenaient pas d'incitation à la haine.
Prévenu des menaces qui pèsent sur ces maires, AKB alerte ses différents réseaux et notamment les élus qui sont invités à se rendre à Diyarbakir, le 21 novembre, lors de la prochaine audience
Marché brestois de la Solidarité internationale (2/12/06) et marchés du monde rennais (3/12/06)
Le Kurdistan sera présent à ces deux manifestations et AKB réactivera son soutien à l'atelier kilim de Hakkari : ventes de Kilims, tee- shirt, foulard, bijoux, mais, aussi, livres, jeux etc…. (vente également sur catalogue).
L'aide à la scolarité des enfants
Les dons sont versés au compte de la direction générale de l’association Göc-Der qui achète, à Istanbul, le matériel choisi par l’équipe d’Hakkari et distribué par elle aux familles concernées. Un état de l’utilisation de ces fonds sera fourni.
Le centre de santé et d’éducation
Le Conseil Régional de Bretagne a donc voté une subvention de 21840 euros pour la construction de ce centre dont l'activité principale est tournée vers les femmes. Les démarches auprès des autres collectivités territoriales, ministères et fondations, suivent leurs cours. La municipalité de Brest doit se prononcer sur la prise compte de la demande d'une subvention examinée favorablement en commission. Tous les Conseils généraux sont saisis et en possession du dossier. Les calendriers ont partout été arrêtés.
Situations des Kurdes menacés d’expulsion
Des familles parrainées à Brest et à Rennes ont obtenu leur régularisation. A Rennes 2 familles kurdes ont vu leurs demandes rejetées. La Préfecture, lors d'un entretien obtenu par le président d'AKB, a déclaré ne pas refuser de revoir ces deux familles dans le cadre des procédures normales. Le suivi et les aides des " marraines républicaines", les cours de français, sont d’une grande importance, ainsi que les attestations des responsables, enseignants et parents d’élèves.
La prise en charge de situations difficiles qui s'ajoutent à la liste des procédures en instance et des démarches à effectuer, pèse sur le fonctionnement de l'association.
André Métayer
19:20 Publié dans AKB Activités | Lien permanent | Envoyer cette note
17.10.2006
Deuxième symposium international sur l'isolement carcéral à Istanbul
Ces 14 et 15 octobre s'est tenu Istanbul le 2e symposium international sur l'isolement organisé par l'association des familles de détenus politiques (TAYAD) et par la Plateforme internationale de lutte contre l'isolement (PILI), avec la participation de délégués venus de France, d'Italie, de Grèce, de Jordanie, du Liban et d'Irak. La courte intervention de l'avocat Behiç Asçi, en grève de la faim depuis 191 jours, a créé la surprise.
"Apathie, atrophie musculaire, épuisement, dépression, maux de tête, insomnie, dyslexie, perte de mémoire, «tinnitus» (acouphènes), croissance de cas de tuberculose, de cancer… Ces maux ne sont qu'un échantillon de toutes les souffrances qu'endurent les prisonniers politiques de Turquie dans les pénitenciers de type F. Soumis à un régime de «privation sensorielle» aigu, le prisonnier en ressort souvent diminué à vie, physiquement et mentalement. Lorsque l'on ajoute les lésions sociales, l'arbitraire juridique et les motivations politiques liés au régime d'isolement, on s'aperçoit indéniablement que les prisons cellulaires sont de véritables centres de torture. Ces prisons sont d'ailleurs officiellement qualifiées de centres de «réhabilitation». En effet, le détenu y est soumis à un véritable programme de destruction psychique extrêmement subtil et pervers où toute forme de vie sociale est bannie, où les visites de familles ou d'avocats sont sensiblement restreintes, où le courrier est arbitrairement interdit. Les prisons de type F sont en quelque sorte l'équivalent des FIES en Espagne, des QHS en France et des Stammheim en Allemagne" ont déclaré les organisateurs qui réclament l'intervention de l'Union Européenne et de tous les démocrates pour que soit mis fin à cette politique coercitive de "pacification" et de "traitement" en vigueur dans les prisons de type F.
Les courriers de protestation peuvent être adressés à :
la Direction Générale des maisons pénales et des maisons d'arrêts (Ceza ve Tevkifevleri Genel Müdürlüğü) Email: cte@adalet.gov.tr
Suat Ali Ertosun, Directeur : Fax: 0090.312.4146301; Email: ertosun@adalet.gov.tr
Cemil Çiçek, Ministre de la justice - Tel : 0090.312.4194669; Fax: 0090.312.4173954; Email: cemil.cicek@adalet.gov.tr
A.M.
14:35 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note
12.10.2006
Le mariage forcé tue : le C.I.K. dénonce
Elle avait 19 ans et refusait de se marier avec son cousin. Mais sa famille lui imposa le mariage. Son mari, avec qui elle ne voulait pas avoir de relations sexuelles, l'étrangle, le surlendemain de leur mariage, le 26 septembre dernier.
Le Centre d’information du Kurdistan, le Centre culturel kurde de Paris et l’association "Femmes solidaires" dénoncent ce meurtre et appellent les familles à éradiquer cette pratique traditionnelle patriarcale.
Saluons le courage des Kurdes qui rompent la loi du silence sur ce qu'on appelle pudiquement "le mariage forcé" et qui n'hésitent pas à dénoncer "le crime d’honneur" comme le meurtre d’une femme.
Le combat pour la Liberté c'est aussi celui pour un changement des mentalités et pour l'égalité des sexes.
André Métayer
Contacts :
Centre Culturel Kurde Ahmet Kaya, Paris : Gulnaz Duman Bilge / 06.78.50.19.90
Centre d’information du Kurdistan, Paris : Fidan Unlubayir / 01.42.81.22.71 - e.mail fidanliz@hotmail.com
Femmes solidaires, Catherine Eudeline / 01.40.01.90.90 - e.mail femmes.solidaires@wanadoo.fr
10:53 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note
04.10.2006
Carnets d’un combattant kurde, de Stefano Savona
Malgré les longueurs, le ton monocorde et le côté "surréaliste", par moment, j'ai aimé ce film profondément humain, cernant au plus près la mentalité kurde et le pourquoi des engagements, sans gommer doutes, impatiences et même les incompréhensions : "il peut continuer à filmer, dira Siyar, le chef du groupe, nous n'avons rien à cacher"…. sauf deux ou trois choses quand même ! Le décès du père d'une des deux filles du groupe, Ozgür (tué au combat ? "liquidé" par le PKK ?) et la sexualité dans le groupe, sujet qui reste "tabou" chez les Kurdes.
Les marches sont épuisantes, même pour le spectateur, et l'attente est longue, mais toutes les énergies sont bandées pour atteindre l'objectif : "VIVRE LIBRE". Le combat pour la libération du Kurdistan passe par les armes à la main mais rejoint la lutte politique pour la démocratie et l'égalité des sexes : les femmes, au premier rang, luttent contre "l'esprit féodal" et le PJA (Parti de la Femme Libre) apparaît comme une organisation très (trop ?) militarisée.
En faisant place à la peur, aux doutes, et même au désespoir, ce film s'éloigne des films de propagande contre-productifs et donne une vision plus humaine des situations. Les Kurdes ont la faculté de vous raconter avec une légèreté désarmante – je l'ai constaté maintes fois – des choses terrifiantes : j'aurais aimé filmer l'échange de regards ("plus d'une minute") entre une combattante kurde, telle qu'elle le raconte, mal dissimulée au creux d'un rocher, et le soldat turc "qui ne fit aucune geste vers son arme" et qui finit par crier à son commandant qu'il n'y a personne de ce côté. Et que dire de la scène où le combattant vise avec son arme, comme le raconte Aram, un autre combattant et qu'il sait qu'il va tuer non pas un ennemi mais un autre être humain, mettant en cela en cause une des règles de base qu'on lui a inculquée pour sa survie : "En temps de guerre, Il faut tuer pour ne pas être tué" ?
La vénération envers "Apo", Abdullah Öcalan est quasi religieuse : on ne peut le voir, on ne peut le toucher (il est incarcéré depuis 1999) mais il est là, partout, même dans les rêves, il parle, il mobilise, il est le seul à pouvoir imposer une trêve, même si cet ordre trouble les combattants et les combattantes qui piaffent d'en découdre.
L'épilogue est douloureux mais n'affadit pas le message. Ceux qui partent pour le Dersim seront tués avant d'atteindre l'objectif. Akif et Ozgür "quitteront le mouvement" et les autres continueront le combat.
Mais n'est-ce pas là aussi la dure réalité de la vie ?
André Métayer
(1) Le film de Stefano Savona "Carnets d’un combattant kurde", compétition internationale Cinéma du Réel 2006, Prix International de la Scam ex-aequo, mention spéciale du Prix de Jeunes - Cinéma du Réel 2006, est passé sur Arte le 2 octobre 2006 à 22h05. Il est également programmé à la Viennale, Autriche, 13 - 25 octobre 2006. (d'après Cinéma du Réel, Centre Pompidou).
18:20 Publié dans Kurdistan - Actualité politique | Lien permanent | Envoyer cette note
01.10.2006
Déclaration à la presse et à l’opinion publique démocratique du Koma Komelên Kurdistan (Confédération Démocratique du Kurdistan) - Conseil Présidentiel
Nous savons que le problème principal de la région est le problème Kurde et la répression exercée sur le peuple Kurde renforce sévèrement la base anti-démocratique de la région. A contrario, la résolution du problème Kurde pourrait jouer un rôle de catalyseur pour démocratiser de cette région. C'est pour cette raison que la résolution démocratique du problème kurde sera décisive pour la démocratisation à l’échelle de la région.
Nous avons, en tant que mouvement, fait, dans ce sens, beaucoup d'efforts et beaucoup de sacrifices, et notre Leader, à plusieurs reprises, a développé des projets et lancé des appels. Nos efforts n’ont pas obtenu les résultats escomptés mais ont créé d'importantes avancées dans la compréhension et la popularisation du problème kurde, notamment en 2003, quand la population kurde a entrepris de résister aux attaques du gouvernement turc de façon telle que sa résistance devint un sujet d'actualité en Turquie. Durant ces deux dernières années, notre Mouvement de Liberté s'est renforcé, dans son organisation même, avec toutes ces activités démocratiques, ainsi que dans le mouvement de la guérilla, au point de contrer très sérieusement la politique négativiste et de destruction totale mise en place par l’Etat turc. Les luttes de libération du Kurdistan Est et Ouest ont permis, en parallèle, à la population du Kurdistan Nord de s'opposer fortement aux gouvernements Iranien et Syrien et les avancées dans les quatre parties du Kurdistan ont mis les Kurdes en état de pouvoir influencer et rééquilibrer les politiques internationales à l'égard de cette région.
Les relations entre Kurdes et Turcs sont devenues un sujet important dans la région et la question du problème kurde s’est imposée à l’actualité internationale. C’est dans ce cadre que différentes forces ont fait des déclarations et des appels relatifs à la solution du problème. Il y eut, d’abord, la déclaration des Etats Unis du 15 Août, puis les appels aux cessez-le-feu ou à rendre les armes de différentes instances ou organisations internationales, de la République fédérale d’Irak, du gouvernement régional du Kurdistan du sud et de son entourage, et ce, à plusieurs reprises. En Turquie, certaines organisations, et premier lieu le DTP, diverses personnalités intellectuelles, des écrivains, des musiciens, ont également lancé à plusieurs reprise des appels aux cessez le feu. Tous ces appels nous sont parvenus par voie de presse ou différents canaux diplomatiques.
Notre Leader a tenu compte de ces évolutions et fait une importante déclaration que notre mouvement a diffusé le 23 Août 2006 marquant ainsi le début d'un processus de solution démocratique. A la suite de cette déclaration, un certain nombre d'appels et d'entretiens ont permis d'accélérer avec succès l'entrée dans une nouvelle période de paix, conformément à l'appel au cessez le feu que notre Leader avait envoyé à notre mouvement, et qui ne fut dévoilé au public que le 7 septembre 2006.
En conséquence, la reprise militaire qui devait se faire le 15 septembre 2006 selon le Plan d’Automne mis au point par le HPG (mouvement de défense populaire) a été suspendue et sur demande de la présidence du conseil exécutif de Koma Komalên Kurdistan (Confédération Démocratique du Kurdistan), la 1ère réunion de l’assemblée de la 2nd année législative s'est tenue les 24-25 septembre 2006, réunissant la présidence du Kongra-Gel, les commissions permanentes, le conseil exécutif de Koma Komalên Kurdistan, le comité de défense populaire et le conseil de commandement du HPG, avec, comme seul point à l'ordre du jour, l’appel de notre Leader Abdullah Öcalan. Après discussion, nous sommes arrivés à prendre les décisions ci-dessous de façon consensuelle.
- Le cessez-le-feu rentrera en vigueur à compter du 1er octobre 2006 et la durée continuera en fonction de l'évolution de la situation.
- L'utilisation des armes sera prohibée sauf en cas de menaces de destruction de nos forces. Si le cas se produisait, nos forces se mettraient en position d'autodéfense sous toutes formes.
- Tout au long de la période du cessez-le-feu, le HPG s'abstiendra d'actions militaires en dehors de ses besoins logistiques et sa sécurité de base.
- Compte tenu de cette décision, le commandement du HPG adoptera un positionnement de ses forces, un mode opératoire et un programme en conformité avec la situation d'un cessez-le-feu.
- De même, les cadres, les organisations et instituts du Mouvement pour la Liberté et la Démocratie du Kurdistan adapteront, sur le plan idéologique, politique, organisationnel et social, leur logistique, leurs travaux et leurs activités, afin de mettre tout en œuvre pour faire, de cette période du cessez le feu, un succès.
- Cette décision engage toutes les forces rattachées à Koma Komalên Kurdistan. Chacun participera, par une attitude volontaire et dans un effort intense, au succès de l'opération.
C'est à la suite de ces décisions, prises lors de notre réunion, qu'APO, le Leader du Koma Komalên Kurdistan, fit, le 28 Septembre 2006, cette déclaration destinée à notre mouvement et à l'opinion publique : "Je déclare que je suis près à faire tout ce qui est possible et j'appelle donc le PKK à décréter un cessez-le-feu. La période durant ce cessez-le-feu sera importante mais restera insuffisante. En réalité c’est après cette étape qu'il y aura beaucoup de choses à faire "
Toutes nos organisations nationales ont, après explications, ratifié les résolutions que nous avons adoptées officiellement lors de notre réunion.
Les déclarations extrêmement claires de notre Leader Abdullah Öcalan et de notre mouvement s'imposent à toutes nos organisations nationales démocratiques. Ceci concerne aussi toutes les forces nationales démocratiques. Autrement dit, ceux qui sont en dehors de notre organisation, qui prétendent agir au nom de la population Kurde et qui se disent fidèles à notre Leader Abdullah Öcalan, toutes ces forces armées qui se tiennent en dehors de notre mouvement, devront se soumettre à l’appel de notre Leader Abdullah Öcalan.
Ceux qui ne prendraient pas compte notre appel, et qui nuiraient aux intérêts et à la cause de notre peuple, doivent savoir qu'ils s'exposent à une sanction de notre part, au niveau national.
Notre peuple qui a fait évoluer avec succès sa lutte pour la liberté, qui a fait beaucoup d’efforts et de sacrifices, devra s’approprier ce processus de cessez-le-feu de façon décisive, pour obtenir une solution démocratique dans une union libre. Ce processus devra donc être perçu comme une revendication très forte et exprimée comme telle. Notre peuple devra, en toute lucidité, faire preuve de persévérance, sachant que ce choix est celui de la paix.
Nous ferons notre devoir pour travailler à la création d’une vie dans une union démocratique libre et pour trouver une solution au sein des frontières de la Turquie. Par contre, notre peuple, comme toujours dans son Histoire, ne baissera jamais la tête devant une politique faite de négationnisme et de violence et saura, s’il le faut, se défendre. Le pas fait par un cessez-le-feu est d’une importance historique pour une union durable entre deux peuples. Maintenant nous avons une occasion pour la paix et nous voulons la mettre en valeur. Par contre ceux qui veulent allumer un incendie et créer un sentiment d'hostilité entre les peuples, ceux qui sont du côté de la guerre, les nationalistes et les chauvinistes, créent une dangereuse alternative. C’est pour ces raisons que toutes les organisations démocratiques, les milieux proches, les organes de presse et de diffusion, les intellectuels, les artistes, tous les secteurs sensibles doivent s’approprier cette trêve que nous venons de lancer, et ne pas rester inactifs : ils doivent faire aussi leur devoir.
Il est clair maintenant que le Gouvernement Turc et son Armée ne peuvent régler le problème Kurde par la violence comme ils ont essayé de le faire tant et tant de fois. La politique du "reddition ou destruction" n'a produit qu'un effet nuisible à notre peuple et une déstabilisation régionale, alors qu'une solution démocratique par le dialogue sera attractive et promotionnelle pour la Turquie qui se doit de répondre positivement à notre cessez-le-feu en le considérant comme une occasion historique à ne pas manquer.
Le succès du cessez-le-feu que nous avons décrété sera bénéfique pour tout le peuple kurde vivant dans les quatre parties du Kurdistan. Il est clair que tant que le problème kurde ne sera pas résolu en Turquie, rien ne sera vraiment résolu de façon durable dans aucune des parties du Kurdistan. Ceci se voit chaque jour encore plus clairement et c'est pour cette raison que le PDK, en premier, le PUK et toutes les forces Kurdes, doivent apporter leur contribution pour que tous ces efforts soient couronnés de succès.
Les gouvernements régionaux comme l’Iran et la Syrie doivent aussi réexaminer leurs positions et s’orienter vers un processus démocratique dont la condition sine qua non est d'établir un modus vivendi pacifique avec le peuple Kurde. Notre processus de cessez-le-feu va avoir une bonne influence sur toute la région, en commençant par ses deux pays –là
Il est clair que le Moyen Orient va, ainsi, retrouver paix et stabilité, et développer une influence rassurante autour de lui. Les USA, en premier lieu, et toutes les forces internationales ne doivent pas utiliser des méthodes violentes pour régler le problème Kurde, mais, au contraire, de se rapprocher d’une solution démocratique, qui favorisera un processus de paix et de stabilité dans la région et même au de-là. Des signaux positifs ont déjà été enregistrés à ce sujet depuis que nous avons décrété le cessez-le-feu. Quant au Gouvernement turc, il est injuste qu'il persiste dans une attitude de violence et qu'il continue à considérer notre mouvement comme une organisation terroriste alors que nous multiplions les appels à la démocratie et au dialogue. Cette politique menée depuis de dizaines d’années par le Gouvernement Turc qui est la cause de nombreux massacres, d'exodes etc … n'a donné aucun résultat, et l'a conduit dans l’impasse.
C’est pour cette raison que les Gouvernements qui ont pris place dans le "mécanisme à trois" et qui ont placé "les coordinateurs en relation avec le PKK", ne doivent pas considérer notre mouvement en tant qu'association terroriste, et doivent éviter de mettre en place des plans de liquidation. Il est clair qu’il est impossible de résoudre le problème par la violence comme tant d'exemples l'ont démontré dans le passé. Ce mécanisme doit être actualisé en prenant en compte le projet d'une solution démocratique, ce qui serait le meilleur chemin. Les Etats Unis, en premier lieu, mais aussi le gouvernement Irakien, en tant que gouvernement qui connaît bien de l'intérieur le problème kurde, doivent jouer la carte d'une solution pacifique, après que nous ayons décrété le cessez-le-feu.
Nous avons fait, de notre côté, ce que nous devions faire, en appelant à un cessez-le-feu pour favoriser la démocratie et la stabilité. Nous appelons donc les gouvernements concernés et leurs entourages et leur demandons de prendre, à leur tour, leurs responsabilités afin de travailler dans l'intérêt de tous, y compris ceux de la population kurde, dans le cadre de ce projet juste et démocratique.
23:00 Publié dans Kurdistan - Actualité politique | Lien permanent | Envoyer cette note
Le procès de 56 "seigneurs de la Paix" devant la cour de justice de Diyarbakir
Les maires de Diyarbakir et de Hakkari particulièrement visés
Ce ne sont pas de dangereux terroristes qui ont posé des bombes ou commandité des attentats suicides, mais 56 maires kurdes, du principal parti pro kurde, le Parti pour une Société Démocratique (D.T.P.), élus pour la plupart à une écrasante majorité et adeptes déclarés d'une démocratie locale participative dans une région qui soutient globalement ceux qui luttent pour la reconnaissance de leur identité et pour la liberté d'expression, qu'elle soit culturelle ou politique.
56 "seigneurs de la paix" pour reprendre le titre du dernier ouvrage de l'écrivain journaliste breton, Roger Faligot. "Grâce à eux, la guerre recule" : cette phrase ornant la jaquette du livre pourrait s'appliquer à ces maires militants de la liberté et de la paix.
56 maires qui sont traduits aujourd'hui devant la justice pour avoir défendu ROJ TV, chaîne de télévision kurde qui émet depuis Copenhague.
ROJ TV, dans ce contexte, est plus qu'une chaîne de télévision kurde en exil, c'est véritablement un symbole de ce combat engagé avec des moyens politiques et pacifiques : malgré les pressions turques et américaines, l'instance danoise de surveillance de l'audiovisuel a estimé que les programmes ne contenaient pas d'incitation à la haine, alors que le gouvernement turc, lui, affirme le contraire au motif que ROJ TV soutiendrait une organisation "terroriste".
Les 56 maires ont signé une lettre collective exhortant les autorités danoises à résister aux demandes de fermeture de la chaîne et, aujourd'hui, devant le tribunal, ils signent et persistent.
Deux d'entre eux sont particulièrement visés : les maires de Diyarbakir et de Hakkari.
Osman Baydemir, avocat, maire de Diyarbakir et président de l'Union des maires du Sud est anatolien (G.A.B.B.) qui fut, auparavant, président de la section régionale de Diyarbakir de l'association turque de défense des droits de l'homme, I.H.D., affiliée à la F.I.D.H., est la "bête noire" du régime : Il encourt, dans un autre procès intenté contre lui, 10 ans de prison au motif qu'il aurait fait l'éloge du P.K.K. et de la guérilla après les émeutes de Diyarbakir, en mai dernier, alors que son rôle de modérateur a été remarqué par tous les observateurs. On ne compte plus les menaces de mort dont il est l'objet mais son aura à l'étranger et dans la population le protège pour l'instant : le New Anatolian le considère, après son voyage aux Etats Unis, comme un interlocuteur "têtu" mais respecté.
Metin Tekçe, maire de Hakkari, cette "capitale" d'une province montagneuse, à l'extrémité de la Turquie, aux frontières de l'Iran et de l'Irak, qui se trouve, géographiquement et politiquement, au centre de la question kurde, est lui aussi "dans le collimateur" après l'affaire de Semdinli où des éléments des forces militaires turques ont été pris, "la main dans le sac", à commettre un attentat meurtrier qui fit plusieurs victimes.
Metin Tekçe, répondant à une question de la commission d'enquête, aurait déclaré : "à votre question, je réponds que le Parti des ouvriers du Kurdistan (PKK) n'est pas une organisation terroriste. C'est juste une organisation qui défend les droits de ceux qui travaillent pour une solution pacifique au problème kurde", et il aurait ajouté : "je ne suis pas fier de ma turquitude. Je suis un citoyen de la Turquie et fier de l'être, mais pas de ma turquitude parce que je ne suis pas turc. Je suis kurde, comme d'autres sont laz ou grecs et qui sont aussi citoyens turcs, faisant également partie du peuple de la Turquie. Je suis fier d'être un citoyen de la Turquie".
Metin Tekçe était venu en Bretagne, en décembre dernier, défendre un projet de centre municipal de soins et d'éducation pour les femmes, notamment "les exilées de l'intérieur" et avait été reçu par Christian Guyonvarc'h, Vice Président du Conseil Régional de Bretagne, Edmond Hervé, maire de Rennes, François Cuillandre, maire de Brest, Yolande Boyer, sénatrice –maire de Châteaulin et Monique Prévost, maire de Douarnenez.
Aujourd'hui il déclare craindre pour sa sécurité après une démonstration de force des militaires turcs dans sa ville et la provocation du chef d’Etat major, Ilker Basbug qui a déclaré : "dans la ville de Hakkari se trouvent certains microbes qui doivent être nettoyés "
Ce procès est donc emblématique dans un contexte particulièrement agité et complexe.
L'armée turque défie l'Union Européenne qui lui reproche de s'immiscer dans la vie politique du pays mais n'est pas désavoué par le gouvernement turc qui, dit-on, voudrait se démarquer des faucons qui se trouvent à la tête de l'Etat major des armées, mais qui, une fois de plus, rejette l'appel à la trêve lancé par Abdullah ÖCALAN, leader incontournable du Parti des Travailleurs du Kurdistan, (P.K.K.).
Le Conseil exécutif du K.K.K. (Confédération Démocratique du Kurdistan) réunissant les forces armées et politiques en assemblée générale, a, lors d'une longue déclaration solennelle, décréter le cessez-le-feu à compter du 1° octobre 2006.
Ce cessez le feu négocié sans doute avec le président irakien Jalal Talabani, d'origine kurde, lors de contacts avec le PKK, était attendu par la population kurde et ses représentants, le Parti pour une société Démocratique qui s'est réjoui de l'appel à une trêve, exhortant, en vain, Ankara à ne pas l'ignorer et à saisir, pour l'arrêt du conflit armé, cette opportunité qui a l'aval des diplomaties américaine et européenne.
Le parlement européen, dans son rapport adopté le 27 septembre, tacle sévèrement ce gouvernement qui plonge la Turquie, candidate à l'adhésion à l'Union Européenne, dans l'impasse politique : à un an de l'élection présidentielle, aucune mesure pour sortir du conflit n'est inscrit dans son agenda.
Le texte adopté estime, par exemple, que les progrès accomplis en matière de liberté d'expression restent loin d'être satisfaisants et que la loi turque anti-terreur récemment adoptée est en particulier contraire à l'avis du rapporteur spécial sur le terrorisme du Conseil des droits de l'homme des Nations unies et sape les réformes antérieures en matière de libertés fondamentales et de droits de la personne. Il invite également la Turquie à abaisser le seuil de représentativité à la Grande Assemblée (Parlement turc) afin de permettre une représentation des minorités. Sur la question kurde proprement dite le rapport exprime la profonde préoccupation du parlement européen en ce qui concerne l'affaire Semdinli, se félicite de l'appel lancé récemment par le DTP (Parti pro kurde auquel appartiennent, rappelons-le, les 56 accusés) en faveur d'un cessez-le-feu et de négociations politiques en ce qui concerne le conflit dans le sud-est, et demande au PKK d'y répondre favorablement. Il demande au gouvernement turc de rechercher une solution démocratique à la question kurde, de procéder à des investissements en faveur du développement socio-économique du sud-est et d'engager un dialogue constructif avec les interlocuteurs pacifiques.
Dans le même temps, des bruits de bottes et une forte odeur de pétrole venant de Kirkouk, au Kurdistan irakien, inquiètent.
Une délégation de députés turcs, en visite dans cette ville, a exprimé mardi, note une dépêche de l'AFP, son soutien à la minorité turkmène d'Irak et mis en garde les Kurdes contre leurs visées sur la riche région pétrolière de Kirkouk : "La Turquie est désireuse de préserver l'intégrité de l'Irak, mais il est de notre droit, en tant que pays voisin, d'avoir une présence en Irak, tout comme les Américains sont présents", a déclaré Turhan Comez au cours d'une conférence de presse. Cette visite des députés turcs intervient deux jours après l'ouverture, au parlement autonome kurde, du débat sur un projet de constitution kurde qui revendique la riche région pétrolière de Kirkouk.
D'un autre côté, Nechirvan Barzani, Premier ministre de la région kurde autonome d'Irak, a affirmé que les Kurdes s'opposeront avec détermination à toute tentative de les priver du droit de développer leur propre industrie pétrolière et a averti que toute ingérence extérieure dans ces affaires ne pourra que raviver les appels à l'indépendance du Kurdistan.
Le parlement autonome kurde a entamé dimanche la lecture d'un projet de constitution kurde dans lequel il revendique notamment la riche région pétrolière de Kirkouk, et s'octroie le droit à l'autodétermination s'il la jugeait justifiée.
Comme on le voit, les grandes manœuvres semblent être commencées et il est temps pour la diplomatie européenne et américaine de trouver une solution politique et pacifique avec les puissances régionales et les représentants des Kurdes vivant en Turquie mais aussi en Irak et en Iran, sous peine de voir s'embraser cette partie moyen orientale du monde.
Dans l'immédiat il faut éviter l'irréparable et arrêter cette parodie de justice qui se déroule à Diyarbakir.
Les Amitiés kurdes de Bretagne lancent un appel à tous les démocrates, et notamment aux élus locaux et nationaux pour qu'ils manifestent leur réprobation auprès des instances politiques turques et interviennent auprès de l'Union Européenne et du gouvernement français pour leur demander de prendre les initiatives appropriées à la défense de ces 56 maires injustement poursuivis.
Les élus, les avocats, les journalistes, les militants des droits humains sont invités à se relayer pour assister aux audiences qui vont se dérouler à Diyarbakir, durant les mois à venir.
Une première délégation va s'envoler pour assister à la séance du 3 octobre prochain.
Rennes le 30 /09/2006
André Métayer
Président des Amitiés kurdes de Bretagne
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