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17.05.2007
Attentat très meurtrier à Makhmur Ville (Kurdistan irakien)
Le Maire, Abdul Rahman, est blessé
Communiqué de l'association marseillaise "Solidarité et liberté" du 14 mai 2007
Triste nouvelle d'hier: un attentat très meurtrier est survenu à Makhmur Ville, blessant notamment notre ami le Maire Abdul Rahman. Cet attentat fait suite à celui d'Erbil, très meurtrier aussi, de la semaine dernière.
Le référendum relatif au rattachement au Kurdistan de la ville de Kirkuk (ville pétrolifère), qui doit avoir lieu avant fin 2007 selon les dispositions de la constitution irakienne de 2005, risque de faire basculer le Kurdistan d'Irak dans la guerre. En effet, au vu du repeuplement kurde de cette ville (qui avait été arabisée par Saddam), le référendum aboutirait à ce rattachement au Kurdistan. Or, s'opposent farouchement à ce rattachement: les arabes chiites et surtout les arabes sunnites (dans les deux cas : population, partis politiques, milices et groupes djihadistes / terroristes, dont Al Qaeda) et les Turkmènes, ces derniers étant soutenus par la Turquie, qui menace en ce moment plus que jamais d'intervenir militairement si nécessaire. La région de Kirkuk est en effet l'une des régions d'Irak les plus riches en pétrole, et toute la question est de savoir si les revenus de ce pétrole vont bénéficier à l'Etat fédéral (où Kurdes et Chiites détiennent principalement le pouvoir, au détriment des Sunnites) ou seulement à "l'Etat fédéré" du Kurdistan d'Irak.
Le risque d'embrasement au Kurdistan est réel et imminent si les Kurdes ne renoncent pas à ce référendum au profit d'une solution négociée avec les deux autres communautés (chiite et sunnite) sur les revenus du pétrole de Kirkuk. En effet, s'ils n'y renoncent pas, compte tenu de l'enjeu financier et des rapports de force actuels, adieu la paix ; et de plus, il n'est pas certain que les Américains ne les laissent pas tomber, une fois de plus dans l'Histoire (dans cette hypothèse, ils ne tiendront pas longtemps contre tous: adieu l'expérience unique d'un Kurdistan autonome si chèrement gagnée).
Ankara craint que le rattachement de Kirkuk à la zone autonome kurde irakienne ne donne à celle-ci des moyens financiers suffisants pour proclamer son indépendance, une situation qui pourrait, selon les autorités turques, encourager le sécessionnisme des Kurdes de Turquie.
M. Barzani a par ailleurs souligné son refus de reporter le référendum sur ce rattachement de Kirkuk, estimant qu'il y avait "une sorte de complot contre les Kurdes pour retarder" cette consultation, prévue pour se tenir avant la fin 2007.
11:10 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note




