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29.05.2007
Les Kurdes ont obtenu satisfaction : des experts du Conseil de l'Europe ont examiné Öcalan dans sa prison turque
Après 39 jours de grève de la faim et plusieurs rassemblements militants devant le Parlement européen de Strasbourg, les Kurdes avaient obtenu, le 19 mai dernier, la promesse de Terry Davis, Secrétaire général du Conseil de l’Europe, d'entreprendre des actions opportunes et d'envoyer une délégation de médecins indépendants sur l’île-prison d’Imrali pour procéder à un examen médical complet du leader du PKK, Abdullah Öcalan, dont l'état de santé avait soulevé une très forte inquiétude mêlée de colère à peine contenue à la suite d'un rapport faisant état d'un empoisonnement dû à l'ingestion de métaux toxiques.
L'accusation de tentative d'empoisonnement reposait sur les résultats d'analyse faites par un éminent toxicologue, Pascal Kintz, Président de la Société française de Toxicologie, l’un des experts en médecine légale les plus réputés du monde, à l’origine de nouvelles techniques d’analyse, notamment du cheveu, qui ont contribué à sa renommée, qui a créé son propre laboratoire spécialisé en expertises judiciaires et dans la toxicologie de l’environnement.
Sauf à démontrer que les cheveux analysés n'étaient pas ceux d'Öcalan, il était difficile de ne pas entendre la demande kurde.
C'est chose faite : "une délégation du Comité pour la prévention de la torture (CPT) s'est rendue les 20 et 21 mai à la prison turque d'Imrali pour y examiner l'état de santé du seul détenu de l'établissement, le leader du PKK Abdullah Öcalan," a annoncé vendredi à Strasbourg le Conseil de l'Europe. "Dimanche et lundi derniers, la délégation du CPT a examiné l'état de santé d'Öcalan ainsi que ses conditions de détention et la mise en oeuvre pratique de son droit à recevoir des visites. Elle a rencontré mardi le ministre turc de la Justice, Fahri Kasirga, et lui a communiqué ses observations préliminaires, indique le Conseil de l'Europe sans autre précision." (AFP 25/05/07).
Rappelons qu’Abdullah Öcalan purge depuis 1999 une peine pour "séparatisme" et que la Cour européenne des droits de l'homme, confirmant en appel, en mai 2005, le caractère inéquitable du procès, a recommandé à la Turquie de le rejuger.
André Métayer
18:06 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note
23.05.2007
A la demande d'Abdullah Öcalan, les 18 Kurdes, grévistes de la faim depuis 38 jours, décident de mettre un terme à leur action
Suite au rapport d'analyse d'un éminent toxicologue français, Pascal KINTZ, faisant état d'un empoissonnement vraisemblablement dû à l'ingestion de métaux toxiques, mettant en péril la santé et la vie Abdulhah ÖCALAN, Président du Parti des Travailleurs du Kurdistan, emprisonné depuis le 15 février 1999 dans l'île –prison de haute sécurité d'Imrali, dans des conditions d'isolement particulièrement cruelle, une émotion très forte, teintée de colère et d’inquiétude, ressentie dans l’ensemble de la population kurde et des cercles amis, s'est traduite par des manifestations, notamment à Strasbourg et Rennes, et par une pétition internationale, récoltant plus de 100.000 signatures, demandant au Conseil de l'Europe d'intervenir auprès du Comité pour la Prévention de la Torture (CPT) afin d'envoyer une délégation de médecins indépendants sur l’île-prison d’Imrali pour procéder à un examen médical complet d'Abdullah Öcalan.
D'autre part, depuis le 11 avril, 18 Kurdes, parmi lesquels Remzi Kartal (qui fut député kurde du parti DEP) et d’autres responsables d'organisations kurdes en Europe, observaient à Strasbourg, dans la Maison des Kurdes, une grève de la faim, accompagnés par près de 500 de leurs compatriotes qui se sont relayés régulièrement, tous les 5 jours.
Les contacts furent nombreux, durant cette période avec les députés européens, des membres du Conseil de l’Europe et des responsables du CPT, pour demander d'agir en vue d'envoyer une délégation à Imrali.
Prenant acte des déclarations du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, assurant que le “Comité pour la Prévention de la Torture (CPT) suit de près l’affaire" et qu'il “entreprendra les actions opportunes à cet égard”, et à la demande d'Öcalan, lui-même qui souhaite "qu’ils résistent vivant", refusant "qu’ils mettent en péril leur santé", les grévistes de la faim ont décidé de mettre un terme à leur action.
"Les promesses obtenues, durant la grève, conclut le communiqué du 19 mai 2007 des grévistes de la faim de Strasbourg, tant des parlementaires européens avec qui nous avons eu des contacts directs ou indirects, que du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, les messages encourageants du CPT ainsi que l’attitude positive de la Préfecture de Strasbourg ont renforcé notre conviction qu'une délégation sera envoyée au plus vite à Imrali, et nous attendons, à présent, des actes concrets de tous les intéressés, conformément à leurs promesses et leurs messages optimistes. Nous serons, à cet égard extrêmement vigilants."
Rennes le 19/05/07
André Métayer
08:29 Publié dans Kurdistan - Actualité politique | Lien permanent | Envoyer cette note
17.05.2007
Attentat très meurtrier à Makhmur Ville (Kurdistan irakien)
Le Maire, Abdul Rahman, est blessé
Communiqué de l'association marseillaise "Solidarité et liberté" du 14 mai 2007
Triste nouvelle d'hier: un attentat très meurtrier est survenu à Makhmur Ville, blessant notamment notre ami le Maire Abdul Rahman. Cet attentat fait suite à celui d'Erbil, très meurtrier aussi, de la semaine dernière.
Le référendum relatif au rattachement au Kurdistan de la ville de Kirkuk (ville pétrolifère), qui doit avoir lieu avant fin 2007 selon les dispositions de la constitution irakienne de 2005, risque de faire basculer le Kurdistan d'Irak dans la guerre. En effet, au vu du repeuplement kurde de cette ville (qui avait été arabisée par Saddam), le référendum aboutirait à ce rattachement au Kurdistan. Or, s'opposent farouchement à ce rattachement: les arabes chiites et surtout les arabes sunnites (dans les deux cas : population, partis politiques, milices et groupes djihadistes / terroristes, dont Al Qaeda) et les Turkmènes, ces derniers étant soutenus par la Turquie, qui menace en ce moment plus que jamais d'intervenir militairement si nécessaire. La région de Kirkuk est en effet l'une des régions d'Irak les plus riches en pétrole, et toute la question est de savoir si les revenus de ce pétrole vont bénéficier à l'Etat fédéral (où Kurdes et Chiites détiennent principalement le pouvoir, au détriment des Sunnites) ou seulement à "l'Etat fédéré" du Kurdistan d'Irak.
Le risque d'embrasement au Kurdistan est réel et imminent si les Kurdes ne renoncent pas à ce référendum au profit d'une solution négociée avec les deux autres communautés (chiite et sunnite) sur les revenus du pétrole de Kirkuk. En effet, s'ils n'y renoncent pas, compte tenu de l'enjeu financier et des rapports de force actuels, adieu la paix ; et de plus, il n'est pas certain que les Américains ne les laissent pas tomber, une fois de plus dans l'Histoire (dans cette hypothèse, ils ne tiendront pas longtemps contre tous: adieu l'expérience unique d'un Kurdistan autonome si chèrement gagnée).
Ankara craint que le rattachement de Kirkuk à la zone autonome kurde irakienne ne donne à celle-ci des moyens financiers suffisants pour proclamer son indépendance, une situation qui pourrait, selon les autorités turques, encourager le sécessionnisme des Kurdes de Turquie.
M. Barzani a par ailleurs souligné son refus de reporter le référendum sur ce rattachement de Kirkuk, estimant qu'il y avait "une sorte de complot contre les Kurdes pour retarder" cette consultation, prévue pour se tenir avant la fin 2007.
11:10 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note
Un drôle de "Pélerin"
Ces articles, d’une valeur historique certaine, sont encore aujourd’hui d’une surprenante actualité : "une guerre oubliée" avec leur interlocuteur irakien de l’époque, c’est à dire le parti Baas de Saddam Hussein. "Démocratie pour l’Irak, autonomie pour le Kurdistan", mais l’accord signé le 11 mars 1970, après dix ans de guerre, vole en éclats et le général Mustapha Barzani, père de Massoud Barzani, Président de l'actuelle région autonome du Kurdistan irakien, reprend le maquis en dénonçant la politique d’arabisation systématique de la région kurde de Kirkuk. Question centrale au parfum pétrolier qui va revenir sur le devant de la scène avec le référendum que Barzani fils entend bien organiser fin 2007 à propos de la question du rattachement de Kirkuk à la région autonome du Kurdistan d’Irak.
"Un peuple sans amis qui luttait pour son indépendance depuis 1920 vient d’être sacrifié une nouvelle fois sur l’autel de la realpolitik" et sa population civile fuit les massacres, prise en étau, dans l’indifférence générale, entre l’Iran du Shah et l’Irak de Saddam qui, par les accords d'Alger du 6 mars 1975, se sont réconciliés à ses dépens… comme en 1937 après le pacte de Saadabad, signé le 8 juillet entre la Turquie, l’Irak, l’Iran et l’Afghanistan, qui prévoit entre autres une coordination de la lutte contre la "subversion kurde".
Et Paul Saint-Vallier de conclure, dans le Pèlerin de 1974 : "les événements d’Irak ne doivent pas faire oublier que le mouvement nationaliste kurde concerne, en fait, l’ensemble d’un peuple écartelé depuis la première Guerre mondiale entre cinq Etats : la Turquie (où le régime d’Istanbul soumet toujours ceux qu’il appelle les Turcs des montagnes à une dure répression), l’Iran, la Syrie (où est prônée la disparition pure et simple des Kurdes) et l’Union soviétique".
Un peuple sans amis ? Pas tout à fait. Il y a en Bretagne, en France, en Europe, des hommes et des femmes qui ont compris que défendre les droits légitimes des Kurdes, avec qui les Amitiés kurdes de Bretagne tissent des liens… amicaux, c'est défendre les droits fondamentaux de la démocratie.
André Métayer
11:00 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Envoyer cette note
06.05.2007
Abdulhah ÖCALAN est-il victime d'un empoisonnement ?
Les Kurdes de Rennes et de Bretagne manifestent leur inquiétude
Les Kurdes de Rennes et de Bretagne manifestent leur inquiétude après la publication de rapports toxicologiques faisant état, selon les avocats d’Abdulhah ÖCALAN, leur leader emprisonné depuis le 15 février 1999 dans l'île–prison de haute sécurité d'Imrali dans des conditions d'isolement particulièrement cruelles, d'un empoisonnement vraisemblablement dû à l'ingestion de métaux toxiques et mettant en péril sa santé et sa vie.
Quatre d'entre eux ont d'ailleurs participé à la grève de la faim qui se poursuit à Strasbourg, organisée par le Congrès National du Kurdistan, la Confédération des Associations Kurdes en Europe et toute la communauté kurde en Europe.
A l'appel du Centre culturel de Mésopotamie, plus de 300 Kurdes de Rennes et de Bretagne, accompagnés de nombreux amis rennais, se sont réunis samedi 5 mai pour demander de soutenir l'action de ces représentants kurdes et d'exercer les pressions nécessaires sur les institutions européennes pour obtenir l'envoi d'une délégation de médecins indépendants sur l’île-prison d’Imrali.
Partie à 17h30 de la dalle du Colombier, la manifestation s'est déroulée dans de parfaites conditions jusqu'à la place de la Mairie et s'est conclue par les prises de parole.
12:25 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Envoyer cette note




