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30.08.2007

Question kurde : la question de la question

Des élus bretons (députés, sénateurs, président du Conseil régional de Bretagne, présidents de conseils généraux, maires, conseiller généraux et régionaux) sont intervenus en faveur des 53 maires kurdes poursuivis injustement par les autorités judiciaires de Turquie au motif qu'en défendant une chaîne de télévision en exil ils apporteraient "un soutien volontaire et délibéré à un organisme illégal", ROJTV, qualifiée "d'organe de propagande".
 
Organe de propagande ? Tel n'est pas l'avis du Conseil de la radio et de la télévision du Danemark qui estime que les séquences mises en cause par le RTSC turc ressemblent en tous points à des séquences d’information ou à des débats dans lesquels les informations et les points de vue sont retransmis dans le cadre d’émission dont la vocation est d'informer ou de débattre. 

Il est à noter, hélas, que ce n'est pas le seul procès intenté contre des élus du peuple et contre les cadres d'un parti légal pro-kurde, le DTP, Parti pour une Société Démocratique : le rapport de l'association turque des droits de l'homme, (IHD) ne relève pas moins, pour la période allant de janvier 2006 à juin 2007, de 33 enquêtes, poursuites, plaintes ou condamnations touchant des maires ou des cadres du DTP pour des motifs en rapport avec l'emploi de la langue kurde.

Que dire du "respect du patrimoine culturel et des particularismes identitaires" que contiendrait le cadre des réformes mises en œuvre par la Turquie au moment où l'Etat signe un prêt d'1,2 milliard d'euros pour la construction d'un barrage qui va engloutir le site historique pluri-millénaire de Hasankeyf, renfermant des trésors archéologiques appartenant aux civilisations assyrienne, romaine et ottomane ? 

Que dire de la liberté de publier et de diffuser en langue kurde quand les entraves à la liberté d'enseigner et de diffuser emprisonnent les structures dans des carcans administratifs et traînent les acteurs devant les tribunaux ?

Osman Baydemir n'est-il pas poursuivi pour avoir envoyé, en tant que Maire de la ville de Diyarbakir, des cartes de vœux rédigées en kurde, en turc et en anglais, et le maire d'arrondissement de Diyarbakir centre, Abdullah Demirbas, -et son conseil municipal – ne viennent-ils pas d'être destitués par le Conseil d'Etat de Turquie au motif d'avoir institué le multilinguisme (turc, kurde, arabe, syriaque) dans les services municipaux ? 

En ce qui concerne les droits politiques, rappelons que les partis politiques pro-kurdes précédant le DTP ont été successivement reconnus et… interdits, et que de nombreuses plaintes font état des entraves mises à la campagne électorale des candidats DTP, à commencer par la mise en examen préventive et l'incarcération de cadres du DTP parmi lesquels Sebahat Tuncel, porte-parole de la section des femmes du DTP d'Istanbul, élue députée et passant donc directement de la prison, où elle était écrouée depuis novembre 2006, au Parlement de Turquie.

La Turquie va-t-elle continuer à nier la question kurde et à refuser d'ouvrir des négociations avec tous les représentants de la cause kurde, qu'ils soient combattants ou non, tous qualifiés de "terroristes" ? Peut-elle continuer à ignorer leurs nombreux appels à une paix négociée qui accorderait aux Kurdes des droits culturels et politiques dans le respect des frontières existantes ? C'est la question. 

Peut-on continuer à appeler "terroristes" des combattants, revêtus d'uniformes, clairement identifiés comme les forces armées du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), signataire de la Convention de Genève depuis le 24 janvier 1995, qui revendique sa lutte armée mais dénonce les attentats qu'on lui impute abusivement et qui sont parfois, comme ceux du 9 novembre 2005 à Şemdinli, l'œuvre de l'armée turque elle-même ou de "l'Etat profond" ? C'est la question de la question.

2ea2cde806d4b702c2188ba36a5a9df0.jpgMetin Tekçe, le courageux maire de Hakkari, a eu le mérite d'y répondre clairement devant ses juges : " les quelques deux millions de personnes qui forment la base de notre parti soutiennent dans le même temps les propositions du PKK en faveur d’une résolution démocratique du problème kurde. Et pour cette raison les électeurs de notre parti ne considèrent pas le PKK comme une organisation terroriste… Une grande majorité des habitants de Hakkari a des enfants au sein du PKK. Et on ne peut, par conséquent, attendre d’eux qu’ils traitent leurs propres enfants de terroristes". 

L'argumentation qui repose sur l'accusation de "séparatisme" ou de "collusion avec une organisation terroriste" - c'est-à-dire le PKK - est confortée par le fait que les Etats-Unis et l'Union européenne ont, pour des raisons d'opportunité conjoncturelles, inscrit cette organisation dans la liste des organisations terroristes.

Appel est lancé à l'Union européenne pour qu'elle revoie sa copie.

André Métayer
Président des Amitiés kurdes de Bretagne

15.08.2007

Un représentant du PDK déclare que le PKK n’est pas une organisation terroriste

Le représentant en Turquie de l’administration kurde du nord de l’Irak et du leader du PDK Massoud Barzani a déclaré dimanche qu’ils ne considéraient pas le PKK comme une organisation terroriste.
 
Kadir Eziz, représentant en Turquie du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Barzani, a déclaré que les Kurdes d’Irak n’entreront pas en conflit avec le PKK, malgré les engagements de la semaine dernière du Premier Ministre irakien d’éradiquer le PKK dans le nord de l’Irak, où il a des bases.

Eziz a déclaré que le gouvernement Maliki est en train de s’écrouler et n’est pas en mesure d’obéir aux demandes turques.

Dimanche également le ministre de l’administration kurde et responsable du PDK en charge des peshmergas, Sheih Cafer Sheih Mustafa, a déclaré qu’ils ne pensaient pas que le PKK pourrait être maîtrisé par l’utilisation de la force militaire.

Le problème est politique et la réponse ne peut être que politique, a-t-il déclaré.

(ntvmsnbc.com, 13 Août 2007)

 

08.08.2007

Les Kurdes entrent au Parlement de Turquie avec quelques figures emblématiques, dont Akin Birdal, ancien Vice-Président de la FIDH.

Victoire relative mais victoire quand même pour le DTP (Parti pour une Société Démocratique), parti pro kurde que d’aucuns présentent comme la vitrine légale du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Il a réussit à faire élire, sous le vocable "Mille Espoirs", malgré des obstacles en tout genre, une vingtaine de députés, dont neuf femmes. Ils ont prêté serment ce samedi 4 août 2007 devant la "Grande Assemblée Nationale", le Parlement monocaméral de Turquie, au grand dam des militaires et des ultra-nationalistes d’extrême droite (qu'on trouve aussi au CHP, parti se réclamant de la social-démocratie) qui manifestent déjà leur mauvaise humeur.

Pourtant la victoire n’est pas aussi ample qu’espérée, même si le doute persiste sur quelques sièges perdus, comme celui qui avait été déclaré gagné, puis perdu, par Sabahattin Suğvacı, Président de la section locale DTP de Hakkari. Mais si les nouveaux élus kurdes, qui ont serré la main de leurs adversaires politiques, tiennent des propos plutôt rassurants, affirmant vouloir "travailler à la réconciliation", il n'en reste pas moins qu'ils entendent militer pour un règlement politique de la question kurde et se refusent d'accepter de condamner le PKK comme une organisation terroriste.

En fait, ce qui fait grincer quelques dents, c’est la notoriété de ces nouveaux députés, à commencer par celle de la porte-parole de la section des femmes du DTP, Sebahat Tuncel (Istanbul), incarcérée comme de nombreux autres membres du DTP depuis novembre 2006 : son élection lui apportant l'immunité, elle passe directement de la prison au Parlement.

Il y a aussi Ayse Tugluk (Diyarbakir), avocate d’Öcalan, co-Présidente du DTP avec Ahmet Türk (Mardin). Ce dernier et Sırrı Sakık (Mus) réintègrent une assemblée dont ils avaient été exclus après la dissolution du DEP en 1993, écopant au passage d'une peine de 14 mois d’emprisonnement.

Entre également au Parlement Pervin Buldan (Igdir), née à Hakkari en 1967, qui a vu son mari assassiné en 1993, 2 mois après que Tansu Ciller, alors Première Ministre, ait juré de "punir tous ceux qui finançaient le PKK".

Hasip Kaplan (Sirnak), un des avocats de Leyla Zana, est connu pour avoir fait condamner la Turquie par la Cour européenne des Droits de l'Homme dans une affaire où les forces de sécurité turques étaient accusées d'avoir fait manger des excréments aux villageois de Yesilyurt.

Selahattin Demirtas, un avocat de 34 ans considéré comme un proche de Ayse Tugluk, est Président de la section locale de l’Association turque des Droits de l’Homme de Diyarbakir (IHD), succédant à Osman Baydemir, devenu maire de Diyarbakir. Les deux hommes président ensemble la "Plateforme démocratique" qui organisa en mai 2005 une grande conférence sur le thème de la "Paix au Moyen-Orient".

Notons également Hamit Geylani (Hakkari), avocat, Gulten Kisanak (Diyarbakir), journaliste, Ayala Akat Ata (Batman) et les autres, tous et toutes militants ayant connu, pour la plupart, arrestations, gardes à vue et prisons.

f69b77dbeae25fad3618f025d5cbe44b.jpgMais le plus emblématique reste le Turc Akin Birdal, ancien Président de l’Association turque des Droits de l’Homme (IHD) et Vice-Président de la FIDH, traduit devant la Cour de Sûreté de l'Etat à Ankara pour "encouragement à la discrimination raciale et menaces contre l'unité territoriale de la Turquie". Lors de la 7ème audience, le 14 mars 1994, une délégation de quatre Rennais mandatée par le Maire de Rennes était dans la salle. Le 12 mai 1998, Akin Birdal échappa à une tentative d'assassinat mais, bien que grièvement blessé, il dû néanmoins retourner en prison pour finir de purger sa peine alors que ses agresseurs restaient en liberté. Voyageur infatigable, il fut accueilli à Rennes le 20 avril 2001. Samedi 4 août 2007, son travail de député en faveur de la paix commence.

André Métayer

Liste des 21 député(e)s DTP élu(e)s en 2007 :

  • BATMAN     Ayla AKAT ATA, Bengi YILDIZ
  • BİTLİS   Mehmet Nezir KARABAŞ
  • DİYARBAKIR    Akın BİRDAL, Selahattin DEMİRTAŞ, Gültan KIŞANAK, Aysel TUĞLUK
  • HAKKARI    Hamit GEYLANİ
  • IĞDIR    Pervin BULDAN
  • İSTANBUL    Sebahat TUNCEL
  • MARDİN    Emine AYNA, Ahmet TÜRK
  • MUŞ    Sırrı SAKİK, M. Nuri YAMAN
  • SİİRT    Osman ÖZÇELİK
  • ŞANLIURFA    İbrahim BİNİCİ
  • ŞIRNAK    Sevahir BAYINDIR, Hasip KAPLAN
  • TUNCELİ    Şerafettin HALİS
  • VAN    Fatma KURTULAN, Özdal ÜÇER

04.08.2007

Au Festival de Cinéma de Douarnenez - Vendredi 24 août 2007

EXCLUSIF

Le dernier film de Bahman Ghobadi, pas encore sorti en salle :

Half-Moon (Niwe mung)

Sur le site des Nouvelles d’Arménie : le film iranien banni par Téhéran donne aux femmes et aux Kurdes leur voix.

Sur le site du Monde : "Half Moon"

Sur le site des Echos : Résistance en musique

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