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31.10.2008

Festival du Cinéma kurde de Paris

Du 19 au 25 novembre 2008

La Filmothèque du Quartier Latin,
9 rue Champollion - 75005 PARIS

L’Archipel, 17 bd de Strasbourg - 75010 PARIS

Malgré des difficultés économiques et politiques, les cinéastes kurdes continuent de résister avec leur création cinématographique aux quatre coins du monde et au Kurdistan. La  situation actuelle des kurdes ne nous permet pas de parler d’un cinéma national kurde. Mais un  mouvement d’un cinéma kurde est bien réel. Les bases de ce mouvement ont été fondées par Yilmaz Güney. Un cinéaste qui reste toujours une référence pour les jeunes générations des cinéastes kurdes. Car, ces générations partagent et adhèrent à sa passion de rendre libre l’homme par l’acte de création et de résistance. Le festival du cinéma kurde de Paris est le fruit de ce mouvement cinématographique qui espère donner un souffle à l’acte de création et de résistance des cinéastes kurdes, d’en faire partie et de rendre visible leurs œuvres dont la plupart d’entre eux ne trouvent pas place sur les écrans.

Dans le cadre de l’année européenne du dialogue interculturel, notre festival est labellisé par l’Union européenne. Nous avons décidé d’accueillir à chaque édition les œuvres d’un cinéaste de pays et de cultures différents. Pour cette édition, nous avons choisi le cinéaste arménien de l’époque soviétique Artavazd Péléchian qui demeure une des plus grandes figures du cinéma. Je suis heureux de vous présenter la deuxième édition du FESTIVAL DU CINEMA KURDE DE PARIS en vous souhaitant, à toutes et à tous, de bonnes projections.

Ali Gül DÖNMEZ
Directeur Artistique du Festival du Cinéma kurde de Paris

Vendredi 21 novembre, à l'Archipel, 16h00 : " KURDISTAN: JE REVIENS D’UN PAYS QUI N’EXISTE PAS"  une production de la Délégation Rennaise "Kurdistan" (mars 1998)

Le programme

19.10.2008

"Libérez Öcalan", scande la foule kurde dans les rues de Rennes

La nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre dans les familles kurdes : "notre Président Öcalan a été victime de violences physiques, dans la prison d'imrali"(1) : en moins de 48 heures des manifestations se sont organisées partout, dans différents pays européens dont la France (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Rennes....).

L'AFP signale "qu'une personne a été blessée et de nombreuses autres interpellées lors d'incidents et de manifestations organisées dans le sud-est majoritairement kurde de la Turquie" et "qu'à Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, plus de 5.000 personnes se sont rassemblées dans le centre scandant des slogans en faveur d'Öcalan".

kurde (2).jpgA Rennes, quelques centaines d'hommes, de femmes, et d'enfants sont descendus sur le bitume pour crier leur colère :" toucher au président Öcalan, c'est toucher au peuple tout entier", montrant ainsi que leur attachement est toujours intact à celui qui est incarcéré depuis neuf an.

Ceux qui doutaient de la combativité des Kurdes en seront pour leur frais.

"Libérez Öcalan" pouvait-on entendre, mais aussi : "nous sommes tous PKK"(2).

La manifestation s'est déroulée sans incident.

André Métayer

(1) Le leader kurde a été enlevé le 15 février 1999 au Kenya, à la suite d'une opération que les services secrets américains, israéliens et turcs sont soupçonnés d'avoir diligentée ; condamné à mort, sa peine a été commuée en prison à vie, peine qu'il purge, dans un isolement total, dans l'ils prison d'Imrali (Turquie) où il est le seul détenu .
(2) Parti des Travailleurs du Kurdistan, (organisation interdite).

14.10.2008

Le parrainage d'enfants de famille sans papiers sera-t-il possible demain ? Le préfet menace, la Ville de Rennes passe outre

Les élus de la majorité municipale de Rennes ont renouvelé, samedi 11 octobre, leur action du 1er juillet 2006 en faveur des enfants de famille sans papiers, en prenant l'engagement solennel, de concert avec parrains et marraines de la société civile, « d'accompagner l'enfant et sa famille dans une démarche citoyenne en application des Droits de l'Homme et des principes de solidarité et de fraternité de la République ».

IMG_0213.JPGDaniel Delaveau, Maire de Rennes, a justifié ce geste au nom de la devise républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité" inscrite sur le fronton des édifices publics et partie intégrante du patrimoine français, passant outre l'avertissement du préfet lui rappelant ses « obligations dans l'exercice de ses fonctions », dont la non-observance est passible d'amende ou de peine d'emprisonnement.

Parmi les 25 enfants parrainés se trouvent 16 enfants issus de familles kurdes chassées de leur pays par une guerre qui oppose l'armée turque à la guérilla kurde depuis des décennies et qu'on finit par oublier ; mais ce qui est arrivé le 3 octobre dernier à Semdinli, près de Hakkari, au poste frontière turco-irakien, nous ramène à la réalité : c'est sans doute l'un des coups de main les plus meurtriers tentés par la guérilla kurde et l'un des revers les plus sévères de l'armée turque faisant des dizaines de morts, autant de blessés, mettant aux prises une garnison militaire, appuyée par des hélicoptères de combat cobra et des chasseurs F-16, à une véritable armée - qu'on voudrait faire passer pour une bande de terroristes - forte de plusieurs centaines d'hommes aux dires du correspondant du "Figaro" et appuyée par une artillerie lourde, comme l'avoue l'Etat-major turc. On peut donc s'attendre à une réaction vive du gouvernement turc, poussé par une opinion publique et des médias plus belliqueux que jamais, "quel qu'en soit le prix" comme l'a annoncé le président turc Abdullah Gul.

La passion l'emporte sur la raison et la logique suicidaire de la guerre prend le pas sur celle d'une négociation que la partie kurde appelle de ses vœux et pour laquelle un appui international est indispensable.

Au lieu de jouer les médiateurs, la présidence française de l'Union européenne condamne l'attaque et réitère son soutien au gouvernement turc : la Turquie est un allié qu'il faut ménager et qui tient une place importante dans le dispositif géostratégique des uns et des autres, sans parler des petits ou gros intérêts financiers ; les revendications légitimes du peuple kurde pèsent peu, même si cette sale guerre, potentiellement dangereuse, froisse quelque peu les consciences.

Mesdames et Messieurs nos parlementaires européens, la question posée aujourd'hui n'est plus seulement de savoir si le respect des libertés fondamentales sera assuré dans une Turquie intégrée à l'UE, mais de savoir si l'entrée de la Turquie dans l'Union ne va pas faire reculer l'exercice des libertés fondamentales auxquelles nous tenons ; c'est une question légitime face à la montée d'un islamisme rampant et d'un panturkisme va-t-en-guerre dont on ressent les effets jusqu'ici. L'UE doit se montrer plus ferme pour faire respecter les critères de Copenhague dont l'un porte sur la mise en place d'institutions stables garantissant l'état de droit, la démocratie, les Droits de l'Homme, le respect des minorités et leur protection. Elle peut aussi s'imposer comme un négociateur de paix, comme elle l'a fait pour les Balkans, d'autant plus que les Kurdes, qui ne sont pas séparatistes, ne demandent même pas ce que l'Europe a accordé au Kosovo.

La position de la présidence française de l'UE dans le conflit turko-kurde, la lettre du préfet au maire de Rennes, le procès intenté à trois membres du collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes, le fichier Edvige, la chasse donnée aux familles sans papiers, sont autant de sujets d'inquiétude au regard de notre conception à tous des libertés fondamentales ; "ce qui est particulièrement intolérable", comme l'écrit Madame Chapdelaine, adjointe au Maire de Rennes, ce sont "les expulsions de sans papiers, et notamment de familles dont les enfants sont scolarisés à Rennes, qui mettent en lumière la situation socialement dégradante et humainement insoutenable des plus fragiles et des plus précarisés de nos concitoyens : les migrants sans papiers".

A tout ceci vient s'ajouter le décret du 22 août 2008 modifiant les conditions d’intervention dans les centres de rétention administrative (CRA) quant à l’information et l’exercice des droits des étrangers : la réforme dénature la mission d'assistance réduite à une seule mission d’information de la part "d'opérateurs" à qui la mission d'assistance serait confiée "par voie d’appel d’offres de marchés publics", menace l’exercice des droits fondamentaux des personnes retenues en entravant toute parole publique de témoignage et d’alerte sur certaines situations contraires au respect des droits fondamentaux ! La CIMADE, qui pourtant depuis plus de 60 ans accompagne et défend les migrants et les demandeurs d’asile, en France et à l’international, est devenue "persona non grata". On croit rêver !

André Métayer

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