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23.12.2008

Kadir, un Kurde "breton" détenu à Izmir dans une prison de type F, clame son innocence

"J'aurai voulu vous écrire cette lettre en français moi-même, mais comme je vous écris de la prison, je suis obligé d'utiliser le turc. Si j'en avais eu la possibilité, j'aurais même voulu vous l'écrire avec le peu de breton que je sais. Je m'appelle Abdulkadir DİLSİZ, je suis détenu dans la Prison de type F no 2 de Izmir ; retourné en Turquie après avoir travaillé environ un an à Roj TV en 2004, j'ai, pour cette raison, été arrêté, mis en garde à vue, torturé et incarcéré Manavgat (district d'Antalya) le 04.01.2008. Un procès est ouvert à mon encontre au motif que je serais "membre de l'organisation" (PKK), accusation basée sur le fait que j'ai travaillé à Roj TV il y a 4 ans.
Abdülkadir Dilsizin.jpgJe suis, depuis maintenant près d'un an, détenu injustement, l'accusation "d'appartenance à l'organisation” n'étant fondée sur aucune preuve bien que je fus suivis et écouté pendant plus d'un an.
Mon procès est ouvert et la 3ème audience va se tenir 24.12.2008 devant la 10ème Cour pénale d'Izmir qui va décider de mon sort.
J'ai besoin du soutien de l'opinion publique Internationale et de la presse, et c'est pourquoi j'en appelle à la presse, aux organisations civiles et à toutes les personnes humanistes pour qu'elles viennent assister au procès.
"


Kenavo!
15.11.2008
Abdulkadir DİLSİZ
2 Nolu F Tipi Cezaevi
Kırıklar – Buca
İZMİR


Kadir est connu en Bretagne, où il a résidé, comme un militant, qui, en 1995, avait participé aux manifestations de protestations contre l'arrestation des députés kurdes du DEP (dont Leila Zana), en tant que traducteur, au montage du film de Régis Blanchard, " un hiver à Istanbul", présenté au festival de Douarnenez en 2002 ; ce film est l'histoire de prisonniers politiques menant des grèves de la faim pour protester contre l'isolement cellulaire dans lequel Kadir, ô ironie du sort, se trouve aujourd'hui.
Kadir, c'est l'exemple même du "lampiste" qui, contrairement aux annonces tonitruantes de la presse turque, n'est ni un des membres de haut rang du PKK, ni un des fondateurs de ROJ TV, mais un militant de la cause kurde livré au lynchage médiatique pour avoir travaillé quelques mois à ROJ TV, cette télévision kurde en exil, émettant depuis le Danemark, qui énerve tant la Turquie.
A noter que le gouvernement turc a été débouté de ses plaintes contre ROJ TV, le "C.S.A." danois (le Conseil de la radio et de la télévision) estimant que les émissions, accusées par la Turquie d'être incitatrices à la haine, étaient "en tous points conformes à des séquences d’information ou à des débats dans lesquels les informations et les points de vue sont retransmis dans le cadre d’émission dont la vocation est d'informer ou de débattre". Nous sommes donc loin d'une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.


André Métayer
Président
Amitiés kurdes de Bretagne

Ne laissons pas Leyla Zana retourner en prison

1651474758.pngLeyla Zana a été condamnée à 10 ans de prison par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir pour "fait de propagande envers une organisation (ndlr : le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan), tout en n’étant pas membre".

Rappelons que Leyla Zana, élue en 1991 comme députée de Diyarbakir, arrêtée en 1994, condamnée à 15 ans de prison, libérée en 2004, est très connue en Europe comme militante luttant "contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression" et que son emprisonnement avait suscité de nombreuses protestations.

Leyla Zana avait reçu en 1995, le "Prix pour la liberté de l’esprit", du nom du scientifique et dissident soviétique Andrei Sakharov, créé en 1988 par le Parlement européen pour honorer les personnes ou les organisations qui ont marqué de leur empreinte le combat en faveur des Droits de l’Homme et pour la défense des libertés.

Au nom de la liberté d’expression, ne laissons pas Leyla Zana retourner en prison [SIGNEZ LA PETITION].

Les prises de positions de Leila Zana sont celles d’une femme engagée dans le combat démocratique pour la défense des droits culturels et politiques de son peuple, non pas en prônant le séparatisme mais en plaidant pour l’union des peuples turc et kurde.

Demandons à Abdullah Gül, Président de la République de Turquie et à son premier Ministre, Recep Tayyip Erdogan, d’arrêter les poursuites engagées contre Leyla Zana et de s’engager résolument sur la voie de la démocratie et de la paix.

Demandons à la Grande Assemblée de Turquie (le parlement turc) d’adopter au plus vite un projet de lois réformant fondamentalement un code pénal et un code de procédure pénale qui garantiraient la liberté d’expression et le respect des Droits de l’Homme.

Rennes le 17 décembre 2008

André Métayer
Président

09.12.2008

L'ancienne députée kurde Leyla Zana, Prix Sakharov, condamnée à 10 ans de prison

Leyla Zana a été condamnée à 10 ans de prison par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir pour "fait de propagande envers une organisation (ndlr : le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan), tout en n'étant pas membre".

LZana.pngL'AFP précise :"le tribunal de Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, en majorité peuplé de Kurdes, a estimé que Mme Zana avait violé neuf fois le code pénal et la loi anti-terrorisme en exprimant indirectement dans des discours son soutien au PKK et à son chef emprisonné Abdullah Öcalan".

Me Cabbar Leygara, ancien maire de Baglar, le populeux arrondissement de Diyarbakir, défenseur de Leila Zana, a fait savoir que les droits de la défense avaient été bafoués et qu'il fera appel de cette décision.

Rappelons que Leyla Zana, élue en 1991 comme députée de Diyarbakir, arrêtée en 1994 et condamnée à 15 ans de prison, est très connue en Europe comme militante luttant "contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression" et que son emprisonnement avait suscité de nombreuses protestations.

Sa libération en 2004 avait été saluée par de nombreuses personnalités comme Edmond Hervé, sénateur, alors maire de Rennes, déclarant notamment : "Puisse cette décision conforter la démocratie, le dialogue et le respect des droits de l'Homme"

Leyla Zana avait reçu en 1995 le "Prix pour la liberté de l'esprit", du nom du scientifique et dissident soviétique Andrei Sakharov, créé en 1988 par le Parlement européen pour honorer les personnes ou les organisations qui ont marqué de leur empreinte le combat en faveur des droits de l'Homme et pour la défense des libertés.

Le Prix Sakharov est remis, chaque année, par le président du Parlement européen en session plénière du Parlement, en commémoration du 10 décembre 1948, date de signature de la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies.

Cette année il a été décerné au Chinois Hu Jia, qui a été condamné à trois ans et demi de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat" pour avoir publié des articles sur la situation des droits de l’Homme avant les Jeux olympiques.

An nom de la liberté d'expression, ne laissons pas Leyla Zana retourner en prison.

André Métayer

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