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25.01.2009

10 ans ? 45 ans ? 55 ans? 75 ans pour Leyla Zana? Où va s'arrêter la folie de la justice turque qui poursuit aveuglement la pasionaria kurde?

La justice turque s'est s'appuyée sur l'article 7/2 de la loi anti-terreur pour condamner Madame Leyla Zana à 10 ans de prison et pour réclamer, en appel, 45 ans, 55 ans supplémentaires ou plus – on ne sait plus très bien ! La prochaine audience est fixée au 31 mars 2009 prochain.

En résumé, la condamnation à 10 ans de prison ferme a été prononcée par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir, le 4 décembre 2008, au motif que Mme Zana aurait fait l'éloge du PKK dans neuf discours. C'est pourquoi, en appel, s'agissant de neuf dossiers unifiés, le procureur a demandé 5 ans de prison pour chaque discours (soit 10+45= 55 ans!) mais il semble que la condamnation pourrait être encore plus élevée, le procureur ayant requis des peines supplémentaires pour le contenu du plaidoyer présenté par la défense ayant trait au discours prononcé le 21/03/2007 à Diyarbakir à l'occasion des fêtes du Newroz (nouvel an kurde), ce qui ferait de Leyla Zana, à sa sortie de prison, une vénérable centenaire!

En fait, Leyla Zana, dans ces discours, a demandé d’inclure, dans le processus de Paix, la participation du mouvement rebelle PKK connu sous le nom du Parti des Travailleurs du Kurdistan. : "Je soutiens la résolution pacifique de ces problèmes qui permettra au PKK de renoncer aux armes... Les bombes doivent arrêter de tomber du ciel....Le peuple kurde a confiance dans le PKK qui, lui-même, se déclare prêt à déposer les armes si cessent les attaques qu’il subit, si sont données les garanties nécessaires, si sont reconnus les droits démocratiques". "Les Kurdes ne sont pas passionnément attachés à la guerre, a-t-elle également déclaré, et si un projet venait à être lancé, les deux côtés étant prêts à trouver un accord, il n’y aurait plus, alors, de confrontation armée. Si nous voulons concertation et réconciliation, il faut, alors, s’adresser à tous les Kurdes, et non seulement à certains d’entre eux" (discours prononcé à Londres en mai 2008, - conférence à Westminster).

Bien évidemment les poursuites judiciaires sont essentiellement pour des motifs politiques et on assiste sans doute à une surenchère entre l'AKP au pouvoir, parti islamiste dit modéré, qui tient le pouvoir législatif, et l'Etat "profond" composé de nationalistes "laïques" de gauche (!), de droite et d'extrême droite dont l'influence est prédominante dans l'armée, la police et la justice.

Les élections locales, qui vont se dérouler le 29 mars prochain, vont être d'un enjeu capital, et le DPT (parti pro kurde : Parti pour une Société Démocratique) qui détient déjà 65 villes de la région kurde de Turquie a de fortes chances d'emporter une victoire "historique". Toutefois, les Kurdes craignent toutes les manœuvres d'intimidation, pouvant aller jusqu'aux arrestations et "disparitions", aux fraudes et même aux achats des votes ; c'est pourquoi il demande aux Européens d'envoyer des observateurs.

Avec ce procès, la Turquie a pris Leyla Zana en otage.
Signez, faites signer la pétition initiée par les Amitiés kurdes de Bretagne (AKB) et soutenue par de nombreuses personnalités

Rennes le 24 janvier 2009
André Métayer

05.01.2009

Aberrant ! 45 ans de prison demandés pour punir l'ex-députée kurde Leyla Zana ! La presse turque applaudit.

"Leyla Zana'ya 45 yıl daha hapis istemi" 45 ans de prison requis contre Leyla Zana, titrent tous les journaux turcs en ce début de janvier 2009 !

"Le procureur a décidé de faire appel auprès de la cour de cassation de la condamnation, jugée trop faible, de Leyla Zana qui s'était vue infliger d'une peine à 10 années de prison pour appartenance à une organisation interdite en raison de 9 discours prononcés durant la même année à Diyarbakir, Batman, Bingöl et devant le Parlement Européen. Le procureur demande 5 ans d'emprisonnement par discours prononcé, soit 45 ans de prison".

Avant même cet appel, Dimitrios Papadimoulis, député européen (GUE/NGL) avait posé une question écrite à La commission européenne :  "Mme Leyla Zana, d'origine kurde, lauréate en 1995 du prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le Parlement européen, a été à nouveau incarcérée. Un tribunal de Diyarbakar l'a jugée coupable et lui a infligé une peine de réclusion de dix ans pour infraction à l'article 301 du code pénal turc et à la loi antiterroriste, parce que, dans neuf allocutions qu'elle avait prononcées, elle se serait "indirectement exprimée" en faveur du PKK. Leyla Zana, âgée de 47 ans, a déjà passé dix ans en prison (1994-2004), avec trois autres anciens députés kurdes, pour complot avec le PKK. Le Parlement européen a émis à maintes reprises des résolutions concernant le cas de Leyla Zana, où il a exprimé sa solidarité à son égard. La Commission estime-t-elle que l'article 301 du code pénal turc doit être abrogé? Comment juge-t-elle la situation actuelle des droits de l'homme en Turquie? Quelles mesures entend-elle prendre pour assurer la protection de Leyla Zana?".

Danielle Mitterrand, Présidente de France Libertés ; Michel Rocard, ancien Premier Ministre, Député européen ; Edmond Hervé, ancien Ministre, Sénateur d’Ille-et-Vilaine ; Bernard Poignant, Député européen, Maire de Quimper ; Roselyne Le François, Députée européenne ; Marie-Arlette Carlotti, Députée européenne ; Jean-Louis Tourenne, Président du Conseil général d’Ille-et-Vilaine ; Daniel Delaveau, Maire de Rennes ;  Christian Guyonvarc’h, vice-Président du Conseil régional de Bretagne, ont pris la tête d'une pétition proposée par les Amitiés kurdes de Bretagne pour demander au Président de la République de Turquie, au Premier Ministre et au Président de la Grande Assemblée, de s'opposer à une nouvelle incarcération de Madame Leyla Zana, d’arrêter les poursuites et d’engager résolument la Turquie sur la voie de la démocratie et de la paix.

Nul doute que nombre de personnalités, injoignables durant cette période de fêtes et de congés, vont se joindre à ces premiers signataires connus pour leurs nombreux combats en faveur des droits humains et pour la liberté d'expression.

Tous les amis de Leyla Zana, quelle que soit leur nationalité, tous les amis du peuple kurde, tous les associations, ONG, syndicats, partis politiques, tous les militants pour les droits humains et la liberté d'expression, toute personne qui se sent concernée par cette condamnation inique, sont invités à signer cette pétition dont on peut prendre connaissance en cliquant sur www.amitieskurdesdebretagne.eu

Signez, faites signer la pétition pour s'opposer à une nouvelle incarcération de Leyla Zana, l'ex députée kurde de Diyarbakir, et pour demander à la Turquie de s'engager résolument la voie de la démocratie et de la paix.

André Métayer
Président

04.01.2009

Mariage forcé et violences conjugales : une jeune Kurde dément avoir été enlevée par le PKK

Les agences de presse et les journaux parisiens se sont jetés sur ce fait divers qu'ils voulaient croustillant « Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête sur l'enlèvement le 7 décembre à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) d'une jeune Turque par deux personnes soupçonnées d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a-t-on appris jeudi de source judiciaire. La jeune femme, âgée de 21 ans, a été enlevée le 7 décembre dans l'après-midi dans une rue de Pierrefitte-sur-Seine par un homme et une femme armés, a précisé cette source, confirmant une information du (journal) le Parisien », et, après force détails, la dépêche de la très sérieuse Agence France Presse (AFP : 11-12-2008 à 11:29, parue dans Paris Obs.com) poursuit : « Le parquet de Bobigny s'est dessaisi au profit du parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste. L'enquête sur cet enlèvement a été confiée aux policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) ».

Vous avez bien lu : une source judiciaire confirme qu'il s'agit d'un enlèvement par deux personnes armées et vise immédiatement le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) comme étant le commanditaire. Personne, bien évidemment, n'a cru sérieusement à cette thèse, mais il était tentant de faire porter le chapeau une fois de plus au PKK, qu'on veut diaboliser à tout prix, les démentis ne réparant jamais complètement les effets de la désinformation ; la priorité n'a donc pas été de porter secours à cette jeune femme, ni de dénoncer une pratique encore trop courante en Turquie, celle des mariages forcés, car c'est de cela qu'il s'agit.

Grâce à l'action de militants kurdes, Cemile Demir -c'est son nom- a réussi à fuir sa famille qui l'avait mariée de force à un cousin, un homme violent de surcroit, et à se réfugier en Belgique ; très en colère, son père, résidant à Paris, qui voulait la renvoyer en Turquie, monte la fable de l'enlèvement par le PKK. ! Cemile Demir et son avocat, Me Olivier Stein, que Christophe Lamfalussy, journaliste à La Libre Belgique a rencontrés à Bruxelles(1), s'étonnent à juste titre de la célérité avec laquelle les autorités françaises ont confié cette affaire à la sous-direction antiterroriste du ministère de l'intérieur. Le paradoxe dans cette affaire est que Cemile est toujours en attente de sa demande d'asile, alors qu'elle est en danger : il n'est pas rare, en effet, que des femmes refusant ces pratiques d'un autre âge soient assassinées pour avoir refusé le mariage forcé, ce que d'aucuns osent appeler « des crimes d'honneur » !

André Métayer

(1) « Enlevée » à Paris, retrouvée à Bruxelles, par Christophe Lamfalussy (La libre Belgique, mis en ligne le 24/12/2008)

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