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13.03.2009

"Hepsi Gerçek" (tout est vrai)

"L’Etat turc torture et viole", livre-témoignage d’Eren Keskin, avocate kurde, ex-présidente de l’association turque des droits de l’homme (IHD)

Le livre intitulé "Hepsi Gerçek" (tout est vrai) écrit par Eren Keskin, avocate kurde, est un réquisitoire sévère contre l’Etat turc accusé de faire de la torture, du harcèlement sexuel et du viol une arme pour humilier la victime, la forcer à avouer même les crimes qu’elle n’a pas commis, à dénoncer les personnes présentées comme des "terroristes", même celles appartenant à sa propre famille, et à collaborer aux actions de "basses œuvres" de la contre guérilla.

"Tout est vrai"

Rennes E. Keskin (6).jpgEren Keskin a osé parler sans tabous de choses que, par pudeur, les femmes n’osent aborder, même dans le cercle familial.

A Ahmet (nom d’emprunt), un ami kurde très proche qui avait fait venir à Rennes sa sœur en état de véritable détresse psychologique, après avoir purgée une peine de plusieurs années de détention, précédées d’un certains nombre d’arrestations, de gardes à vue et de harcèlements de toutes sortes, j’avais posé, naguère, la question : " ta sœur a-t-elle été violée ?" –"C’est une question que je n’ai jamais osé lui poser" m’avait répondu cet homme, père de famille, chef d’entreprise, ce frère protecteur qui l’a entourée de toute son affection et qui, avec l’équipe médicale de l’hôpital psychiatrique, lui a rendu la raison et la raison de vivre.

Cette question qu’Ahmet ne pouvait poser à sa sœur, Eren Keskin a osé l’exposer publiquement à Rennes, ce mardi 10 mars, devant un auditoire, se pressant dans une salle comble, composé d’une majorité d’hommes et de femmes kurdes dans un silence impressionnant. Le public français, présent également, était aussi sans voix tant il est, pour lui, inconcevable que de telles pratiques soient encore employées, mais il lui parait encore plus inconcevable qu’une femme, comme le relate Eren Keskin, libérée "faute de preuve" après avoir été violée pendant 66 jours dans les commissariats de Silopi, puisse renoncer à porter plainte au motif qu’elle "ne peut pas faire de la peine à son père" !

Eren Keskin a côtoyé de près la détresse morale de ces femmes lors d’un séjour en prison, en 1995, où elle purgeait une peine de 6 mois de détention pour avoir écrit le mot "KURDISTAN" dans l’un de ces discours qu’elle fut empêchée de prononcer devant le parlement français mais dont elle avait fait parvenir le texte.

Pour venir en aide à ces femmes, et en premier lieu, briser cette "omerta", fruit d’une civilisation féodale qui tolère mariages forcés, crimes d’honneur, harcèlements sexuels, viols de femmes mais aussi traitements discriminatoires et dégradants envers les homosexuels et les transsexuels, Eren Keskin, cette ancienne présidente de l’association turque des droits de l’homme (IHD, affiliée à l’organisation internationale F.I.D.H.) a fondé alors le “Bureau d’aide juridique contre les agressions sexuelles et viols en garde à vue” ; en dix ans c’est plus de 300 femmes qui ont été défendues gratuitement jusque devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Nous avons aussi évoqué avec Eren Keskin l’univers carcéral en Turquie, et ses tristement célèbres prisons de type F où croupit , depuis un an, Kadir, notre ami "kurde breton" injustement poursuivi pour des "crimes " qu’il n’a pas commis

Daniel Delaveau, maire de Rennes, a tenu à recevoir Eren Keskin, cette militante de la cause kurde depuis ses années de lycée, et à saluer celle qui obtint en 2004 le "Prix de la Paix d’Aix-la-Chapelle" pour son combat en faveur des droits humains, celle qui est régulièrement pris à partie dans les médias turcs et menacée de représailles, celle qui doit faire face à pas moins de 21 procédures judiciaires et qui doit écourter son séjour à Rennes, convoquée, aujourd’hui même, pour la énième fois, devant une des Cours de Justice d’Istanbul.

Dans son livre-témoignage de 500 pages, qui mériterait d’être édité en français (appel est lancé) Eren Keskin raconte, sans tabous, les faits, publie les plaintes déposées et, en fac-simile, les réponses reçues des autorités judiciaires et politiques ! Edifiant !

Rennes le 12 mars 2009

André Métayer
Photo Gaël Le Ny

05.03.2009

Mille deux cents signataires s'adressent au Président de la République de Turquie

« Monsieur le Président, Au nom de la liberté d'expression, nous vous demandons de vous opposer à une nouvelle incarcération de Madame Leyla Zana, d'arrêter les poursuites et d'engager résolument la Turquie sur la voie de la démocratie et de la paix. »

La pétition en faveur de Leyla Zana a déjà recueilli mille deux cents signatures, dont celles de Mme Mitterrand, Mgr Gaillot, Michel Rocard, Robert Badinter, Edmond Hervé, Catherine Lalumière, Dominique Voynet, Marie-Georges Buffet, Luisa Morgantini, d'un nombre significatif de parlementaires français et européens, de maires et de conseillers municipaux, de présidents de collectivités territoriales, de conseillers régionaux et généraux, de présidents d'associations, des militants, des citoyens de différents pays européens, dont la liste est consultable en cliquant ici.

Cette initiative en faveur de Leyla Zana n'est pas la seule, tant l'émotion est grande : des intellectuels turcs et kurdes ont aussi lancé une pétition appelant la « Cour de cassation à casser le jugement contre Leyla Zana » et exigeant des parlementaires « de supprimer tous les obstacles juridiques face à liberté d'expression des opinions ».

L'action en faveur de Leyla Zana ne doit pas faire oublier la terrible situation de tous ceux et toutes celles qui sont détenus dans les prisons de type F comme nous le rappelle l'association turque d'aide aux familles des prisonniers politiques (TUHAD) qui nous apprend qu'un détenu s'est taillé les veines après 8 ans de mise en isolement à la prison de type F n° 1 de Kiriklar à Izmir, celle où se trouve notre ami Kadir dont les proches craignent maintenant pour sa santé tant il est difficile de résister psychiquement à de longues périodes d'isolement complet.

Selon le rapport 2008 de l'Association des droits de l'homme de Turquie (IHD) portant sur les violations des droits humains dans les prisons turques, établi sur la base de 3519 plaintes reçues par 29 sections de l'association et couvrant la période entre les 1er janvier et 31 décembre 2008, 37 prisonniers sont décédés et 462 autres, gravement malades, sont privés de soins, comme, par exemple, Mme Sibel KURT (24 ans), détenue à la prison de Gebze et atteinte d'une grave maladie cardiaque : « elle se trouve en danger de mort », écrit La Maison du peuple de Genève qui lance un appel à l'opinion et qui rappelle que le 28 février dernier, Beşir ÖZER, détenu dans la prison de Diyarbakir, est décédé suite à une insuffisance rénale.

Rappelons qu'une soirée de soutien en faveur de Kadir est organisée à Redon, ce vendredi 6 mars à 20 h 15 autour du film "Un hiver à Istanbul" projeté au cinéma Manivel dans le cadre du cycle du cinéma engagé.

03.03.2009

Rennes accueille Eren Keskin, avocate au barreau d’Istanbul, les 9 et 10 mars prochains

Le 8 mars, le monde entier célébrera la Journée internationale de la Femme. Diverses manifestations sont co-organisées par la Ville de Rennes, le Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles. Dans ce cadre, les Amitiés kurdes de Bretagne, en partenariat avec la Maison Internationale de Rennes et avec le soutien de la Ville de Rennes, recevront les 9 et 10 mars prochains Madame Eren Keskin, avocate au barreau d’Istanbul.

Répondant à l’invitation de la Ville de Rennes, Eren Keskin, prix de la Paix d’Aix-la-Chapelle en 2004, viendra témoigner et échanger sur la lutte en faveur des droits des femmes et rencontrer ceux et celles qui sont à ses côtés pour lutter pour la reconnaissance de la dignité des femmes et de leurs droits.

A ce titre, elle sera reçue par Monsieur Daniel Delaveau, Maire de Rennes et Madame Jocelyne Bougeard, adjointe déléguée aux Droits de la Femme et rencontrera les associations de défense des droits des femmes. Elle inscrira ainsi sa visite dans le cours des manifestations organisées autour de la Journée internationale de la femme, organisées par la Ville de Rennes et le Centre d'Information et de Défense des Droits des Femmes et des Familles (CIDFF35).

Elle aura aussi l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec les Kurdes de Rennes et notamment les femmes.

Elle tiendra une conférence publique le 10 Mars à 20h30 à la maison des associations, 6 cours des Alliés, sur le thème « femmes et liberté de pensée en Turquie ».

A travers cette personnalité, c’est le symbole de la lutte pour la dignité de la femme et pour ses droits que Rennes accueillera ces jours de mars.

CONTACTS

Deux points presse seront tenus le lundi 9 mars à 18h15 à la Maison Internationale de Rennes, 7 quai Chateaubriand et le mardi 10 mars à 11h30 au Centre Social des Champs Manceaux, Square Sarah Bernhardt, entre deux rencontres avec la communauté kurde de Rennes.

A ces deux points elle sera à la disposition de la presse écrite, orale et télévisuelle.

Pour plus de précisions prendre attache auprès de Jean-Claude Riou, Amitiés kurdes de Bretagne.
Tél : 0256320665, e-mail : jean_claude.riou@club-internet.fr

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