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23.04.2009
Ils ont signé, elles ont signé la pétition en faveur de Leyla Zana mais la répression anti kurde continue... encore plus féroce
La "mère des Kurdes", un évêque, un ancien Premier Ministre, cinq anciens Ministres, trois candidates à l'élection présidentielle, des députés, des sénateurs, les présidents de conseil généraux, des élus locaux... se trouvent à la tête des soixante personnalités et des 1300 autres signataires de la pétition en faveur de Leyla Zana, condamnée à 10 ans de prison par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir pour délit d’opinion.
Osman BAYDEMIR, maire de Diyarbakir et Président l'Union des Municipalités du sud-est anatolien (G.A.B.B.) et Nejdet ATALAY, maire nouvellement élu de Batman et ancien Président du DTP de Diyarbakir, ont été condamnés, hier, mardi 21 avril, à 10 mois de prison ferme et à la destitution de toutes leurs fonctions publiques ou électives par la 4e chambre du Tribunal des "Hautes peines" de Diyarbakir (cour d'assises) pour les discours prononcés en 2008, lors d'un meeting de protestation contre les opérations militaires. Ali SIMSEK, l'actuel président régional du DTP de Diyarbakir a aussi écopé d'un an ferme. Les avocats ont décidé de faire appel de ces condamnations.
Depuis le succès électoral remporté par le Parti pour une Société Démocratique, le DTP, dans les provinces kurdes, la machine répressive s'emballe et s'abat sur ce parti légal que le pouvoir cherche à décapiter : plus de 300 cadres et élus démocratiquement sont en garde à vue dont, pour le moins, une soixantaine est déjà inculpée et écrouée, parmi laquelle 13 jeunes Kurdes, tous membres de la section des jeunesses DTP.
Que reproche-t-on à tous ces démocrates, à tous ces militants, représentant, dans leur diversité, la grande majorité de ces 12 millions de Kurdes (selon les estimations turques) à 20 millions (selon les affirmations de source kurde) vivant en Turquie du Sud-est ou exilés dans les grandes métropoles turques ou en Allemagne ou dans les autres pays d'Europe ? - "appartenance à une organisation terroriste" (AFP 18 avril) ; "'appartenance au PKK et propagande séparatiste, liens présumés avec les rebelles séparatistes kurdes" (AFP 22 avril) ; on reproche à Leyla Zana d'avoir déclaré à l'Université de Londres (School of Oriental and African Studies) le 24 mai 2008 que le PKK et Öcalan sont aux Kurdes ce que le cerveau et le cœur sont à l'être humain ; elle refuse désormais de se défendre et de cautionner ainsi une parodie de justice ; Osman Baydemir, et son collègue maire de Batman se voient reprocher d'avoir fait l'éloge des rebelles kurdes en les qualifiant de "maquisards".
Que l'AFP, peu suspecte, loin de là, de complaisance avec le PKK, admette dans sa dépêche du 22 avril que les rebelles du PKK, "surtout actifs dans les régions montagneuses", "bénéficient de soutiens actifs dans les zones urbaines de Turquie" est significatif : il est de moins en moins crédible, en effet, de continuer à déclarer hors la loi une organisation qui bénéficie d'autant de soutien dans la population et de justifier toute cette politique anti-kurde au seul motif que L’article 7/2 de la Loi sur la lutte anti-terroriste sanctionne "toute propagande en faveur de l’organisation terroriste (PKK)". Cette politique est obsolète.
Certains avaient cru voir l'amorce d'une nouvelle politique avec la mise en place d'une chaîne publique turque diffusant en langue kurde 24h/24. Que nenni !... il faut dire à tous ceux qui sont de bonne foi, que cette ouverture n'était qu'un leurre électoral : la très populaire chanteuse kurde Rojîn, qui avait été nommée responsable des programmes, vient de démissionner avec fracas en dénonçant les censures pratiquées par la direction et une absence de liberté : "tous mes invités sont refusés, mes propos coupés au montage", sans parler d'une réelle perte d'audience.
N'est-il pas urgent de trouver une vraie solution politique à la question kurde? Tel est le thème du colloque qui se tiendra le jeudi 30 avril 2009, au Palais du Luxembourg, sous le parrainage de la Sénatrice Isabelle PASQUET, co-organisé par Solidarité et Liberté, le MRAP, le Parti Communiste Français, le Centre d’Information du Kurdistan, le Centre culturel kurde Ahmet KAYA, la Fédération des Associations kurdes en Europe, le Mouvement de la Paix et les Amitiés kurdes de Bretagne.
André Métayer
00:44 Publié dans Kurdistan - Actualité politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.04.2009
AMARA, une "Maison du Peuple kurde" à Rennes - Abdulkerim ISIKLAR, président
Belle inauguration des nouveaux locaux des Kurdes de Rennes et de Bretagne (11, rue du Pré Du Bois, Z.I Sud-est 35000 Rennes) avec Nizamettin Toguç, Président de la Confédération des Associations Kurdes en Europe (Kon Kurd), et membre du conseil exécutif du Congrès National du Kurdistan (KNK).
C'était la foule des grands jours, ce samedi 4 avril, avec discours, minute de silence, chants, groupe de musiciens, danses, thé et... pâtisseries, dans une salle décorée aux couleurs du Kurdistan et ornée des portraits d'Öcalan dont c'était le 60° anniversaire.
S'étaient faits excuser, Jean Yves Le Drian et Pascale Loget, respectivement Président et Vice présidente du Conseil Régional de Bretagne, Marie Anne Chapdelaine, adjointe au Maire de Rennes, Emmanuelle Berthimier, directrice de la Maison internationale de Rennes, Chantal Etourneaud, Vice présidente des Amitiés kurdes de Bretagne (A.K.B.).
Frédéric Bourcier, adjoint au maire et 1° secrétaire fédéral de la fédération socialiste d'Ille et Vilaine qui, avec Ana Sohier, conseillère municipale, représentait la ville de Rennes, a félicité l'assemblée et a assuré ses membres que la ville de Rennes continuera sa politique de solidarité, notamment avec la ville de Diyarbakir.
L'assemblée ne ménagea pas ses applaudissements à Ronan Al Louarn, revenant du Kurdistan à la tête d'une délégation d'AKB.
Avaient également répondu à l'invitation Jean Pierre Ségouin, directeur de l'école Saint Armel, Francis Le Hérissé, vice Président de la Maison internationale de Rennes et André Métayer, président d'AKB.
Le dynamisme des Kurdes de Rennes n'a pas été douché par la vague d'arrestations qui s'abat depuis en Turquie sur les responsables du parti pro kurde, le DPT (Parti pour une Société démocratique) - 250 personnes sont en garde à vue dont 51 se sont déjà vues inculpées et écrouées. Bien au contraire, la foule des grands jours était de nouveau là pour mettre l'association sur les rails et pour écouter le charismatique Mahmut Sakar, ancien président de l'Association des droits de l'Homme à Diyarbakir et avocat d'Abdullah Öcalan, les exhortant à ne pas baisser les bras.
A l'issue de la réunion, Abdulkerim IISIKLAR, 43 ans, a été élu président.
L'association "AMARA, MAISON DU PEUPLE KURDE" est née.
André Métayer
20:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.04.2009
Dur d'être kurde! Rafle en Turquie contre le DTP
Depuis ce matin, 14 avril, une vaste opération d'arrestations vise plusieurs dizaines de cadres, à tous les niveaux du Parti pour une Société Démocratique, le DPT, qui vient de remporter une victoire sans appel dans les régions kurdes aux dernières élections municipales du 29 mars 2009.
Les députés et les maires sont pour l'instant épargnés.
L'opération a eu lieu dans 13 départements : Diyarbakır, İstanbul, Ankara, Aydın, Adana, Elazığ, Antep, Urfa, Şırnak, Hakkari, Bingöl, Van, Batman, Mardin.
Parmi les 70 personnes dont on sait qu'elles sont en garde à vue , figurent les vice-présidents du DTP Kamuran Yüksek, Selma Irmak, Bayram Altun ; on note également Senamis Önal et Mazlum Tekdal, membres du comité exécutif du DTP, Alican Önlü, adjoint au maire de Tunceli, Heval Erdemli, directeur du service d'architecture de la mairie de Batman, et le directeur de la télévision locale GUn Tv de Diyarbakir où les locaux ont été perquisitionnés ainsi que ceux du GABB , l'union des municipalités du sud-est anatolien dont le président est Osman Baydemir maire de Diyarbakir ; deux avocats d'Öcalan seraient aussi mis en garde à vue à Istanbul...
Le président du DTP Ahmet Türk a condamné fermement l'opération et appelé les autorités à "libérer immédiatement" les personnes interpellées : "Cette opération est une démonstration claire de l'incapacité du gouvernement à encaisser le résultat des élections. (NDLR : du 29 mars) L'opération a eu lieu conformément à ses directives" a estimé M. Türk, cité par l'agence de presse Anatolie qui a ajouté : "Nulle force ne pourra faire écrouler le DTP qui est aujourd'hui la quatrième force du pays... nous allons continuer notre combat démocratique avec courage et détermination, quel qu'en soit le prix".
La pilule est en effet amère pour le gouvernement turc : Le DTP a remporté 10 assemblées départementales, une ville métropolitaine et ses 4 arrondissements, 7 villes–préfectures, 90 communes dont 51 grandes agglomérations, soit une centaine de mairies ; le nombre de villes kurdes dirigées par le DTP a donc doublé, malgré les fraudes dénoncées notamment par une délégation Solidarité Liberté de Marseille qui se trouvait à Agri au moment des élections : "le Préfet, sur ordre de l’AKP - le parti gouvernemental - a inversé les résultats électoraux pour ne pas reconnaître la victoire du DTP. Ce non-respect du suffrage universel a provoqué des manifestations de protestation des habitants, qui ont été violemment réprimées par la police et l’armée. De nombreux blessés sont à déplorer, parmi lesquels des élus du DTP. En outre, des dizaines d’arrestations ont eu lieu".
La seule façon pour le Pouvoir islamique de reprendre la main, avec la bénédiction d'Obama, est de diaboliser le DTP en l'accusant d'être une organisation terroriste et de le faire interdire.
C'est aussi pour faire oublier la lutte sans merci que se livrent islamistes de AKP au pouvoir et opposition kémaliste : "vingt-six personnalités des milieux pro-laïcs en Turquie, dont des recteurs d'université et responsables de médias, ont été arrêtées lundi en lien avec l'affaire "Ergenekon", réseau accusé de vouloir renverser le gouvernement islamo-conservateur" a rapporté l'agence Anatolie.
André Métayer
20:40 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les droits fondamentaux en Turquie : la France est "attentive"
Un courrier avait été adressé, le 27 décembre 2008, à Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères du Gouvernement français et à Rama Yade, Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, pour solliciter en substance leur signature au bas de la pétition en faveur de Leyna Zana.
Une rencontre avait eu lieu à Rennes, le 5 mars 2009, avec Eric Chevallier, Porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères et Conseiller spécial du ministre Bernard Kouchner.
La réponse de Bernard Kouchner, datée du 8 avril, est une réponse très diplomatique, certes, mais non dénuée d'intérêt dont il faut retenir que le Ministre, accusant réception du courrier des Amitiés kurdes de Bretagne, ne veut faire aucun commentaire sur l'affaire en cours mais assure que "la problématique générale des droits de l'homme est un sujet régulièrement inscrit à l'agenda des rencontres entre autorités françaises et turques", ce dont nous ne manquerons pas de le lui rappeler.
Il souhaite, pour consolider la liberté d'expression, "la réforme de l'article 301 du code pénal turc", article sur les fondements duquel Leyla Zana a été condamnée pour "fait de propagande envers une organisation tout en n'en étant pas membre"
Il se félicite, par ailleurs "de la mesure symbolique mais très importante d'autoriser l'émission d'une chaine de télévision publique en langue kurde" (la TRT-6), ce qui nous autorise à penser que la France devrait s'opposer à la fermeture de ROJ TV, chaine de télévision émettant également en kurde depuis le Danemark et devrait se désolidariser des autorités turques dans leur entreprise de vouloir la faire interdire comme l'ont montré récemment les pressions exercées à l'occasion à la nomination du Premier Ministre danois à la tête de l'OTAN.
Bernard Kouchner nous assure que la France encourage la Turquie à poursuivre ses efforts pour garantir "les libertés individuelles et la protection des droits fondamentaux de tous les citoyens turcs, y compris ceux d'origine kurde" et demande plus de droits culturels, économiques et sociaux pour les Kurdes ; mais pourquoi passer sous silence les droits politiques qui, pour nous, relèvent des droits fondamentaux?
Bernard Kouchner nous assure que la France est "attentive", et tout est dans ce mot.
Nous aussi, nous serons très "attentifs" aux positions du gouvernement français, clairement affirmées ou tacites, touchant à "la défense des Droits humains" et à "la reconnaissance de droits culturels et politiques du peuple kurde" (art. 2 de nos statuts).
André Métayer
Amitiés kurdes de Bretagne
20:28 Publié dans AKB Activités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.04.2009
Parcours de migrants
22:47 Publié dans AKB Activités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





