11.06.2009

Les Kurdes de Bretagne entament une grève de la faim place de la Mairie à Rennes, aujourd'hui vendredi 12 juin

Communiqué

"Stop, vous vous trompez de cible"

Les Kurdes de Bretagne ont défilé samedi dans les rues de Rennes pour protester contre les interpellations par les autorités espagnoles, à la demande de l’Etat turc, de deux membres du Congrès National du Kurdistan, l'ancien député kurde Remzi Kartal, compagnon d'infortune de Leyla Zana, et le Kurde rennais Eyyup Doru, dit "Faruk".

Durant deux heures et tout le long d’un parcours de 2 km, plusieurs centaines d’hommes et de femmes ont expliqué à la population rennaise les raisons de leur colère mais aussi leur détermination pour obtenir les droits culturels et politiques que la Déclaration des Droits de l’Homme reconnaît à tout un chacun.

Ils protestent aussi contre la vague d’arrestations sans précédent qui frappe, en Turquie, dans l’indifférence des chancelleries européennes, des centaines de cadres et d’élus locaux du parti pro kurde, le DTP (Parti pour une Société Démocratique), qui vient de remporter un succès sans conteste dans les provinces kurdes de Turquie.

Ils s'indignent également de la vague d’arrestation de Kurdes à Paris, à Bordeaux et à Mulhouse.

Réunis dans l'association "Amara, la maison du Peuple kurde", ils entament ce vendredi 12 juin une grève de la faim pour dire au gouvernement français "Stop, vous vous trompez de cible".

Venez soutenir les grévistes de la faim, place de la Mairie, qui vous proposeront de signer un manifeste « Paix au Kurdistan », « nous ne sommes pas des terroristes », « Libérez Remzi, libérez Faruk », « Libérez nos camarades écroués dans les prisons françaises ».

Pour Amara, Maison du peuple kurde,


Abdulkerim ISIKLAR
Président

04.01.2009

Mariage forcé et violences conjugales : une jeune Kurde dément avoir été enlevée par le PKK

Les agences de presse et les journaux parisiens se sont jetés sur ce fait divers qu'ils voulaient croustillant « Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête sur l'enlèvement le 7 décembre à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) d'une jeune Turque par deux personnes soupçonnées d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a-t-on appris jeudi de source judiciaire. La jeune femme, âgée de 21 ans, a été enlevée le 7 décembre dans l'après-midi dans une rue de Pierrefitte-sur-Seine par un homme et une femme armés, a précisé cette source, confirmant une information du (journal) le Parisien », et, après force détails, la dépêche de la très sérieuse Agence France Presse (AFP : 11-12-2008 à 11:29, parue dans Paris Obs.com) poursuit : « Le parquet de Bobigny s'est dessaisi au profit du parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste. L'enquête sur cet enlèvement a été confiée aux policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) ».

Vous avez bien lu : une source judiciaire confirme qu'il s'agit d'un enlèvement par deux personnes armées et vise immédiatement le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) comme étant le commanditaire. Personne, bien évidemment, n'a cru sérieusement à cette thèse, mais il était tentant de faire porter le chapeau une fois de plus au PKK, qu'on veut diaboliser à tout prix, les démentis ne réparant jamais complètement les effets de la désinformation ; la priorité n'a donc pas été de porter secours à cette jeune femme, ni de dénoncer une pratique encore trop courante en Turquie, celle des mariages forcés, car c'est de cela qu'il s'agit.

Grâce à l'action de militants kurdes, Cemile Demir -c'est son nom- a réussi à fuir sa famille qui l'avait mariée de force à un cousin, un homme violent de surcroit, et à se réfugier en Belgique ; très en colère, son père, résidant à Paris, qui voulait la renvoyer en Turquie, monte la fable de l'enlèvement par le PKK. ! Cemile Demir et son avocat, Me Olivier Stein, que Christophe Lamfalussy, journaliste à La Libre Belgique a rencontrés à Bruxelles(1), s'étonnent à juste titre de la célérité avec laquelle les autorités françaises ont confié cette affaire à la sous-direction antiterroriste du ministère de l'intérieur. Le paradoxe dans cette affaire est que Cemile est toujours en attente de sa demande d'asile, alors qu'elle est en danger : il n'est pas rare, en effet, que des femmes refusant ces pratiques d'un autre âge soient assassinées pour avoir refusé le mariage forcé, ce que d'aucuns osent appeler « des crimes d'honneur » !

André Métayer

(1) « Enlevée » à Paris, retrouvée à Bruxelles, par Christophe Lamfalussy (La libre Belgique, mis en ligne le 24/12/2008)

03.10.2007

Une première : justice et police turques enquêtent officiellement sur le territoire français

On savait déjà que les services de renseignements français et turcs avaient de bonnes relations et s'échangeaient quelques "tuyaux" et on savait aussi que la justice turque sollicitait le ministère des Affaires Etrangères, jusqu'alors sans succès, pour venir enquêter sur le sol français, mais qu'une délégation turque composée de 8 membres du parquet, de la police et des services de renseignements (M.I.T.) soit venue à Paris, le 15 septembre 2007, interroger des membres présumés du PKK, "c’est une première", comme dit le journal Sabah, ("le Matin", quotidien populaire progouvernemental tirant à 600 000 ex.) dans son édition du 17 septembre 2007.
Un des membres de la délégation turque, qui a refusé de divulguer son identité, précise Sabah, a même confirmé que "pour obtenir de meilleurs résultats" ils liaient maintenant "des contacts directs". L'autorisation, venue de Rachida Dati, ministre de la Justice, l'une des proches du Président de la République, a surpris les défenseurs des Kurdes : "c'est l'application de la convention européenne d’entraide judiciaire signée par la Turquie, admet Me Malterre, mais c'était, jusqu'alors du jamais vu ; c'est, en fait, la suite logique d'une commission rogatoire du juge français qui s’était lui-même rendu en Turquie au printemps pour "étoffer" son dossier et qui a manifestement transmis aux turcs des informations leur permettant de diligenter, à leur tour, leur propre commission rogatoire".

Sabah révèle encore que la délégation turque a interrogé Canan Kurtyilmaz, "la nouvelle responsable européenne du PKK", Haci Karakoyun, "financeur", Cemal Aslan, "le courrier", Kazim Ergun, "un des cadres de montagne", et Nihat Aslan, "un parent de Cemal Aslan", tous présentés comme des "affreux, sales et méchants" et "a remis en main propre tous les documents et informations nécessaires aux autorités françaises", "obtenus lors des aveux des terroristes attrapés", sauf que les avocats nient en avoir eu connaissance.

Par contre, Sabah omet de rapporter que Kazim Ergun a déclaré, au grand dam des juges français, reconnaître, parmi ses "interrogateurs", l'un de ses tortionnaires en la personne du directeur de la Sûreté d'Istanbul.

"La délégation turque a demandé aux autorités judiciaires françaises la copie des 100 mille pages de documents ainsi que celle des disques durs des ordinateurs saisis" insiste Sabah et les avocats ont toute raison de craindre que la chancellerie ne s'apprête à s'exécuter ; c'est pourquoi ils ont saisi la Chambre de l’Instruction d’une requête en nullité et demandé au Garde des Sceaux de bloquer la procédure dans l'attente du résultat de la requête.

Cette affaire est évidemment d'une extrême gravité tant du point de vue du droit que de la morale, et heurte profondément les consciences.

André Métayer

16.02.2007

Appel à manifester du Centre culturel de Mésopotamie

Les Kurdes de Rennes et de Bretagne qui entendent protester contre les mises en examen de militants kurdes écroués dans différentes maisons d'arrêt de la région parisienne organisent une marche pacifique de protestation pour sensibiliser l'opinion publique rennaise et les medias.

Rassemblement samedi prochain, 17 février, à 15 h dalle du Colombier

Marche : rue de l'Alma, place de la Gare, avenue Janvier, pont Pasteur, les quais, place de la Mairie

Dislocation place de la Mairie

Protestation de la communauté kurde de Bretagne contre l'incarcération de militants kurdes

Quinze Kurdes interpellés en Ile-de-France et en Bretagne ont été mis en examen pour des activités terroristes présumées et quatorze d'entre eux sont placés en détention provisoire.

Ils sont victimes du contexte électoral en France et des pressions de la Turquie et des Etats-Unis.

La communauté kurde de Bretagne s’élève contre l'assimilation qui est effectuée quasi systématiquement entre militants kurdes et terroristes et rappelle que le peuple kurde lutte pour le respect de ses droits les plus fondamentaux, bafoués quotidiennement en Turquie, et dénonce le fait que des militants de la cause kurde en France soient arrêtés et leurs locaux perquisitionnés, qui plus est avec des méthodes contestables, sous couvert de lutte anti-terroriste.

"Ce n'est pas la première fois que, sous couvert d'accusations de terrorisme, des Kurdes sont arrêtés alors que leurs dossiers sont entièrement vides", ont déclaré des représentants d'associations et de partis politiques français, réunis en collectif de soutien.

"Ces mises en examen s'inscrivent dans un mouvement de criminalisation et donc de disqualification de peuples qui luttent contre l'oppression et pour la reconnaissance de droits fondamentaux", déclare Me William Bourdon, l'un des avocats des militants kurdes arrêtés dont dix d'entre eux un statut de réfugié politique depuis plus de dix ans.

La communauté kurde de Bretagne en appelle à toutes les organisations démocratiques pour demander la libération des personnes interpellées et l’arrêt des mesures policières à l’encontre des organisations kurdes.