03.10.2007

Une première : justice et police turques enquêtent officiellement sur le territoire français

On savait déjà que les services de renseignements français et turcs avaient de bonnes relations et s'échangeaient quelques "tuyaux" et on savait aussi que la justice turque sollicitait le ministère des Affaires Etrangères, jusqu'alors sans succès, pour venir enquêter sur le sol français, mais qu'une délégation turque composée de 8 membres du parquet, de la police et des services de renseignements (M.I.T.) soit venue à Paris, le 15 septembre 2007, interroger des membres présumés du PKK, "c’est une première", comme dit le journal Sabah, ("le Matin", quotidien populaire progouvernemental tirant à 600 000 ex.) dans son édition du 17 septembre 2007.
Un des membres de la délégation turque, qui a refusé de divulguer son identité, précise Sabah, a même confirmé que "pour obtenir de meilleurs résultats" ils liaient maintenant "des contacts directs". L'autorisation, venue de Rachida Dati, ministre de la Justice, l'une des proches du Président de la République, a surpris les défenseurs des Kurdes : "c'est l'application de la convention européenne d’entraide judiciaire signée par la Turquie, admet Me Malterre, mais c'était, jusqu'alors du jamais vu ; c'est, en fait, la suite logique d'une commission rogatoire du juge français qui s’était lui-même rendu en Turquie au printemps pour "étoffer" son dossier et qui a manifestement transmis aux turcs des informations leur permettant de diligenter, à leur tour, leur propre commission rogatoire".

Sabah révèle encore que la délégation turque a interrogé Canan Kurtyilmaz, "la nouvelle responsable européenne du PKK", Haci Karakoyun, "financeur", Cemal Aslan, "le courrier", Kazim Ergun, "un des cadres de montagne", et Nihat Aslan, "un parent de Cemal Aslan", tous présentés comme des "affreux, sales et méchants" et "a remis en main propre tous les documents et informations nécessaires aux autorités françaises", "obtenus lors des aveux des terroristes attrapés", sauf que les avocats nient en avoir eu connaissance.

Par contre, Sabah omet de rapporter que Kazim Ergun a déclaré, au grand dam des juges français, reconnaître, parmi ses "interrogateurs", l'un de ses tortionnaires en la personne du directeur de la Sûreté d'Istanbul.

"La délégation turque a demandé aux autorités judiciaires françaises la copie des 100 mille pages de documents ainsi que celle des disques durs des ordinateurs saisis" insiste Sabah et les avocats ont toute raison de craindre que la chancellerie ne s'apprête à s'exécuter ; c'est pourquoi ils ont saisi la Chambre de l’Instruction d’une requête en nullité et demandé au Garde des Sceaux de bloquer la procédure dans l'attente du résultat de la requête.

Cette affaire est évidemment d'une extrême gravité tant du point de vue du droit que de la morale, et heurte profondément les consciences.

André Métayer

16.02.2007

Appel à manifester du Centre culturel de Mésopotamie

Les Kurdes de Rennes et de Bretagne qui entendent protester contre les mises en examen de militants kurdes écroués dans différentes maisons d'arrêt de la région parisienne organisent une marche pacifique de protestation pour sensibiliser l'opinion publique rennaise et les medias.

Rassemblement samedi prochain, 17 février, à 15 h dalle du Colombier

Marche : rue de l'Alma, place de la Gare, avenue Janvier, pont Pasteur, les quais, place de la Mairie

Dislocation place de la Mairie

Protestation de la communauté kurde de Bretagne contre l'incarcération de militants kurdes

Quinze Kurdes interpellés en Ile-de-France et en Bretagne ont été mis en examen pour des activités terroristes présumées et quatorze d'entre eux sont placés en détention provisoire.

Ils sont victimes du contexte électoral en France et des pressions de la Turquie et des Etats-Unis.

La communauté kurde de Bretagne s’élève contre l'assimilation qui est effectuée quasi systématiquement entre militants kurdes et terroristes et rappelle que le peuple kurde lutte pour le respect de ses droits les plus fondamentaux, bafoués quotidiennement en Turquie, et dénonce le fait que des militants de la cause kurde en France soient arrêtés et leurs locaux perquisitionnés, qui plus est avec des méthodes contestables, sous couvert de lutte anti-terroriste.

"Ce n'est pas la première fois que, sous couvert d'accusations de terrorisme, des Kurdes sont arrêtés alors que leurs dossiers sont entièrement vides", ont déclaré des représentants d'associations et de partis politiques français, réunis en collectif de soutien.

"Ces mises en examen s'inscrivent dans un mouvement de criminalisation et donc de disqualification de peuples qui luttent contre l'oppression et pour la reconnaissance de droits fondamentaux", déclare Me William Bourdon, l'un des avocats des militants kurdes arrêtés dont dix d'entre eux un statut de réfugié politique depuis plus de dix ans.

La communauté kurde de Bretagne en appelle à toutes les organisations démocratiques pour demander la libération des personnes interpellées et l’arrêt des mesures policières à l’encontre des organisations kurdes.