23.04.2009

Ils ont signé, elles ont signé la pétition en faveur de Leyla Zana mais la répression anti kurde continue... encore plus féroce

La "mère des Kurdes", un évêque, un ancien Premier Ministre, cinq anciens Ministres, trois candidates à l'élection présidentielle, des députés, des sénateurs, les présidents de conseil généraux, des élus locaux... se trouvent à la tête des soixante personnalités et des 1300 autres signataires de la pétition en faveur de Leyla Zana, condamnée à 10 ans de prison par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir pour délit d’opinion.

Osman BAYDEMIR, maire de Diyarbakir et Président l'Union des Municipalités du sud-est anatolien (G.A.B.B.) et Nejdet ATALAY, maire nouvellement élu de Batman et ancien Président du DTP de Diyarbakir, ont été condamnés, hier, mardi 21 avril, à 10 mois de prison ferme et à la destitution de toutes leurs fonctions publiques ou électives par la 4e chambre du Tribunal des "Hautes peines" de Diyarbakir (cour d'assises) pour les discours prononcés en 2008, lors d'un meeting de protestation contre les opérations militaires. Ali SIMSEK, l'actuel président régional du DTP de Diyarbakir a aussi écopé d'un an ferme. Les avocats ont décidé de faire appel de ces condamnations.

Depuis le succès électoral remporté par le Parti pour une Société Démocratique, le DTP, dans les provinces kurdes, la machine répressive s'emballe et s'abat sur ce parti légal que le pouvoir cherche à décapiter : plus de 300 cadres et élus démocratiquement sont en garde à vue dont, pour le moins, une soixantaine est déjà inculpée et écrouée, parmi laquelle 13 jeunes Kurdes, tous membres de la section des jeunesses DTP.

Que reproche-t-on à tous ces démocrates, à tous ces militants, représentant, dans leur diversité, la grande majorité de ces 12 millions de Kurdes (selon les estimations turques) à 20 millions (selon les affirmations de source kurde) vivant en Turquie du Sud-est ou exilés dans les grandes métropoles turques ou en Allemagne ou dans les autres pays d'Europe ? - "appartenance à une organisation terroriste" (AFP 18 avril) ; "'appartenance au PKK et propagande séparatiste, liens présumés avec les rebelles séparatistes kurdes" (AFP 22 avril) ; on reproche à Leyla Zana d'avoir déclaré à l'Université de Londres (School of Oriental and African Studies) le 24 mai 2008 que le PKK et Öcalan sont aux Kurdes ce que le cerveau et le cœur sont à l'être humain ; elle refuse désormais de se défendre et de cautionner ainsi une parodie de justice ; Osman Baydemir, et son collègue maire de Batman se voient reprocher d'avoir fait l'éloge des rebelles kurdes en les qualifiant de "maquisards".

Que l'AFP, peu suspecte, loin de là, de complaisance avec le PKK, admette dans sa dépêche du 22 avril que les rebelles du PKK, "surtout actifs dans les régions montagneuses", "bénéficient de soutiens actifs dans les zones urbaines de Turquie" est significatif : il est de moins en moins crédible, en effet, de continuer à déclarer hors la loi une organisation qui bénéficie d'autant de soutien dans la population et de justifier toute cette politique anti-kurde au seul motif que L’article 7/2 de la Loi sur la lutte anti-terroriste sanctionne "toute propagande en faveur de l’organisation terroriste (PKK)". Cette politique est obsolète.

Certains avaient cru voir l'amorce d'une nouvelle politique avec la mise en place d'une chaîne publique turque diffusant en langue kurde 24h/24. Que nenni !... il faut dire à tous ceux qui sont de bonne foi, que cette ouverture n'était qu'un leurre électoral : la très populaire chanteuse kurde Rojîn, qui avait été nommée responsable des programmes, vient de démissionner avec fracas en dénonçant les censures pratiquées par la direction et une absence de liberté : "tous mes invités sont refusés, mes propos coupés au montage", sans parler d'une réelle perte d'audience.

N'est-il pas urgent de trouver une vraie solution politique à la question kurde? Tel est le thème du colloque qui se tiendra le jeudi 30 avril 2009, au Palais du Luxembourg, sous le parrainage de la Sénatrice Isabelle PASQUET, co-organisé par Solidarité et Liberté, le MRAP, le Parti Communiste Français, le Centre d’Information du Kurdistan, le Centre culturel kurde Ahmet KAYA, la Fédération des Associations kurdes en Europe, le Mouvement de la Paix et les Amitiés kurdes de Bretagne.

André Métayer

05.03.2009

Mille deux cents signataires s'adressent au Président de la République de Turquie

« Monsieur le Président, Au nom de la liberté d'expression, nous vous demandons de vous opposer à une nouvelle incarcération de Madame Leyla Zana, d'arrêter les poursuites et d'engager résolument la Turquie sur la voie de la démocratie et de la paix. »

La pétition en faveur de Leyla Zana a déjà recueilli mille deux cents signatures, dont celles de Mme Mitterrand, Mgr Gaillot, Michel Rocard, Robert Badinter, Edmond Hervé, Catherine Lalumière, Dominique Voynet, Marie-Georges Buffet, Luisa Morgantini, d'un nombre significatif de parlementaires français et européens, de maires et de conseillers municipaux, de présidents de collectivités territoriales, de conseillers régionaux et généraux, de présidents d'associations, des militants, des citoyens de différents pays européens, dont la liste est consultable en cliquant ici.

Cette initiative en faveur de Leyla Zana n'est pas la seule, tant l'émotion est grande : des intellectuels turcs et kurdes ont aussi lancé une pétition appelant la « Cour de cassation à casser le jugement contre Leyla Zana » et exigeant des parlementaires « de supprimer tous les obstacles juridiques face à liberté d'expression des opinions ».

L'action en faveur de Leyla Zana ne doit pas faire oublier la terrible situation de tous ceux et toutes celles qui sont détenus dans les prisons de type F comme nous le rappelle l'association turque d'aide aux familles des prisonniers politiques (TUHAD) qui nous apprend qu'un détenu s'est taillé les veines après 8 ans de mise en isolement à la prison de type F n° 1 de Kiriklar à Izmir, celle où se trouve notre ami Kadir dont les proches craignent maintenant pour sa santé tant il est difficile de résister psychiquement à de longues périodes d'isolement complet.

Selon le rapport 2008 de l'Association des droits de l'homme de Turquie (IHD) portant sur les violations des droits humains dans les prisons turques, établi sur la base de 3519 plaintes reçues par 29 sections de l'association et couvrant la période entre les 1er janvier et 31 décembre 2008, 37 prisonniers sont décédés et 462 autres, gravement malades, sont privés de soins, comme, par exemple, Mme Sibel KURT (24 ans), détenue à la prison de Gebze et atteinte d'une grave maladie cardiaque : « elle se trouve en danger de mort », écrit La Maison du peuple de Genève qui lance un appel à l'opinion et qui rappelle que le 28 février dernier, Beşir ÖZER, détenu dans la prison de Diyarbakir, est décédé suite à une insuffisance rénale.

Rappelons qu'une soirée de soutien en faveur de Kadir est organisée à Redon, ce vendredi 6 mars à 20 h 15 autour du film "Un hiver à Istanbul" projeté au cinéma Manivel dans le cadre du cycle du cinéma engagé.

25.01.2009

10 ans ? 45 ans ? 55 ans? 75 ans pour Leyla Zana? Où va s'arrêter la folie de la justice turque qui poursuit aveuglement la pasionaria kurde?

La justice turque s'est s'appuyée sur l'article 7/2 de la loi anti-terreur pour condamner Madame Leyla Zana à 10 ans de prison et pour réclamer, en appel, 45 ans, 55 ans supplémentaires ou plus – on ne sait plus très bien ! La prochaine audience est fixée au 31 mars 2009 prochain.

En résumé, la condamnation à 10 ans de prison ferme a été prononcée par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir, le 4 décembre 2008, au motif que Mme Zana aurait fait l'éloge du PKK dans neuf discours. C'est pourquoi, en appel, s'agissant de neuf dossiers unifiés, le procureur a demandé 5 ans de prison pour chaque discours (soit 10+45= 55 ans!) mais il semble que la condamnation pourrait être encore plus élevée, le procureur ayant requis des peines supplémentaires pour le contenu du plaidoyer présenté par la défense ayant trait au discours prononcé le 21/03/2007 à Diyarbakir à l'occasion des fêtes du Newroz (nouvel an kurde), ce qui ferait de Leyla Zana, à sa sortie de prison, une vénérable centenaire!

En fait, Leyla Zana, dans ces discours, a demandé d’inclure, dans le processus de Paix, la participation du mouvement rebelle PKK connu sous le nom du Parti des Travailleurs du Kurdistan. : "Je soutiens la résolution pacifique de ces problèmes qui permettra au PKK de renoncer aux armes... Les bombes doivent arrêter de tomber du ciel....Le peuple kurde a confiance dans le PKK qui, lui-même, se déclare prêt à déposer les armes si cessent les attaques qu’il subit, si sont données les garanties nécessaires, si sont reconnus les droits démocratiques". "Les Kurdes ne sont pas passionnément attachés à la guerre, a-t-elle également déclaré, et si un projet venait à être lancé, les deux côtés étant prêts à trouver un accord, il n’y aurait plus, alors, de confrontation armée. Si nous voulons concertation et réconciliation, il faut, alors, s’adresser à tous les Kurdes, et non seulement à certains d’entre eux" (discours prononcé à Londres en mai 2008, - conférence à Westminster).

Bien évidemment les poursuites judiciaires sont essentiellement pour des motifs politiques et on assiste sans doute à une surenchère entre l'AKP au pouvoir, parti islamiste dit modéré, qui tient le pouvoir législatif, et l'Etat "profond" composé de nationalistes "laïques" de gauche (!), de droite et d'extrême droite dont l'influence est prédominante dans l'armée, la police et la justice.

Les élections locales, qui vont se dérouler le 29 mars prochain, vont être d'un enjeu capital, et le DPT (parti pro kurde : Parti pour une Société Démocratique) qui détient déjà 65 villes de la région kurde de Turquie a de fortes chances d'emporter une victoire "historique". Toutefois, les Kurdes craignent toutes les manœuvres d'intimidation, pouvant aller jusqu'aux arrestations et "disparitions", aux fraudes et même aux achats des votes ; c'est pourquoi il demande aux Européens d'envoyer des observateurs.

Avec ce procès, la Turquie a pris Leyla Zana en otage.
Signez, faites signer la pétition initiée par les Amitiés kurdes de Bretagne (AKB) et soutenue par de nombreuses personnalités

Rennes le 24 janvier 2009
André Métayer

05.01.2009

Aberrant ! 45 ans de prison demandés pour punir l'ex-députée kurde Leyla Zana ! La presse turque applaudit.

"Leyla Zana'ya 45 yıl daha hapis istemi" 45 ans de prison requis contre Leyla Zana, titrent tous les journaux turcs en ce début de janvier 2009 !

"Le procureur a décidé de faire appel auprès de la cour de cassation de la condamnation, jugée trop faible, de Leyla Zana qui s'était vue infliger d'une peine à 10 années de prison pour appartenance à une organisation interdite en raison de 9 discours prononcés durant la même année à Diyarbakir, Batman, Bingöl et devant le Parlement Européen. Le procureur demande 5 ans d'emprisonnement par discours prononcé, soit 45 ans de prison".

Avant même cet appel, Dimitrios Papadimoulis, député européen (GUE/NGL) avait posé une question écrite à La commission européenne :  "Mme Leyla Zana, d'origine kurde, lauréate en 1995 du prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le Parlement européen, a été à nouveau incarcérée. Un tribunal de Diyarbakar l'a jugée coupable et lui a infligé une peine de réclusion de dix ans pour infraction à l'article 301 du code pénal turc et à la loi antiterroriste, parce que, dans neuf allocutions qu'elle avait prononcées, elle se serait "indirectement exprimée" en faveur du PKK. Leyla Zana, âgée de 47 ans, a déjà passé dix ans en prison (1994-2004), avec trois autres anciens députés kurdes, pour complot avec le PKK. Le Parlement européen a émis à maintes reprises des résolutions concernant le cas de Leyla Zana, où il a exprimé sa solidarité à son égard. La Commission estime-t-elle que l'article 301 du code pénal turc doit être abrogé? Comment juge-t-elle la situation actuelle des droits de l'homme en Turquie? Quelles mesures entend-elle prendre pour assurer la protection de Leyla Zana?".

Danielle Mitterrand, Présidente de France Libertés ; Michel Rocard, ancien Premier Ministre, Député européen ; Edmond Hervé, ancien Ministre, Sénateur d’Ille-et-Vilaine ; Bernard Poignant, Député européen, Maire de Quimper ; Roselyne Le François, Députée européenne ; Marie-Arlette Carlotti, Députée européenne ; Jean-Louis Tourenne, Président du Conseil général d’Ille-et-Vilaine ; Daniel Delaveau, Maire de Rennes ;  Christian Guyonvarc’h, vice-Président du Conseil régional de Bretagne, ont pris la tête d'une pétition proposée par les Amitiés kurdes de Bretagne pour demander au Président de la République de Turquie, au Premier Ministre et au Président de la Grande Assemblée, de s'opposer à une nouvelle incarcération de Madame Leyla Zana, d’arrêter les poursuites et d’engager résolument la Turquie sur la voie de la démocratie et de la paix.

Nul doute que nombre de personnalités, injoignables durant cette période de fêtes et de congés, vont se joindre à ces premiers signataires connus pour leurs nombreux combats en faveur des droits humains et pour la liberté d'expression.

Tous les amis de Leyla Zana, quelle que soit leur nationalité, tous les amis du peuple kurde, tous les associations, ONG, syndicats, partis politiques, tous les militants pour les droits humains et la liberté d'expression, toute personne qui se sent concernée par cette condamnation inique, sont invités à signer cette pétition dont on peut prendre connaissance en cliquant sur www.amitieskurdesdebretagne.eu

Signez, faites signer la pétition pour s'opposer à une nouvelle incarcération de Leyla Zana, l'ex députée kurde de Diyarbakir, et pour demander à la Turquie de s'engager résolument la voie de la démocratie et de la paix.

André Métayer
Président

23.12.2008

Ne laissons pas Leyla Zana retourner en prison

1651474758.pngLeyla Zana a été condamnée à 10 ans de prison par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir pour "fait de propagande envers une organisation (ndlr : le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan), tout en n’étant pas membre".

Rappelons que Leyla Zana, élue en 1991 comme députée de Diyarbakir, arrêtée en 1994, condamnée à 15 ans de prison, libérée en 2004, est très connue en Europe comme militante luttant "contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression" et que son emprisonnement avait suscité de nombreuses protestations.

Leyla Zana avait reçu en 1995, le "Prix pour la liberté de l’esprit", du nom du scientifique et dissident soviétique Andrei Sakharov, créé en 1988 par le Parlement européen pour honorer les personnes ou les organisations qui ont marqué de leur empreinte le combat en faveur des Droits de l’Homme et pour la défense des libertés.

Au nom de la liberté d’expression, ne laissons pas Leyla Zana retourner en prison [SIGNEZ LA PETITION].

Les prises de positions de Leila Zana sont celles d’une femme engagée dans le combat démocratique pour la défense des droits culturels et politiques de son peuple, non pas en prônant le séparatisme mais en plaidant pour l’union des peuples turc et kurde.

Demandons à Abdullah Gül, Président de la République de Turquie et à son premier Ministre, Recep Tayyip Erdogan, d’arrêter les poursuites engagées contre Leyla Zana et de s’engager résolument sur la voie de la démocratie et de la paix.

Demandons à la Grande Assemblée de Turquie (le parlement turc) d’adopter au plus vite un projet de lois réformant fondamentalement un code pénal et un code de procédure pénale qui garantiraient la liberté d’expression et le respect des Droits de l’Homme.

Rennes le 17 décembre 2008

André Métayer
Président

09.12.2008

L'ancienne députée kurde Leyla Zana, Prix Sakharov, condamnée à 10 ans de prison

Leyla Zana a été condamnée à 10 ans de prison par la 5ème Cour pénale de Diyarbakir pour "fait de propagande envers une organisation (ndlr : le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan), tout en n'étant pas membre".

LZana.pngL'AFP précise :"le tribunal de Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, en majorité peuplé de Kurdes, a estimé que Mme Zana avait violé neuf fois le code pénal et la loi anti-terrorisme en exprimant indirectement dans des discours son soutien au PKK et à son chef emprisonné Abdullah Öcalan".

Me Cabbar Leygara, ancien maire de Baglar, le populeux arrondissement de Diyarbakir, défenseur de Leila Zana, a fait savoir que les droits de la défense avaient été bafoués et qu'il fera appel de cette décision.

Rappelons que Leyla Zana, élue en 1991 comme députée de Diyarbakir, arrêtée en 1994 et condamnée à 15 ans de prison, est très connue en Europe comme militante luttant "contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression" et que son emprisonnement avait suscité de nombreuses protestations.

Sa libération en 2004 avait été saluée par de nombreuses personnalités comme Edmond Hervé, sénateur, alors maire de Rennes, déclarant notamment : "Puisse cette décision conforter la démocratie, le dialogue et le respect des droits de l'Homme"

Leyla Zana avait reçu en 1995 le "Prix pour la liberté de l'esprit", du nom du scientifique et dissident soviétique Andrei Sakharov, créé en 1988 par le Parlement européen pour honorer les personnes ou les organisations qui ont marqué de leur empreinte le combat en faveur des droits de l'Homme et pour la défense des libertés.

Le Prix Sakharov est remis, chaque année, par le président du Parlement européen en session plénière du Parlement, en commémoration du 10 décembre 1948, date de signature de la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies.

Cette année il a été décerné au Chinois Hu Jia, qui a été condamné à trois ans et demi de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat" pour avoir publié des articles sur la situation des droits de l’Homme avant les Jeux olympiques.

An nom de la liberté d'expression, ne laissons pas Leyla Zana retourner en prison.

André Métayer

19.10.2008

"Libérez Öcalan", scande la foule kurde dans les rues de Rennes

La nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre dans les familles kurdes : "notre Président Öcalan a été victime de violences physiques, dans la prison d'imrali"(1) : en moins de 48 heures des manifestations se sont organisées partout, dans différents pays européens dont la France (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Rennes....).

L'AFP signale "qu'une personne a été blessée et de nombreuses autres interpellées lors d'incidents et de manifestations organisées dans le sud-est majoritairement kurde de la Turquie" et "qu'à Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, plus de 5.000 personnes se sont rassemblées dans le centre scandant des slogans en faveur d'Öcalan".

kurde (2).jpgA Rennes, quelques centaines d'hommes, de femmes, et d'enfants sont descendus sur le bitume pour crier leur colère :" toucher au président Öcalan, c'est toucher au peuple tout entier", montrant ainsi que leur attachement est toujours intact à celui qui est incarcéré depuis neuf an.

Ceux qui doutaient de la combativité des Kurdes en seront pour leur frais.

"Libérez Öcalan" pouvait-on entendre, mais aussi : "nous sommes tous PKK"(2).

La manifestation s'est déroulée sans incident.

André Métayer

(1) Le leader kurde a été enlevé le 15 février 1999 au Kenya, à la suite d'une opération que les services secrets américains, israéliens et turcs sont soupçonnés d'avoir diligentée ; condamné à mort, sa peine a été commuée en prison à vie, peine qu'il purge, dans un isolement total, dans l'ils prison d'Imrali (Turquie) où il est le seul détenu .
(2) Parti des Travailleurs du Kurdistan, (organisation interdite).

08.07.2008

La question kurde s'invite au 23° congrès de l'Internationale Socialiste

Dans sa déclaration finale, l'Internationale Socialiste, réunissant à Athènes durant 3 jours quelques 700 congressistes venant de 150 pays du Monde, a mentionné la question kurde en réitérant "son engagement de continuer à travailler en faveur des résolutions pacifiques et démocratiques de tous les conflits internationaux, y compris la question kurde au Moyen-Orient".

Il s’est agi d’une grande satisfaction pour tous les partis kurdes présents, membres du congrès de plein droit ou à titre consultatif, à commencer par le Président de la République d'Irak, Jélal Talabani, fondateur de l'U.P.K. (Union Patriotique du Kurdistan), qui a été élu à un poste de Vice président de l'Internationale Socialiste et a profité de la circonstance pour réunir tous les partis frères présents : l'U.P.K., bien sûr, le P.D.K. iranien (Parti démocratique du Kurdistan d'Iran), le P.D.K. irakien, le parti de Massoud Barzani, Président de la Région autonome du Kurdistan d'Irak, et le parti kurde de Turquie, le DTP (Parti pour une Société Démocratique)1.

La délégation du DTP était emmenée par la coprésidente du parti, Emine Ayna, entourée de Fayik Yagizay, représentant le DPT à Bruxelles, Gökçe Heval Şimşek, chercheur, Faruk Doru, directeur du centre d’information du Kurdistan (C.I.K.) de Paris et de deux députés : Nezir Karabaş député de Bitlis et Sebahat Tuncel, députée d'Istanbul, la plus jeune députée du Parlement de Turquie connue pour avoir été élue alors qu'elle était incarcérée à la prison d'Istanbul au motif qu'elle aurait tenu des propos subversifs en tant que porte-parole des femmes du DPT.

C'est à elle, en tant que chargée des relations internationales au sein du DTP, que revint l'honneur d'exposer la question kurde devant les congressistes socialistes avant le vote de la motion finale. Sebahat Tuncel, brossant à grands traits la situation dans laquelle se trouvent "les quarante millions de Kurdes", a plaidé pour une négociation globale au Proche-Orient, n'hésitant pas à fustiger la frilosité de la politique européenne en la matière en lui reprochant notamment de traiter le PKK comme une organisation terroriste.

La question kurde s'est donc tout naturellement invitée quand il s'est agi de débattre de la paix et de la résolution des conflits et d'aborder "les préoccupations des peuples partout dans le Monde où l’absence de démocratie mène à la répression, à la violence et à la souffrance humaine".

Sous le slogan "Solidarité mondiale : le courage de faire la différence", le congrès a également abordé des thèmes tout aussi récurrents comme le changement climatique, l’économie mondiale et la question de la migration.

 

André Métayer
Président des Amitiés kurdes de Bretagne

 

1 Le CHP turc -parti républicain du peuple- n'était pas présent au congrès et son leader, Deniz Baykal, n'a pas été réélu à son poste de vice-président de l'Internationale Socialiste.

 

23.05.2008

PAIX AU KURDISTAN

Appel de 1000 personnalités kurdes pour une médiation internationale

Dans un appel publié dans l’International Herald Tribune et Le Monde, mille personnalités politiques et culturelles kurdes de tous bords appellent à un règlement pacifique de la question kurde en Turquie sur la base des demandes minimales du peuple kurde et demandent une médiation internationale.

La coordination en Europe de cette campagne est assurée par l’Institut kurde de Paris en partenariat avec les principales organisations kurdes, notamment KOMKAR (Union des associations du Kurdistan, Allemagne), KON-KURD (Confédération des associations kurdes, Belgique) et le Washington Kurdish Institute.

Vous trouverez sur le site de l'institut kurde de Paris le texte intégral de l'appel, la liste des signataires, les modalités pour signer l'appel.

Les Amitiés kurdes de Bretagne, qui avaient déjà lancé en 2007, avec un fort soutien associatif (MRAP - Ille et Vilaine, Maison Internationale de Rennes, Mouvement de la Paix, Amnesty-International de Rennes, CIMADE, Ligue des Droits de l’Homme, ACAT Rennes …), une campagne intitulée : "Non à la guerre, Paix au Kurdistan", soutiennent cet appel.

Sauvez Hasankeyf

Le collectif ‘Sauver Hasankeyf' est composé de plusieurs organisations qui se sont regroupées afin de faire campagne contre le financement par la Société Générale de la construction du barrage d'Ilisu dans la ville antique de Hasankeyf (Sud-est de la Turquie / Nord du Kurdistan).

Pour consulter le texte de la déclaration commune.

Pour signer la pétition, allez sur www.sauvezhasankeyf.org et cliquez sur : "signer la pétition".

Les Amitiés kurdes de Bretagne, qui vous invitent à signer cette pétition en faveur d'Hasankeyf, ont déjà, les années précédentes, attiré l'attention des autorités françaises, des élus locaux et du public sur la nécessité de sauver le site archéologique d'Hasankeyf.

A plusieurs reprises, une délégation des Amitiés kurdes de Bretagne s'est rendue sur place et, le 18 mars 2008, a participé à une manifestation au cours de laquelle, en présence de Hüseyin Kalkan, Maire de Batman, et de Ayla Akat Ata, Députée, des abricotiers ont été plantés dans le champ d'où doit démarrer la construction du barrage. Tout un symbole !

Merci pour votre aide : votre signature attendue vaut, en quelque sorte, engagement à faire campagne pour sauver Hasankeyf.

André Métayer
Président

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