16.04.2008

Vivement les jeux Olympiques en Turquie pour "un monde meilleur"

Leyla Zana, ex-députée kurde, condamnée à deux ans de prison.

Osman Baydemir et 52 maires kurdes condamnés à deux mois et demi de prison.

Nous ne pouvons que nous réjouir de la résolution du Parlement européen "condamnant fermement la répression brutale exercée sur le Tibet par les forces de police et l’armée chinoise" et, comme Roselyne Lefrançois, députée européenne, nous pensons que les Jeux Olympiques de Pékin sont une opportunité à saisir pour "inciter les autorités chinoises à progresser sur la voie de la démocratie". La majorité des tibétains, en effet, ne demandent pas l’indépendance mais "davantage d’autonomie et le respect de leur identité culturelle et linguistique".

Faudra-t-il attendre les J.O. d’Ankara ou d’Istanbul pour que les chefs d’Etat et de gouvernement européens adoptent une attitude commune et concertée reconnaissant que les revendications kurdes sont identiques à celles, tibétaines, qu’ils estiment légitimes ?

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, en visite à Ankara, du 10 au 12 avril, qui, tout en exhortant ses interlocuteurs à progresser dans la voie des réformes, "souligne que la Turquie avait fait d’importants progrès jusqu’à présent", sait-il que le fameux article 301 du code pénal turc est liberticide ? depuis son entrée en vigueur le 1er juin 2005, il a permis aux autorités de maintenir une pression énorme sur les médias et de nombreuses personnes, en particulier des journalistes et des écrivains, qui sont poursuivies en justice en vertu de cet article dont la réforme annoncée à grand bruit n’accouchera que d’une réformette "cosmétique" : " Les fortes peines de prison pour les délits d’opinion sont maintenues et plus d’une vingtaine d’articles de loi continuent de restreindre la liberté de la presse en Turquie" a déclaré Reporters sans frontières (europe2@rsf.org, 9 avril 2008), la "Plateforme de solidarité avec les journalistes emprisonnés" (TGDP) ajoutant que, après l’incarcération de deux correspondants de l’agence DIHA, les 30 mars et 1° avril derniers, ce sont 23 journalistes qui sont détenus dans différentes prisons turques de type F à Tekirdag, Edirne, Gebze, Sincan, Kandira, Diyarbakir, Mersin, Manisa, Urfa, Bolu, Amasya, Batman. Au même moment, le jeudi 10 avril , la kurde Leyla Zana, prix Sakharov des droits de l’Homme 1995, était condamnée à deux ans de prison, en vertu d’un article du code pénal sanctionnant "la propagande en faveur d’une organisation terroriste", pour avoir déclaré, lors de son discours au festival culturel de Diyarbakir, en mars 2007, à propos d’ Abdullah Öcalan qu’il a, à côté de Jalal Talabani et Massoud Barzani, "une place dans les coeurs et les esprits des Kurdes". Cette ex-députée du parti pro kurde D.E.P. (empêchée de se présenter aux dernières élections législatives) a déjà purgé dix ans de prison (1994-2004) avec trois autres anciens parlementaires kurdes. Francis Wurtz, Président du groupe "Gauche unitaire européenne - Gauche verte nordique" (GUE - NGL), demande au Président du Parlement européen, d’intervenir immédiatement auprès des autorités turques afin que soit annulée "cette condamnation indigne"

En dépit des déclarations apaisantes de M. Barroso, 53 maires kurdes, dont Osman Baydemir, maire de Diyarbakir étaient condamnés, ce 15 avril, à deux mois et demi de prison, (peine commuée en amendes), coupables de "soutien délibéré au parti -interdit- des travailleurs du Kurdistan (PKK)" pour avoir défendu auprès Premier ministre danois, au nom de la liberté de la presse, ROJ TV, la chaîne de télévision kurde en exil, menacée de fermeture à la suites de pressions orchestrées par la Turquie et les Etats-Unis.

A quand les J.O. en Turquie ? Les athlètes français auront-ils le droit de porter un badge subversif destiné à montrer leur attachement aux droits de l’homme ?

Je propose " Pour un monde meilleur, Paix au Kurdistan".

André Métayer

05.04.2008

CEJ : le PKK ne doit pas être placé sur la liste des organisations terroristes

03/04/2008 11:06

Le Tribunal de première instance de la Cour européenne de Justice (CEJ) a condamné jeudi l’inscription du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de son bras civil, le CONGRA-GEL, sur la liste européenne des organisations terroristes,

indique l’agence TAS dans une dépêche du 03/04/08.

Le Tribunal annule la décision du Conseil (des ministres de l’UE) comprenant les entités citées ci-dessus (le PKK et le CONGRA-GEL. NDLR). Les juges ont suivi leur jurisprudence établie dans les dossiers de terrorisme avec un arrêt relatif aux Moudjahidines du peuple d’Iran,

est-il précisé. (TAS).

6 minutes plus tard, l’AFP tente de minimiser la portée de ce jugement

LUXEMBOURG, 3 avr 2008 (AFP) - 11h12 - Les juges européens ont annulé jeudi une décision de l’UE de 2002 d’inscrire le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur sa liste d’organisations terroristes, mais cet arrêt n’empêche pas l’organisation kurde de rester sur cette liste. La décision annulée par le tribunal de première instance de la Cour européenne de justice remonte à 2002, lorsque la liste terroriste de l’UE a été mise au point pour la première fois dans la foulée des attentats de 2001. La liste a été plusieurs fois actualisée depuis en vertu de nouvelles décisions européennes, ce qui explique que l’arrêt de ce jeudi soit sans effet immédiat, a expliqué un porte-parole européen. Les juges de Luxembourg ont estimé que l’UE n’avait pas assez justifié sa décision en 2002, suivant ainsi le raisonnement qu’ils avaient tenu en décembre 2006 pour annuler le gel des fonds d’un autre mouvement, l’organisation d’opposition iranienne des Moudjahidines du Peuple. Le fait que le Conseil de l’UE ait, après la décision sur les Moudjahidines, fourni les motifs de l’inscription du PKK sur la liste terroriste en tenant compte des observations de la Cour, ne suffit pas, a expliqué en substance la Cour dans son arrêt. Il aurait fallu selon elle le dire dès le départ. Le PKK continue à figurer sur la liste terroriste que l’UE a remise à jour en décembre dernier, avec 47 autres organisations dont les Moudjahidines ou le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Il n’en reste pas moins que cette décision de justice va dans le bon sens et nous conforte dans nos positions qui font la distinction entre lutte armée et terrorisme.

Cette décision va dans le bon sens car elle peut ouvrir la porte aux négociations pour la paix et à une réforme constitutionnelle en profondeur qui garantirait, pour tous les citoyens de Turquie, quels que soient leurs origines ethniques, leurs croyances ou leur sexe, l’égalité des droits et la liberté d’expression.

Paix au Kurdistan.

André Métayer Président des Amitiés kurdes de Bretagne

17.09.2007

Pression turque maximum sur les nouveaux députés kurdes et sur le maire de Diyarbakir

Le gouvernement et le Parlement de Turquie font pression sur le groupe DTP (Parti pour une Société Démocratique) de députés kurdes, nouvellement élus, pour qu'il déclare que le PKK est une organisation terroriste : "qu'est-ce que ça changerait à la situation ?" rétorque Osman Özçelik (Siirt), l'un des députés DTP, en ajoutant ironiquement : "avez-vous seulement un quelconque projet pour résoudre le problème kurde ?". Et de dénoncer les entreprises d'instrumentalisation dont le DTP est l'objet de la part des différents groupes politiques du Parlement.

La justice maintient également sa pression sur plusieurs députés DTP, en instance de procès pour "soutien à une organisation terroriste" et "aide et encouragement à une organisation terroriste" dont Aysel Tuğluk (Diyarbakir) et Ayla Akat Ata (Batman) qui ont assuré, en tant qu'avocat, la défense d'Öcalan, et Sebahat Tuncel (Istanbul), ancienne porte parole des femmes du DTP : leur immunité parlementaire pourrait être levée, comme en 1993 pour Leila Zana, Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak, députés du DEP qui furent condamnés à une peine de 15 ans d'emprisonnement.

122de1dbc0240220fef794a589da4f81.jpgUne nouvelle (c'est à dire une énième) information judiciaire est ouverte à l'encontre de Osman Baydemir, maire de Diyarbakır, au sujet d'une polémique provoquée par le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan mettant le maire au défi d'apporter les preuves d 'une politique gouvernementale discriminatoire envers la ville de Diyarbakir : "ce n'est pas moi qui ai provoqué la polémique, précise Osman Baydemir, je n'ai fait qu'user de mon droit de réponse en rendant publique la liste des projets qui n'ont pas été soutenus par le gouvernement et que j'avais présentés aux services du Premier ministre en août 2005" mettant en évidence une "discrimination négative".

Osman Baydemir, qui promet d'envoyer son rapport à tous les parlementaires, est aussi la cible du parti nationaliste d'opposition (MHP) qui "pousse les feux" en critiquant le gouvernement accusé de conduire, face au terrorisme séparatiste, une politique laxiste qui encourage des attitudes comme celles du maire de Diyarbakir.

Le CHP (Parti républicain du Peuple), premier parti d'opposition, membre de l'internationale socialiste, s’est également invité au débat, en reprochant à l'AKP de ne pas soutenir les municipalités administrées par des partis d'opposition et de traiter Diyarbakır comme une ville qui se trouverait en dehors de la Turquie.

Akın Birdal, député DTP de Diyarbakır, a, lors d'une conférence de presse parlementaire, soutenu Osman Baydemir dans sa quête pour obtenir un traitement d'équité pour sa ville.

Notons que l'association bretonne "Projet pour Hakkari" attend toujours l'autorisation du gouvernement turc pour verser au GABB (union des municipalités du Sud-est anatolien), présidée par le maire de Diyarbakir, les dons en provenance du Conseil régional de Bretagne et autres collectivités territoriales bretonnes pour la construction du centre municipal de formation et de santé spécialement conçu pour les femmes de Hakkari, province que vient de visiter le nouveau président de Turquie, Abdullah Gül : "une visite destinée à renforcer les liens du pouvoir central avec ces zones défavorisées économiquement, a-t-on indiqué dans son entourage".

C'est précisément pour aider cette zone défavorisée que "projet pour Hakkari" est né.

André Métayer

Rennes, le 15 septembre 2007

05.09.2007

La municipalité de Douarnenez soutient le peuple kurde

La municipalité de Douarnenez a voté le 21 juillet 2007 une délibération de soutien au peuple kurde.

Téléchargez le texte sur www.amitieskurdesdebretagne.eu

15.08.2007

Un représentant du PDK déclare que le PKK n’est pas une organisation terroriste

Le représentant en Turquie de l’administration kurde du nord de l’Irak et du leader du PDK Massoud Barzani a déclaré dimanche qu’ils ne considéraient pas le PKK comme une organisation terroriste.
 
Kadir Eziz, représentant en Turquie du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Barzani, a déclaré que les Kurdes d’Irak n’entreront pas en conflit avec le PKK, malgré les engagements de la semaine dernière du Premier Ministre irakien d’éradiquer le PKK dans le nord de l’Irak, où il a des bases.

Eziz a déclaré que le gouvernement Maliki est en train de s’écrouler et n’est pas en mesure d’obéir aux demandes turques.

Dimanche également le ministre de l’administration kurde et responsable du PDK en charge des peshmergas, Sheih Cafer Sheih Mustafa, a déclaré qu’ils ne pensaient pas que le PKK pourrait être maîtrisé par l’utilisation de la force militaire.

Le problème est politique et la réponse ne peut être que politique, a-t-il déclaré.

(ntvmsnbc.com, 13 Août 2007)

 

08.08.2007

Les Kurdes entrent au Parlement de Turquie avec quelques figures emblématiques, dont Akin Birdal, ancien Vice-Président de la FIDH.

Victoire relative mais victoire quand même pour le DTP (Parti pour une Société Démocratique), parti pro kurde que d’aucuns présentent comme la vitrine légale du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Il a réussit à faire élire, sous le vocable "Mille Espoirs", malgré des obstacles en tout genre, une vingtaine de députés, dont neuf femmes. Ils ont prêté serment ce samedi 4 août 2007 devant la "Grande Assemblée Nationale", le Parlement monocaméral de Turquie, au grand dam des militaires et des ultra-nationalistes d’extrême droite (qu'on trouve aussi au CHP, parti se réclamant de la social-démocratie) qui manifestent déjà leur mauvaise humeur.

Pourtant la victoire n’est pas aussi ample qu’espérée, même si le doute persiste sur quelques sièges perdus, comme celui qui avait été déclaré gagné, puis perdu, par Sabahattin Suğvacı, Président de la section locale DTP de Hakkari. Mais si les nouveaux élus kurdes, qui ont serré la main de leurs adversaires politiques, tiennent des propos plutôt rassurants, affirmant vouloir "travailler à la réconciliation", il n'en reste pas moins qu'ils entendent militer pour un règlement politique de la question kurde et se refusent d'accepter de condamner le PKK comme une organisation terroriste.

En fait, ce qui fait grincer quelques dents, c’est la notoriété de ces nouveaux députés, à commencer par celle de la porte-parole de la section des femmes du DTP, Sebahat Tuncel (Istanbul), incarcérée comme de nombreux autres membres du DTP depuis novembre 2006 : son élection lui apportant l'immunité, elle passe directement de la prison au Parlement.

Il y a aussi Ayse Tugluk (Diyarbakir), avocate d’Öcalan, co-Présidente du DTP avec Ahmet Türk (Mardin). Ce dernier et Sırrı Sakık (Mus) réintègrent une assemblée dont ils avaient été exclus après la dissolution du DEP en 1993, écopant au passage d'une peine de 14 mois d’emprisonnement.

Entre également au Parlement Pervin Buldan (Igdir), née à Hakkari en 1967, qui a vu son mari assassiné en 1993, 2 mois après que Tansu Ciller, alors Première Ministre, ait juré de "punir tous ceux qui finançaient le PKK".

Hasip Kaplan (Sirnak), un des avocats de Leyla Zana, est connu pour avoir fait condamner la Turquie par la Cour européenne des Droits de l'Homme dans une affaire où les forces de sécurité turques étaient accusées d'avoir fait manger des excréments aux villageois de Yesilyurt.

Selahattin Demirtas, un avocat de 34 ans considéré comme un proche de Ayse Tugluk, est Président de la section locale de l’Association turque des Droits de l’Homme de Diyarbakir (IHD), succédant à Osman Baydemir, devenu maire de Diyarbakir. Les deux hommes président ensemble la "Plateforme démocratique" qui organisa en mai 2005 une grande conférence sur le thème de la "Paix au Moyen-Orient".

Notons également Hamit Geylani (Hakkari), avocat, Gulten Kisanak (Diyarbakir), journaliste, Ayala Akat Ata (Batman) et les autres, tous et toutes militants ayant connu, pour la plupart, arrestations, gardes à vue et prisons.

f69b77dbeae25fad3618f025d5cbe44b.jpgMais le plus emblématique reste le Turc Akin Birdal, ancien Président de l’Association turque des Droits de l’Homme (IHD) et Vice-Président de la FIDH, traduit devant la Cour de Sûreté de l'Etat à Ankara pour "encouragement à la discrimination raciale et menaces contre l'unité territoriale de la Turquie". Lors de la 7ème audience, le 14 mars 1994, une délégation de quatre Rennais mandatée par le Maire de Rennes était dans la salle. Le 12 mai 1998, Akin Birdal échappa à une tentative d'assassinat mais, bien que grièvement blessé, il dû néanmoins retourner en prison pour finir de purger sa peine alors que ses agresseurs restaient en liberté. Voyageur infatigable, il fut accueilli à Rennes le 20 avril 2001. Samedi 4 août 2007, son travail de député en faveur de la paix commence.

André Métayer

Liste des 21 député(e)s DTP élu(e)s en 2007 :

  • BATMAN     Ayla AKAT ATA, Bengi YILDIZ
  • BİTLİS   Mehmet Nezir KARABAŞ
  • DİYARBAKIR    Akın BİRDAL, Selahattin DEMİRTAŞ, Gültan KIŞANAK, Aysel TUĞLUK
  • HAKKARI    Hamit GEYLANİ
  • IĞDIR    Pervin BULDAN
  • İSTANBUL    Sebahat TUNCEL
  • MARDİN    Emine AYNA, Ahmet TÜRK
  • MUŞ    Sırrı SAKİK, M. Nuri YAMAN
  • SİİRT    Osman ÖZÇELİK
  • ŞANLIURFA    İbrahim BİNİCİ
  • ŞIRNAK    Sevahir BAYINDIR, Hasip KAPLAN
  • TUNCELİ    Şerafettin HALİS
  • VAN    Fatma KURTULAN, Özdal ÜÇER

02.07.2007

Orhan Dogan n'est plus

Je ne peux pas oublier Orhan Dogan, compagnon d'infortune de Leila Zana, Hatip Dicle et Selim Sadak, une figure emblématique de la cause kurde qui vient de disparaître.

"Orhan Dogan, ex-Député kurde du DEP (Parti de la Démocratie) est décédé ce matin, 28 juin 2007 à 6h30, à l'hôpital de Van où il était en soins intensifs à la suite d'une crise cardiaque survenue le 24 juin dernier, à Dogubeyazit, alors qu'il prononçait un discours à l'occasion du Festival de la Culture, des Arts et du Tourisme. Orhan Dogan était âgé de 52 ans." (Communiqué de Kurdish Info)

Avec Leila Zana, Hatip Dicle et Selim Sadak, Orhan Dogan, alors qu'il siégeait à la Grande Assemblée (parlement turc), avait été en mars 1994 arrêté, incarcéré, reconnu coupable d'appartenance au PKK et condamné à 15 ans d'emprisonnement.

J'ai rencontré cet homme en mai 2005, à peine sorti des geôles turques, lors de la Conférence internationale de Diyarbakir sur la Paix et la justice au Moyen Orient organisée par la Ville et la Plateforme démocratique et je ne peux pas oublier son regard pétillant d'intelligence et de bonté, sa force de conviction et son verbe pénétrant au plus profond de soi.

Je n'ai pas oublié son cri : "je ne peux pas oublier cet enfant écrasé par un tank, à Sirnak (Kurdistan de Turquie) ; je ne peux pas oublier ce soldat turc blessé, décoré pour son courage, criant " mes yeux" à la face de l'officier qui venait le féliciter ; je ne peux pas oublier les combattants tués, la presse qui ment, le gouvernement qui ment, les prisonniers humiliés, victimes de traitements dégradants. La guerre ne fait pas de différence entre les religions, les sexes, les nationalités... Les souffrances sont les mêmes, la douleur est identique".

Marqué par les années de détention, Orhan Dogan, crâne dénudé, barbichette en bataille, se fait le chantre de la paix. "Je parle comme un 3ème œil" dit encore cet avocat qui n'hésite pas à manier l'autocritique pour mieux plaider une solution pacifique, globale et unitaire, que chacun souhaite, pour la question kurde : "les Kurdes veulent la paix, mais sont-ils pacifiques ? Nous ne pouvons réclamer la paix et continuer à nous disputer. Les Kurdes veulent l'unité, mais sont-ils unis ? Nous ne pouvons pas continuer à cultiver nos divisions entre les différentes parties du Kurdistan (Turquie, Iran, Irak). Les Kurdes veulent la liberté et la démocratie mais savent-ils être démocrates ? Il n'y a pas des Kurdes noirs, des Kurdes blancs, des Kurdes light, des Kurdes extra light, il y a des Kurdes".

"Longtemps le Parti de la Démocratie du Peuple a été contraint de marcher seul. Nous ne marcherons plus seuls. Nous devons changer notre discours et prendre une autre dimension pour faciliter le processus de paix. Mais c'est à nous d'en décider les modalités ! De quel droit le Président de l'Union européenne critique-t-il l'attitude de Leila Zana, qui devrait, selon lui, s'écarter du P.K.K. ? On a besoin, certes, d'une loi générale, mais la solution au problème kurde sera spécifique et ne sera trouvée ni à Washington, ni à Bruxelles, ni dans aucune autre capitale européenne".

Orhan n'est plus mais son message a été entendu.

André Métayer

Président des Amitiés kurdes de Bretagne.

 

 

23.05.2007

A la demande d'Abdullah Öcalan, les 18 Kurdes, grévistes de la faim depuis 38 jours, décident de mettre un terme à leur action

Suite au rapport d'analyse d'un éminent toxicologue français, Pascal KINTZ, faisant état d'un empoissonnement vraisemblablement dû à l'ingestion de métaux toxiques, mettant en péril la santé et la vie Abdulhah ÖCALAN, Président du Parti des Travailleurs du Kurdistan, emprisonné depuis le 15 février 1999 dans l'île –prison de haute sécurité d'Imrali, dans des conditions d'isolement particulièrement cruelle, une émotion très forte, teintée de colère et d’inquiétude, ressentie dans l’ensemble de la population kurde et des cercles amis, s'est traduite par des manifestations, notamment à Strasbourg et Rennes, et par une pétition internationale, récoltant plus de 100.000 signatures, demandant au Conseil de l'Europe d'intervenir auprès du Comité pour la Prévention de la Torture (CPT) afin d'envoyer une délégation de médecins indépendants sur l’île-prison d’Imrali pour procéder à un examen médical complet d'Abdullah Öcalan.

D'autre part, depuis le 11 avril, 18 Kurdes, parmi lesquels Remzi Kartal (qui fut député kurde du parti DEP) et d’autres responsables d'organisations kurdes en Europe, observaient à Strasbourg, dans la Maison des Kurdes, une grève de la faim, accompagnés par près de 500 de leurs compatriotes qui se sont relayés régulièrement, tous les 5 jours.
Les contacts furent nombreux, durant cette période avec les députés européens, des membres du Conseil de l’Europe et des responsables du CPT, pour demander d'agir en vue d'envoyer une délégation à Imrali.

Prenant acte des déclarations du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, assurant que le “Comité pour la Prévention de la Torture (CPT) suit de près l’affaire" et qu'il “entreprendra les actions opportunes à cet égard”, et à la demande d'Öcalan, lui-même qui souhaite "qu’ils résistent vivant", refusant "qu’ils mettent en péril leur santé", les grévistes de la faim ont décidé de mettre un terme à leur action.

"Les promesses obtenues, durant la grève, conclut le communiqué du 19 mai 2007 des grévistes de la faim de Strasbourg, tant des parlementaires européens avec qui nous avons eu des contacts directs ou indirects, que du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, les messages encourageants du CPT ainsi que l’attitude positive de la Préfecture de Strasbourg ont renforcé notre conviction qu'une délégation sera envoyée au plus vite à Imrali, et nous attendons, à présent, des actes concrets de tous les intéressés, conformément à leurs promesses et leurs messages optimistes. Nous serons, à cet égard extrêmement vigilants."

Rennes le 19/05/07
André Métayer

16.04.2007

Quatre Kurdes de Rennes parmi les grévistes de la faim à Strasbourg pour Öcalan

medium_R.Kartal_edited.jPGDepuis le 11 avril, Remzi Kartal (qui fut député kurde du parti DEP), Ali Yigit (Président du Congrès national du Kurdistan), Nizamettin Toguc (Président de la Confédération des Associations kurdes en Europe) et d’autres responsables d'organisations kurdes en Europe sont parmi les 18 Kurdes qui se relaient à Strasbourg, dans la Maison des Kurdes, pour une grève de la faim à une durée indéterminée. Ils sont accompagnés par une cinquantaine de leur compatriotes qui se relaient régulièrement, parmi lesquels des Kurdes réfugiés à Rennes.

Ils demandent au Comité pour la Prévention de la Torture d’envoyer une délégation de médecins indépendants sur l’île-prison d’Imrali pour procéder à un examen médical complet d'Abdullah Öcalan, Président du Parti des Travailleurs du Kurdistan, où il est emprisonné à vie dans des conditions particulièrement sévères.

Les avocats d'Abdullah Öcalan ont en effet rendu publics, le 1er mars dernier, les résultats des analyses réalisées en laboratoire par des experts internationaux sur des prélèvements capillaires du prisonnier, révélant des taux de strontium et chrome anormalement élevés, synonyme de présence d’une intoxication chronique.

Cette information a créé une réelle émotion, tant dans la population kurde vivant au pays – nous avons été interpellés à ce sujet lors de notre mission à Hakkari – que dans la communauté kurde émigrée en Europe, les uns et les autres voyant là une stratégie turque machiavélique pour se débarrasser de celui qu'ils considèrent comme leur leader (rappelons que, l’année passée, 3 500 000 Kurdes ont signé la pétition «je reconnais "Sayın" Abdullah Öcalan comme mon représentant politique»).

Les grévistes de la faim interpellent depuis Strasbourg les institutions européennes et demandent qu'elles assurent leur responsabilité vis-à-vis du peuple kurde.

Ils ont déjà reçu le soutien du Parti de la Refondation Communiste qui demande au gouvernement italien d'utiliser tout son pouvoir de pression sur le gouvernement turc pour faire respecter les droits humains et aboutir à la libération d'Őcalan.

A plusieurs reprises des députés européens sont venus leur rendre visite et les Kurdes espèrent en une intervention discrète du Parlement européen qui a déjà conseillé aux autorités turques d'assouplir ce régime carcéral d'exception.

André Métayer,
Président des Amitiés kurdes de Bretagne

29.03.2007

Nouvelle adresse pour Kurdish Info

L'adresse de Kurdish Info ayant été bloquée par les USA, selon ses responsables, le site est désormais accessible à http://kurdish-info.net/

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