14.05.2009
Un Rennais menacé d'extradition vers la Turquie
Nous apprenons avec émotion la mise sous contrôle judiciaire par la justice espagnole, à la demande de l'Etat turc, via Interpol, de MM Remzi Kartal et Eyyup "Faruk" Doru, tous deux membres du Congrès National du Kurdistan.
M Remzi Kartal, membre du Conseil exécutif du Congrès National du Kurdistan et Président de la commission des Affaires Etrangères, fut, comme Leyla Zana, député à la Grande Assemblée de Turquie, avant l'interdiction de son parti, le DEP.
M. Eyyup Faruk Doru, Vice-président de la commission des Affaires Etrangères du Congrès National du Kurdistan, Directeur du Centre d’Information du Kurdistan de Paris, résidant à Rennes, est très connu dans toute la Bretagne où il est intervenu à plusieurs reprises dans le cadre du festival de cinéma de Douarnenez ou pour la présentation du projet de centre de santé de Hakkari, tant à Rennes ou Brest que Châteaulin ou Douarnenez(1). Il a animé des rencontres à maintes occasions entre associations kurdes et associations amies des Kurdes et a été reçu par de nombreuses personnalités politiques : députés, députés européens, sénateurs, président des assemblées régionale et départementales et par des élus locaux dont, bien évidemment, les maires successifs de Rennes Edmond Hervé et Daniel Delaveau.
Que reproche-t-on à "Faruk" qui dispose, comme Remzi Kartal, du statut de réfugié politique ? Essentiellement le fait d'informer le monde politique, la société civile et l'opinion publique des violations des droits de l'homme en Turquie et de défendre les droits culturels et politiques du peuple kurde : les prétextes avancés par l'Etat turc pour faire intervenir la justice espagnole relèvent du délit d'opinion puisqu'il reproche à Faruk des propos tenus à la télévision kurde ROJ TV en exil émettant depuis le Danemark. A ce sujet, le gouvernement turc a été débouté de ses plaintes contre ROJ TV, le Conseil de la radio et de la télévision danois (l'équivalent du C.S.A) ayant estimé que les émissions, accusées par la Turquie d’être incitatrices à la haine, étaient en tous points conformes à des séquences d’information ou à des débats dont la vocation est d’informer ou de débattre.
Nous sommes donc loin d’une "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Mais José Luis Rodriguez Zapatero, qui entretient des contacts personnels et amicaux avec Recep Tayyip Erdoğan, et le gouvernement espagnol, qui vient de nouer les solides relations diplomatiques avec la Turquie, ont décidé de poursuivre la procédure d'extradition vers la Turquie lancée à l'encontre de Remzi Kartal et de Eyyup Doru, et ce au mépris de leur statut de réfugiés politiques qui les place sous la protection des conventions onusiennes.
L'Espagne doit mettre fin aux poursuites engagées et doit rendre la liberté à Remzi Kartal et Faruk Doru.
NON à l’extradition de Remzi Kartal et de Eyyup Doru
Ecrire au gouvernement espagnol pour lui demander de classer sans suite les accusations infondées de la Turquie portées contre Remzi Kartal et de Eyyup Faruk Doru :
M. José Luis Rodriguez ZAPATERO
Presidente del Gobierno
Palacio de la Moncloa
28071 Madrid / Espagne
fax : 0034 913 900 217
jlrzapatero@presidencia.gob.es
Ecrire au gouvernement français qui a accordé à Faruk le statut de réfugié pour lui demander d'intervenir auprès de son homologue espagnol :
M. Bernard KOUCHNER
Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères et européennes
37, quai d’Orsay
75351 Paris
fax : 01.47.05.27.39
Pour tous renseignements : prendre contact avec les Amitiés kurdes de Bretagne.
Eyyup Faruk DORU
Né à Igdir, est de la Turquie près de la frontière iranienne ;
En France depuis 1983 ;
A Rennes depuis 1998 ;
Réfugié politique;
Diplômé d'études supérieures;
Consultant auprès du Conseil de l’Europe ;
Directeur du Centre d’Information du Kurdistan de Paris;
Vice - président de la commission des Affaires Etrangères du Congrès National du Kurdistan.
(1) projet soutenu par le Conseil régional de Bretagne, les conseils généraux du Finistère, des Côtes d'Armor et d'Ille et Vilaine et les villes de Brest, Rennes, Châteaulin et Douarnenez.
08:41 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.04.2009
Dur d'être kurde! Rafle en Turquie contre le DTP
Depuis ce matin, 14 avril, une vaste opération d'arrestations vise plusieurs dizaines de cadres, à tous les niveaux du Parti pour une Société Démocratique, le DPT, qui vient de remporter une victoire sans appel dans les régions kurdes aux dernières élections municipales du 29 mars 2009.
Les députés et les maires sont pour l'instant épargnés.
L'opération a eu lieu dans 13 départements : Diyarbakır, İstanbul, Ankara, Aydın, Adana, Elazığ, Antep, Urfa, Şırnak, Hakkari, Bingöl, Van, Batman, Mardin.
Parmi les 70 personnes dont on sait qu'elles sont en garde à vue , figurent les vice-présidents du DTP Kamuran Yüksek, Selma Irmak, Bayram Altun ; on note également Senamis Önal et Mazlum Tekdal, membres du comité exécutif du DTP, Alican Önlü, adjoint au maire de Tunceli, Heval Erdemli, directeur du service d'architecture de la mairie de Batman, et le directeur de la télévision locale GUn Tv de Diyarbakir où les locaux ont été perquisitionnés ainsi que ceux du GABB , l'union des municipalités du sud-est anatolien dont le président est Osman Baydemir maire de Diyarbakir ; deux avocats d'Öcalan seraient aussi mis en garde à vue à Istanbul...
Le président du DTP Ahmet Türk a condamné fermement l'opération et appelé les autorités à "libérer immédiatement" les personnes interpellées : "Cette opération est une démonstration claire de l'incapacité du gouvernement à encaisser le résultat des élections. (NDLR : du 29 mars) L'opération a eu lieu conformément à ses directives" a estimé M. Türk, cité par l'agence de presse Anatolie qui a ajouté : "Nulle force ne pourra faire écrouler le DTP qui est aujourd'hui la quatrième force du pays... nous allons continuer notre combat démocratique avec courage et détermination, quel qu'en soit le prix".
La pilule est en effet amère pour le gouvernement turc : Le DTP a remporté 10 assemblées départementales, une ville métropolitaine et ses 4 arrondissements, 7 villes–préfectures, 90 communes dont 51 grandes agglomérations, soit une centaine de mairies ; le nombre de villes kurdes dirigées par le DTP a donc doublé, malgré les fraudes dénoncées notamment par une délégation Solidarité Liberté de Marseille qui se trouvait à Agri au moment des élections : "le Préfet, sur ordre de l’AKP - le parti gouvernemental - a inversé les résultats électoraux pour ne pas reconnaître la victoire du DTP. Ce non-respect du suffrage universel a provoqué des manifestations de protestation des habitants, qui ont été violemment réprimées par la police et l’armée. De nombreux blessés sont à déplorer, parmi lesquels des élus du DTP. En outre, des dizaines d’arrestations ont eu lieu".
La seule façon pour le Pouvoir islamique de reprendre la main, avec la bénédiction d'Obama, est de diaboliser le DTP en l'accusant d'être une organisation terroriste et de le faire interdire.
C'est aussi pour faire oublier la lutte sans merci que se livrent islamistes de AKP au pouvoir et opposition kémaliste : "vingt-six personnalités des milieux pro-laïcs en Turquie, dont des recteurs d'université et responsables de médias, ont été arrêtées lundi en lien avec l'affaire "Ergenekon", réseau accusé de vouloir renverser le gouvernement islamo-conservateur" a rapporté l'agence Anatolie.
André Métayer
20:40 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2009
La pétition en faveur de Leila Zana déclenche des commentaires haineux... la campagne de signature continue ; la défense de Kadir, le "Kurde breton"... aussi.
"Teröre, terörizme ve vatan hainlerine lanet olsun. 30.000 vatandaşımızı öldüren bu gözü dönmüş insanlık düşmanı, uyuşturucu satıcısı katilleri savunduğunuz içinde siz de tarih önünde hesap vereceksiniz". (Que la terreur, le terrorisme et les traîtres à la patrie soient maudits. Et vous, vous aurez à rendre des comptes face à l'histoire, parce que vous défendez ces ennemis de l'Humanité, ces assassins sanguinaires et ces vendeurs de drogue qui ont tué 30000 de nos citoyens).
Cet "honorable correspondant" qui nous a envoyé ce "poulet" ne manque pas d'air au moment où le procès du réseau ultranationaliste turc Ergenekon, qui secoue la Turquie toute entière, révèle des crimes épouvantables comme ceux de ses escadrons de la mort accusés d'avoir fait disparaître nombre de militants kurdes, à Silopi, dans les cuves d'acide d'une compagnie pétrolière turque, la BOTAS, membre du consortium européen "gazoduc Nabucco". Combien ? Nul ne le sait encore, mais c'est près de 10 000 personnes qui, depuis 1990, sont portées disparues, dont 5000 au cours de garde à vue.
Oui, à l'heure des comptes, nous serons fiers de pouvoir dire que nous avons apporté notre soutien aux "mères d'Istanbul," ces femmes de disparus qui, depuis 1995, occupaient, non sans risque, chaque samedi, la place Galatasaray, pour clamer leur douleur et réclamer justice; (nous avons filmé, en mai 1997, cet impressionnant rassemblement au milieu duquel apparaît l'avocate Eren Keskin que Rennes et Douarnenez vont accueillir, en mars, dans le cadre des manifestations organisées à l'occasion de la Journée Internationale de la Femme).
Oui, à l'heure du bilan, nous serons fiers de pouvoir dire que, dès 1995, nous nous sommes rendus à Ankara pour protester contre l'incarcération de Leyla Zana condamnée à 15 ans de prison pour délit d'opinion.
Oui, nous serons fiers de pouvoir dire que nous avons pris la défense de "sans grade", de Kurdes ordinaires comme Kadir, ce Kurde qui fut amené à quitter la Bretagne, faute d'un titre de séjour, et qui croupit au fond de sa prison d'Izmir dans l'attente d'une lourde condamnation pour des crimes qui n'en sont pas et qu'il n'a pas commis.
La Turquie a mal à sa démocratie et sa justice est l'expression de ce grand corps malade : il est tout à fait incompréhensible que la justice d'un pays candidat à entrer dans l'union européenne puisse requérir des peines de 10, 30, 50 ans et plus au seul motif que le justiciable est soupçonné de sympathie envers "une organisation séparatiste".
C'est Suleyman Demirel, lui-même, alors Président de la République qui admit, en 1999, que cette justice-là n'était ni impartiale, ni indépendante, et une étude récente de la Fondation des Etudes économiques et Sociales de Turquie (TESEV) relève que "plus de 60% des juges estiment que leur rôle est de défendre l’Etat, bien avant celui de faire appliquer la loi ou de défendre les Droits de l’homme”.
Ce ne sont pas les réformes "cosmétiques" du code pénal qui modifieront sensiblement la situation, à l'instar de la réforme de l'article 301 du code pénal, par exemple, qui consiste à remplacer "insulte à la turcité" par "insulte à la nation turque", à réduire les peines encourues et à requérir l’autorisation du ministre de la justice avant l’engagement de toute procédure judiciaire (!) Il ne faut donc pas s'étonner que Bekir Kaya, candidat DTP à la mairie de Wan (Van), soit poursuivi pour avoir utilisé, dans sa profession de foi, la lette interdite W, que Aysel Tugluk, députée DPT de Diyarbakir, ait été condamnée, ces derniers jours, à un an et demi de prison pour "propagande" de la rébellion kurde, que Leyla Zana puisse, après l'audience du 31 mars, retourner en prison pour de longues années et que Kadir puisse écoper, le 19 mars prochain, d'une peine de 10 à 30 ans de détention.
Les" tribunaux de sûreté de l'Etat" (DGM) ont été théoriquement supprimés mais certains tribunaux, comme la X° Chambre du Tribunal d'Izmir qui va juger Kadir, sont des tribunaux à "compétences spéciales" qui ont gardé les mêmes locaux, les mêmes méthodes de travail, le même personnel et les mêmes prérogatives que feu les DGM.
La démocratie doit avancer dans les textes, mais aussi dans les têtes.
André Métayer
Pour signer la pétition en faveur de Leyla Zana : www.amitieskurdesdebretagne.eu
Pour prendre contact avec le comité de soutien à Kadir DILSIZ : 02.99.72.20.62.
22:50 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.12.2008
Kadir, un Kurde "breton" détenu à Izmir dans une prison de type F, clame son innocence
"J'aurai voulu vous écrire cette lettre en français moi-même, mais comme je vous écris de la prison, je suis obligé d'utiliser le turc. Si j'en avais eu la possibilité, j'aurais même voulu vous l'écrire avec le peu de breton que je sais. Je m'appelle Abdulkadir DİLSİZ, je suis détenu dans la Prison de type F no 2 de Izmir ; retourné en Turquie après avoir travaillé environ un an à Roj TV en 2004, j'ai, pour cette raison, été arrêté, mis en garde à vue, torturé et incarcéré Manavgat (district d'Antalya) le 04.01.2008. Un procès est ouvert à mon encontre au motif que je serais "membre de l'organisation" (PKK), accusation basée sur le fait que j'ai travaillé à Roj TV il y a 4 ans.
Je suis, depuis maintenant près d'un an, détenu injustement, l'accusation "d'appartenance à l'organisation” n'étant fondée sur aucune preuve bien que je fus suivis et écouté pendant plus d'un an.
Mon procès est ouvert et la 3ème audience va se tenir 24.12.2008 devant la 10ème Cour pénale d'Izmir qui va décider de mon sort.
J'ai besoin du soutien de l'opinion publique Internationale et de la presse, et c'est pourquoi j'en appelle à la presse, aux organisations civiles et à toutes les personnes humanistes pour qu'elles viennent assister au procès."
Kenavo!
15.11.2008
Abdulkadir DİLSİZ
2 Nolu F Tipi Cezaevi
Kırıklar – Buca
İZMİR
Kadir est connu en Bretagne, où il a résidé, comme un militant, qui, en 1995, avait participé aux manifestations de protestations contre l'arrestation des députés kurdes du DEP (dont Leila Zana), en tant que traducteur, au montage du film de Régis Blanchard, " un hiver à Istanbul", présenté au festival de Douarnenez en 2002 ; ce film est l'histoire de prisonniers politiques menant des grèves de la faim pour protester contre l'isolement cellulaire dans lequel Kadir, ô ironie du sort, se trouve aujourd'hui.
Kadir, c'est l'exemple même du "lampiste" qui, contrairement aux annonces tonitruantes de la presse turque, n'est ni un des membres de haut rang du PKK, ni un des fondateurs de ROJ TV, mais un militant de la cause kurde livré au lynchage médiatique pour avoir travaillé quelques mois à ROJ TV, cette télévision kurde en exil, émettant depuis le Danemark, qui énerve tant la Turquie.
A noter que le gouvernement turc a été débouté de ses plaintes contre ROJ TV, le "C.S.A." danois (le Conseil de la radio et de la télévision) estimant que les émissions, accusées par la Turquie d'être incitatrices à la haine, étaient "en tous points conformes à des séquences d’information ou à des débats dans lesquels les informations et les points de vue sont retransmis dans le cadre d’émission dont la vocation est d'informer ou de débattre". Nous sommes donc loin d'une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
André Métayer
Président
Amitiés kurdes de Bretagne
12:10 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.02.2008
Communiqué du Centre culturel de Mésopotamie
Les Kurdes de Bretagne entendent manifester leur refus de l’intervention militaire de l’armée turque au Kurdistan irakien et de la répression de la population kurde de Turquie.
L’attaque terrestre de l’armée turque en Irak, précédée de violents bombardements aériens, a causé jusqu’à maintenant de trop nombreuses victimes.
Dans le même temps, les manifestations pacifiques de protestation dans les villes du Kurdistan de Turquie sont violemment réprimées, des manifestants ont ainsi été tués à Diyarbakir et Van.
Les Kurdes exilés en Europe s’inquiètent pour leurs familles et leurs amis restés là-bas.
Il y a urgence à arrêter cette spirale de violence et il est temps de reconnaître aux Kurdes de Turquie leurs droits politiques et culturels, seul moyen de mettre un terme à un conflit qui dure depuis des décennies.
C’est pour manifester dans la dignité que les Kurdes se rassembleront samedi prochain 1er mars 2008 :
• à Nantes à partir de 11 heures place du Commerce (devant la FNAC). Dissolution du rassemblement avant 13 heures.
• à Rennes à partir de 16 heures dalle du Colombier. Marche à partir de 17 heures : rue d’Isly, boulevard de la Liberté, avenue Janvier, pont Pasteur, quai Châteaubriand, quai Lamartine, rue de Rohan, rue de l’Horloge, place et rue du Champ-Jacquet, rue Lebastard, rue d’Estrées, place de la Mairie.
22:44 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2007
PAIX AU KURDISTAN
La Turquie qui dispose de la deuxième armée de l’Otan, après les Etats-Unis, a massé plus de 100.000 hommes à la frontière et son aviation bombarde quotidiennement les zones frontalières.
La guerre serait catastrophique pour la Turquie toute entière, plongerait l’Irak dans le chaos et déstabiliserait tout le Moyen Orient
Déjà la répression anti-kurde s’amplifie et les appels à la haine se traduisent par des manifestations violentes même en Europe. Aux procès déjà engagés contre 53 maires kurdes (dont ceux de Diyarbakir et Hakkari) s’ajoutent des procédures lancées contre les cadres du parti pro kurde DTP (Parti pour une Société démocratique) et leurs députés au motif qu’ils refusent de déclarer "terroriste" les membres du PKK et qu’ils ont œuvré pour la libération des soldats turcs faits prisonniers dans un affrontement armé avec les forces rebelles.
L’escalade continue avec l’incarcération de ces huit soldats arrêtés puis écroués par un tribunal militaire de Van qui les accuse de manquements graves à la discipline militaire et même de désertion.
D’autre part, l’armée turque a établi six zones de sécurité militaire temporaires à proximité de la frontière irakienne, dans les départements de SIIRT, SIRNAK et HAKKARI, auxquelles l’accès est interdit et les déplacements sont formellement déconseillés dans 11 départements : HAKKARI, SIRNAK, SIIRT, VAN, BITLIS, MUS, BATMAN, DIYARBAKIR, BINGOL, ELAZIG et TUNCELI.
Au chef des armées turques qui a déclaré qu’il n’est pas encore trop tard pour une opération militaire contre les repaires des rebelles, répondons par
- Reconnaissance dans la Constitution turque de l’identité kurde et des droits culturels, linguistiques et politiques qui s’y rattachent (enseignement et médias en langue kurde, liberté de créer associations et partis politiques kurdes…)
- Amnistie générale pour tous les prisonniers politiques et tous les militants du PKK comme pour les militaires turcs impliqués dans les massacres contre les Kurdes, afin de tourner définitivement le long et douloureux chapitre de la guerre et de la violence.
- Aide à la reconstruction de près de 4000 villages kurdes détruits par l’armée et au retour dans leur foyer de plus de deux millions de Kurdes déplacés.
Le seul moyen de mettre un terme à un conflit qui dure depuis des décennies est de reconnaître aux Kurdes de Turquie leurs droits politiques et culturels, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l’assemblée générale des Nations Unies et ratifié par 154 Etats.
Paix au Kurdistan
Amitiés kurdes de Bretagne, MRAP, Maison Internationale de Rennes, Mouvement de la Paix, CIMADE, Amnesty International - Rennes
14:10 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.11.2007
LES KURDES VEULENT LA PAIX
Samedi dernier, 10 novembre, les Kurdes de Rennes et de Bretagne, ont manifesté leur inquiétude face à la vague de violence anti kurde qui se développe en Turquie et qui commence à se propager en Europe.
Ils ont dénoncé la politique turque qui envoie 100.000 soldats sur la frontière du Kurdistan irakien et dont l’aviation bombarde quotidiennement les zones frontalières dans le but de briser la résistance kurde en lutte pour la reconnaissance de droits légitimes.
Le seul moyen de mettre un terme à un conflit qui dure depuis des décennies est de reconnaître aux kurdes de Turquie leurs droits politiques et culturels
a déclaré leur porte parole.
Sur des pancartes, on pouvait lire "Peuple turc, peuple kurde : liberté, égalité, fraternité", "Solution politique pour le Kurdistan, vive la Paix", "Les aveux sous la torture continuent en Turquie".
Nombre banderoles et drapeaux témoignaient également du soutien des manifestants au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) et à leur leader, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 8 ans et dont l’état de santé est un grave sujet d’inquiétude.
00:01 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2007
La Turquie sur le sentier de la guerre: la démocratie en danger
Au travers des communiqués contradictoires de l'armée turque, relayés par les médias turcs et les agences de presse internationales, et ceux du service de presse des HPG, forces armées du PKK, ignorés des médias et des agences, il est difficile de savoir qui a commencé et qui a résisté, mais peu importe, les faits sont là et, quatre jours après le feu vert donné par le parlement turc à l'armée pour entrer en Irak, des affrontements violents ont eu lieu au point de créer une agitation importante en Turquie et dans toutes les chancelleries des pays de la Région et des grandes puissances internationales. Beaucoup d'intérêts stratégiques, politiques et financiers se télescopent et les Etats Unis, par exemple, a successivement recommandé de la retenue à la Turquie et fait état de l'éventualité d'une opération militaire conjointe. Il en est de même de la position des institutions européennes qui, après avoir désavoué, mollement, il est vrai, la Turquie, "condamne fermement le terrorisme du PKK,". La guerre psychologique fait rage où chacun souffle le chaud et le froid. Les dépêches se succèdent, depuis 3 jours, à une cadence effrénée dont il est difficile de tirer des conclusions.
Les pertes en vie humaines subies par l'armée turque auxquelles s'ajoutent un fait sans précédent – deux officiers et 6 soldats ont été faits prisonniers – ont effrayé la Communauté internationale et porté un coup au moral en Turquie au point de conduire son gouvernement à interdire la diffusion de programmes à "l'impact négatif sur l'ordre public et le moral (...) en donnant l'impression d'une faiblesse des forces de sécurité".
L'opinion, excitée par les médias et les forces ultranationalistes, se déchaîne et les Kurdes craignent pour leur vie : on parle de lynchage dans certaines villes de Turquie et …à Bruxelles où les "loups gris" ont pris à partie un journaliste de la gauche turque. On peut donc avoir aussi des craintes fondées concernant la situation de toutes les démocrates turcs, minoritaires, malheureusement, qui refusent l'affrontement militaire et militent en faveur de la négociation politique. La répression guette tous les militants du parti légal pro kurde, le DPT, à commencer par les responsables locaux et régionaux, les maires et surtout les députés, déjà menacés ou poursuivis.
De très fortes pressions sont exercées sur les Kurdes d'Irak pour qu'ils se désolidarisent des forces kurdes du PKK mais l'unité et la solidarité entre Kurdes prévaut pour l'instant, et les Kurdes de la diaspora se remobilisent aussi.
Le PKK, dont on sait maintenant qu'il est capable de porter la guerre en Turquie, offre une nouvelle fois un cessez le feu aussitôt rejeté par la Turquie qui ne veut pas traiter avec les "terroristes" et qui prend ainsi le risque et la responsabilité de l'escalade de violence. "La Turquie n'hésitera pas à payer le prix, quel qu'il soit," a déclaré à l'avance le président Gül. Il est à prévoir qu'elle ne se battra pas pour récupérer ses soldats aux mains des forces HPG qui sont traités comme des prisonniers de guerre, selon les conventions de Genève que le PKK a signées, ce qui n'empêche pas la Turquie, les Etats-Unis et l'Union Européenne, de considérer le PKK comme une organisation terroriste.
Le moins qu'on puisse dire est que la Communauté internationale n'aide pas la Turquie à trouver la voie de la raison et la voix du ministre français des Affaires étrangères semble bien esseulée. Bernard Kouchner a, en effet, d'après une dépêche de l'Associated Press du 21/10, fait le rapprochement entre cette attaque et l'adoption, quatre jours plutôt, par le parlement turc d'une motion autorisant l'armée à pénétrer en territoire du nord de l'Irak et a appelé "une fois de plus à la retenue", ajoutant que "la situation était extrêmement dangereuse", et que "l'aggravation de la tension était lourde de menaces dans une région déjà très instable" : " n'y a pas de solution militaire à ce problème" a conclut Bernard Kouchner en précisant qu'il connaît le dossier "depuis très longtemps". C'est aussi l'opinion de Kendal Nezan, Président de l'Institut kurde de Paris, qui déclare dans "l'Orient, Le Jour" (22/10) : "il n’y a pas de solution militaire à la question kurde en Turquie parce qu’il s’agit d’un problème éminemment politique. "…"Les Kurdes demandent la reconnaissance de leur identité, des écoles et des médias dans leur langue". Ce sont donc des questions qui doivent être traitées d’une manière politique"…." Depuis 1984, la Turquie a mené une vingtaine d’incursions dans le Kurdistan irakien sans jamais aboutir à des résultats. Les dirigeants turcs sont conscients de cette situation, mais ils sont dans une impasse idéologique qui ne leur permet pas de remettre en cause un nationalisme qui ne reconnaît pas l’existence des Kurdes";
Qu'est-ce qui pourrait faire reculer la Turquie ? se demande le journal "Le Monde".
La réponse est dans la cohésion d'une Communauté internationale qui parlerait fermement d'une seule voix : la Turquie ne connaît que le rapport de force.
Oui, la Turquie, sur le sentier de la guerre, est une menace pour la démocratie.
André Métayer
Rennes le 23 Octobre 2007
21:06 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.10.2007
Je hais la guerre : qui a mitraillé le minibus de Beytüşebap (province de Şirnak) ?
Immédiatement parait, dès le 1er octobre, un communiqué des Forces combattantes (HPG) niant toute implication dans cet acte odieux et accusant les forces turques d'en être les auteurs, arguant du fait que les opérations militaires déclenchées par l'Etat-major, en dépit du cessez-le-feu décrété unilatéralement par les Kurdes, ont redoublé d'intensité dans toute la région. "Il s'agit, d'après l'AFP, des plus lourdes pertes subies par l'armée turque depuis 1995" (AFP 08/10/07)
Un autre communiqué (01/10/07), émanant du Conseil exécutif du KCK, fait état de preuves mettant en cause l'armée turque dans cet attentat qu'il dénonce avec force "comme nous dénonçons toutes les attaques violentes menées contre le peuple kurde". Et de conclure : "nous exigeons de l’Etat turc qu'il fasse toute la lumière sur cette opération militaire et qu'il retrouve les paramilitaires responsables de cet acte odieux".
L'association turque des droits de l'homme (IHD) (communiqué du 01/10/07) qui condamne cet acte "inhumain et cruel" comme elle s'oppose "aux exécutions extrajudiciaires par les agents de l'Etat", note que "la région déclarée zone de sécurité voici quelques mois est sous la haute surveillance des forces de l’ordre de l’Etat qui contrôlent toutes les entrées et sorties" et que "les médias et l’opinion publique n’ont pas accès à ce jour aux informations objectives concernant l’attaque".
Une question légitime se pose donc : la presse a-t-elle été instrumentalisée?
Les députés DTP poursuivis par la haine des médias turcs qui les accusent d'être proches du PKK condamnent, eux aussi, l'attentat, reprochant au gouvernement de n'avoir pas cherché à prévenir les affrontements armés, et de n'avoir pas ouvert des négociations politiques : "il incombe au gouvernement d'adopter dans l’urgence une politique permettant de mettre fin à cette situation tendue". Une commission d'enquête parlementaire devrait être créée. Des syndicats (comme KESK) et des associations (comme HRA, Mazlum Der, Diyarbakır Bar…) souhaitent aussi avoir l'autorisation de se rendre sur place.
L’ancien député DEP Selim Sadak, compagnon d'infortune de Leyla Zana et des autres députés emprisonnés, rapporte que les proches des victimes de Beytüşebap, à qui il a rendu visite, connaissent ceux qui ont massacré les leurs : "il ne s'agit pas du PKK, ont-ils déclaré, et nous connaissons le nom des vrais auteurs". Selim Sadak note aussi quelques faits troublants comme le survol d'un hélicoptère, l'absence de traces de balles, comme si on avait voulu effacer des indices.
Qui a donc mitraillé le minibus de Beytüşebap ? Des combattants du PKK ont ils eu la gâchette trop facile ? S’agit-il d’une vengeance locale ? D’une provocation des autorités ? s'interroge Ragip Duran dans Libération du 08/10/07.
L'AFP du 30/09/70 avait déjà son hypothèse : "les membres du PKK détestent les "protecteurs de village" qui refusent de s'allier à eux et s'en prennent régulièrement aux familles qui rejoignent cette milice". Ceci n'est plus exact (nous ne sommes plus en 1994). Dès 2004, à l'occasion des élections locales, une étude attentive des scrutins a montré que les candidats DEHAP (parti pro-kurde de l'époque) n'auraient pas été élus sans les voix des protecteurs de village et de leurs familles. En 2007, dans la région de Hakkari, région particulièrement "chaude", nous avons pu également constater que les protecteurs de village n'étaient plus considérés comme des ennemis (comme les JITEM le sont) mais plutôt comme des victimes "enrôlés de force", "obligés pour nourrir leur famille" voire, parfois, comme des "complices" ou des informateurs.
Cette erreur d'appréciation de l'AFP permet une autre hypothèse : la Turquie n'aurait-elle pas, elle aussi, son "Capitaine Léger", ce spécialiste des coups tordus organisés par l'armée française durant les guerres d'Indochine et d'Algérie ? En sacrifiant (ou en punissant?) des protecteurs de village et en faisant porter le chapeau par le PKK, "Yuzbasi Léger" voulait-il faire coup double : susciter l'indignation internationale qui permettra à la Turquie de poursuivre les "terroristes" du PKK jusqu'au Kurdistan d'Irak et rendre plus "performantes" les forces supplétives kurdes dont l'armée a tant besoin pour ses opérations de "l'intérieur" ?
Décidément, je hais la guerre.
21:01 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.08.2007
Question kurde : la question de la question
Il est à noter, hélas, que ce n'est pas le seul procès intenté contre des élus du peuple et contre les cadres d'un parti légal pro-kurde, le DTP, Parti pour une Société Démocratique : le rapport de l'association turque des droits de l'homme, (IHD) ne relève pas moins, pour la période allant de janvier 2006 à juin 2007, de 33 enquêtes, poursuites, plaintes ou condamnations touchant des maires ou des cadres du DTP pour des motifs en rapport avec l'emploi de la langue kurde.
Que dire du "respect du patrimoine culturel et des particularismes identitaires" que contiendrait le cadre des réformes mises en œuvre par la Turquie au moment où l'Etat signe un prêt d'1,2 milliard d'euros pour la construction d'un barrage qui va engloutir le site historique pluri-millénaire de Hasankeyf, renfermant des trésors archéologiques appartenant aux civilisations assyrienne, romaine et ottomane ?
Que dire de la liberté de publier et de diffuser en langue kurde quand les entraves à la liberté d'enseigner et de diffuser emprisonnent les structures dans des carcans administratifs et traînent les acteurs devant les tribunaux ?
Osman Baydemir n'est-il pas poursuivi pour avoir envoyé, en tant que Maire de la ville de Diyarbakir, des cartes de vœux rédigées en kurde, en turc et en anglais, et le maire d'arrondissement de Diyarbakir centre, Abdullah Demirbas, -et son conseil municipal – ne viennent-ils pas d'être destitués par le Conseil d'Etat de Turquie au motif d'avoir institué le multilinguisme (turc, kurde, arabe, syriaque) dans les services municipaux ?
En ce qui concerne les droits politiques, rappelons que les partis politiques pro-kurdes précédant le DTP ont été successivement reconnus et… interdits, et que de nombreuses plaintes font état des entraves mises à la campagne électorale des candidats DTP, à commencer par la mise en examen préventive et l'incarcération de cadres du DTP parmi lesquels Sebahat Tuncel, porte-parole de la section des femmes du DTP d'Istanbul, élue députée et passant donc directement de la prison, où elle était écrouée depuis novembre 2006, au Parlement de Turquie.
La Turquie va-t-elle continuer à nier la question kurde et à refuser d'ouvrir des négociations avec tous les représentants de la cause kurde, qu'ils soient combattants ou non, tous qualifiés de "terroristes" ? Peut-elle continuer à ignorer leurs nombreux appels à une paix négociée qui accorderait aux Kurdes des droits culturels et politiques dans le respect des frontières existantes ? C'est la question.
Peut-on continuer à appeler "terroristes" des combattants, revêtus d'uniformes, clairement identifiés comme les forces armées du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), signataire de la Convention de Genève depuis le 24 janvier 1995, qui revendique sa lutte armée mais dénonce les attentats qu'on lui impute abusivement et qui sont parfois, comme ceux du 9 novembre 2005 à Şemdinli, l'œuvre de l'armée turque elle-même ou de "l'Etat profond" ? C'est la question de la question.
Metin Tekçe, le courageux maire de Hakkari, a eu le mérite d'y répondre clairement devant ses juges : " les quelques deux millions de personnes qui forment la base de notre parti soutiennent dans le même temps les propositions du PKK en faveur d’une résolution démocratique du problème kurde. Et pour cette raison les électeurs de notre parti ne considèrent pas le PKK comme une organisation terroriste… Une grande majorité des habitants de Hakkari a des enfants au sein du PKK. Et on ne peut, par conséquent, attendre d’eux qu’ils traitent leurs propres enfants de terroristes".
L'argumentation qui repose sur l'accusation de "séparatisme" ou de "collusion avec une organisation terroriste" - c'est-à-dire le PKK - est confortée par le fait que les Etats-Unis et l'Union européenne ont, pour des raisons d'opportunité conjoncturelles, inscrit cette organisation dans la liste des organisations terroristes.
Appel est lancé à l'Union européenne pour qu'elle revoie sa copie.
André Métayer
Président des Amitiés kurdes de Bretagne
20:10 Publié dans Kurdistan - Violences contre les Kurdes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




